Ce Jour-là

Pierre Goldman

Militant politique français

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Pierre Goldman, né le 22 juin 1944 à Lyon et mort assassiné le 20 septembre 1979 à Paris, est un militant de gauche ayant évolué vers l'action violente et le banditisme. Durant son incarcération, il devient écrivain, puis journaliste après sa libération.

Étudiant à la Sorbonne, il prend une part active entre 1962 et 1968 aux services d'ordre de syndicats et groupuscules étudiants d'extrême gauche (UEC, UNEF, Front universitaire antifasciste). Il effectue ensuite des séjours en Amérique latine, où il tente de participer à la guérilla au Venezuela.

De retour en France, il commet une série de vols à main armée en décembre 1969. Il est arrêté le 8 avril 1970. Accusé de trois agressions à main armée et du meurtre, en décembre 1969, de deux pharmaciennes lors d'une tentative de braquage, il comparaît devant la cour d'assises de Paris en décembre 1974. Le 14 décembre, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec circonstances atténuantes. Un mouvement d'opinion en sa faveur se développe, animé par des artistes et des intellectuels. Le jugement est cassé en 1975 pour vice de forme. Il est acquitté du meurtre des deux pharmaciennes lors du second procès en 1976 à Amiens.

Durant son incarcération, il écrit une autobiographie, publiée peu avant son deuxième procès sous le titre Souvenirs obscurs d'un juif polonais né en France. Le livre obtient un grand succès critique et public. Il y explique notamment que ses deux parents étaient des héros de la résistance juive communiste en France et que son propre comportement était dicté par l'obsession de les égaler dans une époque pacifiée.

Après sa libération de prison, il collabore au quotidien Libération.

Son assassinat en 1979 est revendiqué par un appel téléphonique anonyme au nom d'un groupe présumé d'extrême droite nommé « Honneur de la Police » et n'a jamais été élucidé.

Le 27 septembre 1979, ses funérailles au cimetière du Père-Lachaise sont suivies par plus de 10 000 personnes.

Il est notamment le demi-frère aîné de l'auteur-compositeur-interprète Jean-Jacques Goldman.

Deux parents juifs, polonais, communistes et résistants

Les parents de Pierre Goldman sont tous deux des juifs polonais et résistants, venus en France dans l'entre-deux-guerres, et tous deux dirigeants de l'organisation communiste des FTP-MOI pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils ne se sont jamais mariés et ont vécu pendant l'occupation sous le pseudonyme de Legrand.

Son père, Alter Mojsze Goldman (1909-1988), arrive en France en 1924. Il se fait embaucher dans les mines de Trémuson en Bretagne. Après avoir résidé à Fleury-sur-Loire, il s'installe en 1927 à Paris, où il trouve un emploi d’ouvrier dans un atelier de confection. Naturalisé le 13 juillet 1930, il s'enrôle pour deux ans dans les chasseurs d'Afrique, puis redevient ouvrier tailleur à Paris. Proche des communistes, il se montre très actif au sein du Yiddishe Arbeiter Sporting Kloub (YASK, « Club sportif ouvrier juif »). Mobilisé en septembre 1939, il participe à la bataille de France de mai-juin 1940. Blessé, il reçoit la croix de guerre (en 1961, il recevra la Légion d'honneur). Démobilisé, il rejoint à Lyon en 1942 la « résistance juive », à l’état embryonnaire, dans les groupes d'immigration polonais qui deviennent le mouvement communiste des FTP-MOI. Il fait partie de l’Union des Juifs pour la Résistance et l'Entraide (UJRE) en 1943. En juin 1944, Il est nommé responsable militaire de la zone Sud. Il organise des groupes de combat à Toulouse, Marseille, Agen, Grenoble ou encore Avignon.

Sa mère est Janine Sochaczewska (1914-1993). Née à Łódź, elle a connu les pogroms antisémites puis a dû fuir la répression anticommuniste à 15 ans, d'abord pour Berlin où elle milite au sein du Rote Front (« Front rouge ») puis pour la France. Elle y devient salariée de la Main-d'œuvre immigrée (MOI), section polonaise, chez les mineurs de charbon du Nord-Pas-de-Calais, où le PCF fait une percée avant-guerre. Menacée d'expulsion, elle se réfugie chez les mineurs de charbon de Saint-Étienne (Loire) et d'Alès-La Grand-Combe (Gard), qui s'opposent à une nouvelle tentative d'expulsion en 1938. À la fin de la guerre d'Espagne (1936-1939), le grand-père de Pierre Goldman a été assassiné par les nazis ainsi que le premier mari de sa mère. Cette dernière est internée en 1939 au camp de Rieucros, situé à Mende en Lozère. Elle obtient l’autorisation d’émigrer au Mexique, mais préfère se cacher à Marseille et rejoint la Résistance juive communiste à Lyon et Grenoble. Elle y met en place des imprimeries clandestines.

Pierre Bernard Goldman naît le 22 juin 1944 à Lyon. Des armes et de la propagande anti-allemande sont dissimulées dans son berceau. Sa mère se trouve à Grenoble au moment de la libération de la ville. Dans L'homme qui est entré dans la loi, Pierre Goldman, Wladimir Rabinovitch explique que Pierre Goldman a grandi et vécu dans la haine du nazisme et de l'antisémitisme.

Le couple se sépare après la libération. Janine Sochaczewska quitte l'appareil communiste puis rentre en Pologne en 1948 pour devenir professeur dans un lycée de Varsovie sans rôle politique. Opposé au départ de son fils, Alter Goldman le récupère et le confie à sa tante. Puis en 1949, il prend sa garde avec sa nouvelle épouse, Ruth Ambrunn.

Pierre Goldman a six ans quand naît du remariage de son père, sa demi-sœur, Évelyne, futur médecin. Un an après, ce sera son premier demi-frère, le futur chanteur Jean-Jacques Goldman, puis trois ans après, Robert Goldman, futur auteur-compositeur. Son père et sa mère d'adoption prennent leurs distances définitives avec le PCF à l'hiver 1952-1953, après l'épisode antisémite du prétendu « complot des blouses blanches » en URSS.

Pierre Goldman est un élève inadapté au système scolaire et change plusieurs fois de lycée, même s’il franchit les obstacles jusqu’au baccalauréat, passé en candidat libre.

Adolescence : Pologne et guerre d'Algérie

À l'âge de 13 ans, Pierre Goldman revoit sa mère après dix ans de séparation. Il est tiraillé entre les séjours l'été chez elle et sa rébellion, teintée d'admiration, face à « l'autorité de son père », gérant d'un magasin de sports à Montrouge. Sa sœur aînée, née en France en 1933 et orpheline de père, quittera la Pologne pour Israël en 1966.

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