Ce Jour-là

Pierre Le Moyne d'Iberville

Navigateur français, fondateur de la Louisiane

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Pierre Le Moyne d'Iberville et d’Ardillières, né le 16 juillet 1661 à Ville-Marie (aujourd'hui Montréal, Québec) et mort vers le 9 juillet 1706 à La Havane (Cuba), est un navigateur, commerçant, militaire, corsaire et explorateur en Nouvelle-France.

En 1686, il effectue ses premiers faits d’armes au cours d’une expédition menée contre les postes anglais à la baie d’Hudson. Ce sera la première de plusieurs autres expéditions dans la région au cours des années suivantes. En 1694, d’Iberville conduit une expédition contre le fort York, principal établissement des Anglais à la baie d'Hudson. Le 13 octobre, il somme la garnison du fort de se rendre, ce qu'elle fait. Le fort est rebaptisé Bourbon. En 1696, il s’empare de St. John’s et soumet non moins de 36 établissements de pêche à Terre-Neuve.

L’année suivante, d'Iberville livre le combat le plus fameux de sa carrière. Aux commandes du Pélican, il se retrouve coincé en infériorité numérique face à trois navires anglais. En prenant l’initiative de l’attaque, il parvient à inverser la situation. Même s’il perd Le Pélican au cours du combat, il mène ensuite un siège de cinq jours contre le fort York, qui tombe le 13 septembre 1697.

En 1699, le ministre de la Marine le nomme à la tête d’une expédition destinée à localiser l'embouchure du fleuve Mississippi, ce qu’il réussit à faire. Il fonde les villes de Biloxi (1699) et de La Mobile (1702). En récompense de ses réalisations, il est le premier Canadien à recevoir la croix de Saint-Louis. Convaincu que la colonisation et l'exploitation de la Louisiane sont les seuls moyens de contrer une expansion anglaise vers l'Ouest, d’Iberville présente de nombreux mémoires sur la question à la Couronne française.

En 1706, il mène l’une de ses dernières missions. Il s'empare de l’île de Nevis, qu’il conquiert. D'Iberville arrête sa course soudainement à l’âge de 44 ans à La Havane, où il meurt le 9 juillet 1706 des suites de fièvres.

Il demeure, dans la mémoire collective, l’un des hommes les plus célèbres de l'histoire de la Nouvelle-France.

Pierre Le Moyne d'Iberville naît le 16 juillet 1661 à Ville-Marie (actuellement Montréal) et est baptisé le 20 juillet. Il est le fils de Charles Le Moyne, originaire de Dieppe, et de Catherine Thierry Primot, originaire de Saint-Denis-le-Thiboult près de Rouen. Ses parents ont tous deux émigré au Canada avant leur mariage, célébré à Ville-Marie en 1654. Charles Le Moyne est une figure importante de la colonie. Anobli en 1668, il est seigneur de Longueuil et participe activement au commerce des fourrures. Le couple a eu, au total, deux filles et 12 fils. La famille habite rue Saint-Paul à Ville-Marie.

Son père l'envoie à Michillimakinac, dans les Pays d'en Haut, pour faire le commerce des fourrures. Pierre s'embarque ensuite, de 1680 à 1685, à bord de navires qui font le commerce avec la France.

Depuis 1670, les Anglais, par le biais de la Compagnie de la Baie d'Hudson, se sont installés à la baie d'Hudson. Rapidement, les Cris trouvent plus avantageux de commercer avec eux. Les administrateurs coloniaux français ont vent de leur installation et perçoivent cela comme une menace potentielle au bon fonctionnement du lucratif commerce des fourrures. Ils envoient le père Charles Albanel en 1671 pour constater s'il s'avérait effectivement que les Anglais s'y trouvaient désormais. Par ailleurs, en 1682, des marchands de fourrures de Montréal et Québec décident de les concurrencer et fondent à cet effet la Compagnie du Nord. En 1686, celle-ci finance une expédition contre les postes anglais de la région de la baie d’Hudson. Elle réunit une centaine d'hommes, dont 70 coureurs de bois, et des guides autochtones. Ils prennent place à bord de 35 canots. D’Iberville commence sa carrière militaire à cette occasion. Il prend part à l'expédition avec ses frères Jacques et Paul. Le gouverneur Denonville dépêche en plus une trentaine de soldats et l'officier Pierre de Troyes.

