Ce Jour-là

Pierre Laval

Homme d'État français

Anúncio

Pierre Laval, né le 28 juin 1883, à Châteldon (Puy-de-Dôme) et mort exécuté le 15 octobre 1945, à la prison de Fresnes (Seine), est un avocat et homme d'État français, figure centrale de la collaboration durant l'occupation de la France par l'Allemagne nazie.

Sous la Troisième République, maire d'Aubervilliers et parlementaire de la Seine puis du Puy-de-Dôme, il est membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) avant de s'éloigner de la gauche.

Il est plusieurs fois ministre à partir de 1925, en particulier ministre des Affaires étrangères. Bien qu'il soit dans les années 1930 situé à droite et anticommuniste, mais tenant d'une ligne pacifiste, il signe en 1935 le traité franco-soviétique d'assistance mutuelle. Il est président du Conseil en 1931-1932 puis en 1935-1936, menant alors une impopulaire politique de déflation.

Durant la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation, il est avec Philippe Pétain la personnalité la plus importante du régime de Vichy et le principal maître d'œuvre de la politique de collaboration avec l'Allemagne nazie. D'abord vice-président du Conseil et dauphin désigné de Pétain jusqu'à son éviction soudaine en décembre 1940, il revient comme chef du gouvernement d'avril 1942 à août 1944, accentuant la collaboration, désirant anticiper les désirs des nazis, avec comme but de permettre à la France d'occuper une place de choix dans une future Europe allemande.

En fuite à la Libération, il est arrêté, condamné à mort pour haute trahison et complot contre la sûreté intérieure de l'État par la Haute Cour de justice. Il est fusillé après avoir avalé une capsule de cyanure.

Pierre Jean Mary Laval est issu d'une vieille famille de Châteldon, où il est né en 1883. Il est le fils de Gilbert, aubergiste, hôtelier, boucher et marchand de chevaux dans ce bourg, et de Claudine Tournaire. Il a une sœur et deux frères, un militaire et un religieux. Son ascension sociale lui permit, en 1931, de racheter le château de Châteldon.

Laval garde toute sa vie un parler direct et familier, volontiers badin, souvent très croustillant, dont témoignent de multiples propos rapportés par ceux qui l'ont rencontré. Cela ne doit pas dissimuler son bagage culturel acquis. Écolier, lorsqu'il y a affluence, il est serveur dans l'auberge de son père. Plus tard pour pouvoir payer ses études, il est pion (répétiteur) dans divers lycées de la région lyonnaise. Il obtient son baccalauréat puis une licence en sciences naturelles avant d'opter pour le droit et de s'installer à Paris comme avocat en 1909.

En 1903, à Saint-Étienne, il adhère au Comité révolutionnaire central, de tendance blanquiste, qui se fond en 1905 dans la SFIO, et porte une cravate rouge. Appelé sous les drapeaux en 1903, pour une période d'un an, au 105e régiment d'infanterie, il reste simple soldat, puis, lors de sa convocation au 92e régiment d'infanterie pour une deuxième période, il est réformé définitif pour cause de varices. En 1909, Pierre Laval épouse Jeanne Claussat, fille du maire radical-socialiste de Châteldon et sœur du conseiller général socialiste Joseph Claussat plus tard député de Thiers. Le couple s'installe à Paris et Laval commence une carrière « d'avocat des pauvres », proche des syndicalistes de la CGT. La première affaire qui lui vaut la célébrité est d'obtenir l'acquittement d'un certain Gustave Manhès, syndicaliste révolutionnaire inculpé de détention d'explosifs et de manuels anarchistes. Il gagne ensuite bien sa vie en exerçant le métier d'avocat. En 1911, il est candidat socialiste malheureux à une élection législative partielle dans la circonscription de Neuilly-Boulogne. Par son maintien au second tour il fait gagner le candidat conservateur Édouard Nortier face au candidat radical le général Percin.

Durant la campagne des élections législatives de 1914, lors desquelles il se présente dans la 2e circonscription de Saint-Denis (Seine), il déclare que « le socialisme, c'est l'épanouissement et la réalisation de la République ». À la question « faut-il préférer le drapeau rouge au drapeau tricolore ? », il répond choisir « l'un et l'autre ». Il arrive en tête du premier tour, le 26 avril 1914 ; le candidat de la Fédération radicale et radicale-socialiste de la Seine se désiste alors en sa faveur, et les socialistes défendent le candidat en indiquant : « Le citoyen Pierre Laval […] sera soutenu par tous les travailleurs soucieux de leurs intérêts, par tous les républicains dignes de ce nom. […] La banlieue ouvrière et républicaine ne peut être représentée par le nationalisme » (le candidat nationaliste qualifié au second tour est Marcel Habert). Deux semaines plus tard, le 10 mai, Pierre Laval est élu député. Ce sont les syndicats qui avaient insisté pour l'avoir comme candidat. À presque 31 ans, il est le benjamin des 103 députés socialistes.

Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, Laval ne renie pas ses convictions pacifistes, mais il ne s'oppose pas à l'Union sacrée à laquelle se sont ralliés les socialistes. Exempté définitif, il n'est pas mobilisé. À partir de 1915, Laval se retrouve, comme Jean Longuet, dans les rangs des minoritaires socialistes, critiques vis-à-vis de l'Union sacrée.

Cependant à partir de 1917, il désapprouve ceux de son parti, majoritaires, qui prennent leurs distances avec Clemenceau dont le programme tient dans les mots « Je fais la guerre ». Clemenceau lui propose, en novembre 1917, le poste de sous-secrétaire d'État à l'Intérieur, par l'intermédiaire de son chef de cabinet Georges Mandel, mais les socialistes refusent tous les postes ministériels. Aux élections législatives de novembre 1919, Laval est numéro cinq sur la liste socialiste menée par Jean Longuet dans le quatrième secteur de la Seine qui comprend toute la banlieue parisienne, mais il arrive en tête des candidats SFIO, avec 114 145 suffrages. Les socialistes subissent une déroute à cette élection qui donne la chambre bleu horizon. Laval reste adhérent, mais prend ses distances avec les socialistes. Comme avocat, il continue à défendre la CGT. Au congrès de Tours, sa section d'Aubervilliers passe du côté communiste. Il reste à la SFIO, mais ne reprend pas sa carte après 1922.

Élu d'Aubervilliers et homme d'affaires

Pierre Laval devient maire d'Aubervilliers aux élections partielles de février-mars 1923, mandat qu'il conserve jusqu'à la Libération. Sa liste — constituée de transfuges de la SFIO, d'exclus du Parti communiste et de notables — est en compétition avec une liste du Parti communiste conduite par Louis Dubois, ancien adjoint au maire, une liste SFIO maintenue et une liste de droite. Au premier tour, la liste Laval fait 42,5 % des voix, celle du PCF 26,5 % et celle de droite 25 % (divers 6 %). Il l'emporte au second tour par 3 382 voix (74,5 % des exprimés) contre 1 143 au candidat du Bloc national. Cette victoire est une défaite pour la SFIO et pour les communistes. Laval, l'homme sans parti, règne sur la ville par un réseau d'influence. Comme peu d'hommes politiques, il accorde une place très large aux amitiés, son adjoint et éminence grise à la mairie est André Guénier. Un autre de ses adjoints, Maurice Foulon, crée le Parti socialiste indépendant qui ne dépasse pas les limites de la ville. Son réseau s'étend aux maires des communes voisines, qu'ils soient affiliés à la SFIO ou marqués à droite.

Aux élections législatives du 11 mai 1924, Laval mène la liste du cartel des gauches. Il fait élire cinq des 19 candidats de sa liste (Laval, Lucien Voilin, Paul Poncet, Jean Martin, Charles Auray), avec une moyenne de 27,7 % des suffrages, contre 5 élus à la liste d'union républicaine (droite) qui obtient 29,8 % des suffrages et 31,4 % à la liste communiste qui remporte 9 sièges (dont Paul Vaillant-Couturier et Jacques Doriot). En juillet 1926, il rompt définitivement avec la gauche et, en janvier 1927, ses amitiés avec les maires des communes voisines lui permettent d'abandonner son mandat de député pour celui de sénateur de la Seine en se présentant sur une liste d'« Union nationale républicaine » ; il est alors violemment attaqué par L'Humanité comme « renégat du socialisme », mais Jacques Doriot, maire communiste de Saint-Denis, qui le considère comme un ami, favorise son élection. Il est le seul élu de la liste au premier tour, face pourtant à Alexandre Millerand et Théodore Steeg, sénateurs sortants, lesquels doivent affronter le ballottage. L'ancien président du Conseil et de la République Millerand est d'ailleurs — et ce pour la première fois — battu. Réélu maire en 1925, Laval l'emporte de nouveau, dès le 1er tour, en mai 1929 avec 60,9 % des suffrages contre 26,4 % à la liste communiste et 12,6 % à la liste socialiste SFIO, puis avec une majorité un peu moins nette en mai 1935, avec 55 % des suffrages contre 37,6 % à la liste communiste et 8,4 % à la liste SFIO.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Pierre Laval | World in Stories