Pierre Grognet ou Pierre Grosnet est un ecclésiastique et un poète français, né à Toucy vers 1460 et mort aux environs de 1540.
Dans sa requête au prévôt de Paris, pour l'impression de ses Mots dorés de Caton, il se qualifie de « maitre es arts, licencié en chacun droit et prêtre et humble chapelain ». Souvent rapproché de Roger Collerye qui réside également à Auxerre, Pierre Grognet est un écrivain prolifique.
Il est connu pour avoir composé deux recueils :
Les Mots dorés de Caton en français et en latin son premier ouvrage écrit en 1530 qui est une traduction des distiques attribués à Caton
Les autorités, sentences et singuliers enseignements du grand Sénèque écrit en 1533.
De la Louange et Excellence des bons facteurs, qui bien ont composé en rime, tant de-çà que de-là les monts
Bonne doctrine pour les filles
Louange et description de plusieurs bonnes villes et cités du noble royaume de France
Manuel des vertus intellectuelles et morales
Rondeau contre les taverniers qui broullent le vin
Recollection des merveilleuses choses et nouvelles advenues au noble royaume de France en notstre temps depuis l'an de grâce 1480.
En 1536 il publie un ouvrage édifiant, Haud inutile libidinis sive luxuriæ dehortamentum (Pour combattre le désir ou luxure).
Dans son ouvrage Recollection Pierre Grognet conte des histoires de la vie courante, tels que les périodes de gel, des mises à mort comme celles de Jean Langlois ou d'Edmond de La Fosse pour avoir profané des hosties.
Le vendredi 7 juin 1493, un prêtre natif d'Ivry-sur-Seine nommé Jean Langlois, étant entré dans l'église Notre-Dame pendant la messe, arracha la Sainte Hostie des mains d'un prêtre qui disait la messe dans la nef et la piétina.
Prêtre, considéré comme hérétique, Jean Langlois est condamné et brûlé vif, place aux Pourceaux.
Voici la poésie de Pierre Grognet contant ce fait :
« Mil quatre cens quatre-vingtz-treize,Vendredy septiesme de juing,Mené fut devant le commun, Et bruslé vif à la voirie,Jehan Langloys, prebstre qui varie,En la foy, lui natif d'Ivry,Etant réputé sans apuy,De bon lignage, fils de prebstre, Et hérétique contre l'estre,De la Saincte foy véritable,De Jésus-Christ et proufitable ;Car il avoit par hérésie,Osté la très sacré hostieDes mains du prebstre célébrant, Comme chacun est remembrant,En l'église de Notre Dame, Dont il est réputé infâme. »
Maurice Allem, Anthologie poétique française : XVIe siècle, t. I, Paris, Garnier-Flammarion, 1965, 383 p. (Anthologie poétique française, XVIe siècle sur Google Livres)