Partie de Montréal, la troupe emprunte une nouvelle route qui passe par le lac Abitibi. Sa traversée se révèle très difficile car les cours d'eau sont parsemés de rapides, multipliant les incidents. Plusieurs membres de l'expédition tombent à l'eau pendant ce voyage de plus de deux mois et demi. Certains y meurent.

Enfin arrivés à destination, les Français attaquent sans attendre Moose Factory, situé sur le bord de la rivière de même nom (aujourd'hui la rivière Moose). Sur place, ils ne trouvent que 16 Anglais qui se rendent sans tarder. De Troyes s'empare ensuite des postes Albany et Rupert ainsi que d'un entrepôt à l'île Charlton tandis que d’Iberville capture le Craven, un navire de la Compagnie de la baie d'Hudson. Il prend aussitôt son commandement. Le 25 juillet, la garnison du fort Albany se rend. La troupe sème les incendies derrière elle tout en s'emparant de plusieurs centaines de fourrures. De Troyes rentre à Montréal peu après en laissant d'Iberville et une quarantaine d'hommes sur place répartis dans les postes conquis. D'Iberville demeure sur le Craven où il continue de mettre la main sur des peaux. Il rentre finalement dans la vallée laurentienne à l'été 1687 fort d'une imposante quantité de vivres et de pelleteries.

Corsaire au service de la France

D'Iberville se rend ensuite en France à l'hiver 1688. Il convainc le ministre Jean-Baptiste Antoine Colbert, marquis de Seignelay de mettre sur pied une autre expédition pour consolider la position des Français dans les postes récemment conquis et ainsi assurer un plus grand contrôle de la baie d'Hudson. Il obtient alors le commandement d'un navire, Le Soleil d’Afrique. De plus, il est autorisé, par lettre de marque, à devenir corsaire au service de la France. C'est fort de sa nouvelle position qu'il retourne à la baie James à l’été de 1688, où il met la main sur plusieurs centaines de peaux de castor.

Les Anglais sont toutefois loin de vouloir abandonner leurs anciens postes aussi facilement. Alors que d'Iberville quitte le fort Albany, deux navires anglais l'interceptent. L’arrivée de l’hiver les surprend et les trois vaisseaux se retrouvent prisonniers des glaces. Pendant l’hiver de 1688-1689, la dureté des conditions de vie est telle que les Anglais, moins bien préparés, manquent de vivres. D'Iberville ne se montre pas magnanime et les empêche de chasser pour qu'ils puissent assurer leur subsistance. Après que 25 membres de l'équipage anglais soient morts du scorbut, les autres finissent par se rendre. D'Iberville est de retour à Québec à la fin de 1689. Encore une fois, il a la satisfaction de ramener une grande quantité de pelleteries et de nombreux prisonniers.

Dans la colonie, le mois d'août a été marqué par une attaque iroquoise à Lachine. Dans la foulée, le gouverneur Frontenac organise une expédition contre les colonies anglaises. Aux côtés de ses frères Jacques et François, d'Iberville prend part à cette campagne, qui se met en branle à l’hiver 1690. Il commande un détachement composé presque qu'à parts égales d'une centaine de Canadiens et d'une centaine d'Iroquois et d'Algonquins. La troupe française attaque Corlaer (Schenectady) dans la colonie de New York le 8 février 1690. L'établissement est pillé et incendié. Une centaine d’habitants sont tués et quelques autres sont faits prisonniers. Lorsqu'il rentre parmi les siens, d'Iberville reçoit en récompense la seigneurie de Ristigouche. Il s'en départit presque aussitôt.

D'Iberville reprend ensuite son objectif principal: déloger les Anglais de la baie d'Hudson. Il quitte Québec pour la baie en juillet 1690. Il hiverne à nouveau dans sa famille quelques mois plus tard. Puis, avec trois vaisseaux et 80 hommes, il décide d'attaquer le poste de la rivière Severn, situé à proximité du fort York, en 1691. Celui-ci tombe sans opposer une résistance acharnée. D'Iberville est de retour à Québec en octobre 1691, avant d'embarquer pour la France. S'il grossit son butin à chaque expédition, ces attaques contre de petits postes s'avèrent insatisfaisantes pour le corsaire. Le fort York, principal établissement des Anglais à la baie d'Hudson, lui échappe toujours. De plus, il a le malheur de perdre ses frères Jacques et François au cours de cette période, tués dans des expéditions.

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