Ce Jour-là

Pierre Lambert (homme politique)

Homme politique français, dirigeant du mouvement trotskiste international

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Pierre Boussel, plus connu sous son pseudonyme de Pierre Lambert ou tout simplement Lambert, né le 9 juin 1920 à Paris 12e et mort le 16 janvier 2008 à Champcueil, est un syndicaliste et homme politique français.

À partir de 1953 (année de la scission de la IVe Internationale fondée quinze ans plus tôt sous l'égide de Léon Trotsky), il est l'un des principaux dirigeants du mouvement trotskiste international. Candidat à l'élection présidentielle de 1988, il arrive en dernière position du premier tour avec 0,38 % des voix.

Ses partisans sont appelés « lambertistes ».

Pierre Boussel naît le 9 juin 1920, au 19 bis rue Chaligny dans le 12e arrondissement de Paris.

Il est issu d'une famille d'émigrants juifs russes très pauvres. Son père, Isser Boussel, est tailleur et sa mère, Sorka Grinberg, est femme au foyer. Son père et son oncle ont tous deux pris le chemin de l’exil après le décès de leurs parents pour fuir la misère et les persécutions subies alors par les juifs dans la Russie tsariste. Ses parents ne quitteront jamais les quartiers les plus pauvres de Paris, où s'est regroupé l’essentiel de la communauté ashkénaze. De culture juive, ils ne sont cependant pas pratiquants sur le plan religieux.

Pierre Boussel épouse en premières noces Suzanne Simkhovitch le 4 avril 1940 à la mairie du 12e arrondissement de Paris, avec qui il divorce le 21 novembre 1946, puis se remarie le 23 décembre 1947 avec Olga Marie Louise Faribault à Vincennes.

En 1934, il adhère aux Jeunesses communistes, dont il est exclu pour avoir posé des questions sur le pacte Laval-Staline, à la suite duquel le Parti communiste rompt avec sa tradition antimilitariste. En conséquence, il rejoint en 1936, à l'âge de seize ans, l'Entente des Jeunes Socialistes de la Seine, alors dominée par la tendance de Marceau Pivert, la Gauche révolutionnaire. Lorsque l'organisation de jeunesse est exclue de la SFIO, il participe à la fondation des Jeunesses socialistes révolutionnaires (JSR) avec Fred Zeller et Yvan Craipeau.

En 1937, il fait ses premiers pas dans le mouvement syndical en adhérant à la Confédération générale du travail. Le mouvement « pivertiste » comprend alors une minorité de militants trotskistes qui font de l'« entrisme », dont Pierre Frank, qui amène Pierre Boussel à rejoindre le trotskisme. Il prend donc sa carte au Parti communiste internationaliste de Raymond Molinier.

Il fait des études d'histoire tout en travaillant comme postier « auxiliaire ».

En 1939, le gouvernement dissout les deux principales organisations trotskistes, le Parti ouvrier internationaliste (POI) de Pierre Naville et le Parti communiste internationaliste (PCI) de Raymond Molinier. Pierre Boussel milite alors dans la clandestinité au sein du Comité international pour la construction de la IVe Internationale.

Avec Roger Foirier, l'animateur des auberges de jeunesse et Jacques Privas, il essaie de relancer le PCI avec Henri Molinier, le frère de Raymond, qui effectue quelques arnaques afin d'obtenir des fonds. Pendant la drôle de guerre, ils diffusent des tracts aux soldats, dans les gares, appelant au « défaitisme révolutionnaire ».

Le 13 ou le 15 février 1940, Pierre Boussel est arrêté avec neuf militants trotskistes, accusés d'être en « infraction au décret du 1er septembre 1939 sur la publication de textes de nature à nuire au moral de l'armée et de la population ». Le rapport de police se termine ainsi : « […] se réclame ouvertement du marxisme-léninisme intégral, du défaitisme révolutionnaire et de l'antimilitarisme. » Condamné à une peine d'emprisonnement de huit mois à trois ans (selon les sources) pour atteinte à la sûreté de l'État, il est incarcéré à la prison de la Santé ; il s’évade en juin 1940, pendant un transfert.

Certains trotskistes, dont David Korner, alias Barta et les pablistes, l'accuseront par la suite de s'être renié en captivité et d'avoir donné des noms.

En 1940-1941, il est membre du Parti communiste internationaliste d'Henri Molinier. Il y dénonce à plusieurs reprises l'orientation « Testu » (pseudonyme de Henri Molinier) dans les bulletins intérieurs du Comité communiste internationaliste, organisation à laquelle appartiennent les deux hommes, et ne pratique à aucun moment l'entrisme dans des organisations fascistes comme le Rassemblement national populaire de Marcel Déat.

Pendant l'Occupation, Pierre Boussel, alias « Lambert » (pseudonyme choisi en référence au nom bonhomme et rassurant d'un personnage des Misérables de Victor Hugo), est exclu du Parti communiste internationaliste (PCI) avec sa compagne. Il rejoint alors en décembre 1943 un autre groupe trotskiste : le Parti ouvrier internationaliste (POI) qui développe l'idée du « défaitisme révolutionnaire ». Le POI s'oppose notamment au mot d'ordre du Parti communiste français lors des combats de la Libération, « À chacun son boche », et prône l'orientation de la fraternisation des travailleurs français avec les soldats allemands et alliés : « Derrière chaque soldat allemand se cache un travailleur ». À cette époque, il participe également à la reconstruction des syndicats dans le cadre de la CGT clandestine.

En 1944, il œuvre à la fusion des deux groupes trotskistes, qui débouche sur la proclamation du Parti communiste internationaliste (PCI), section française de la IVe Internationale, dont il est membre du comité central. L'année suivante, il devient responsable de la commission ouvrière du PCI.

Après la guerre, Pierre Lambert devient contrôleur des allocations familiales, jusqu'à sa retraite en 1980.

Scission de la IVe Internationale

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