Ce Jour-là

Pierre Gauvreau (peintre)

Peintre, écrivain et cinéaste québécois

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Pierre Gauvreau, né le 23 août 1922 et mort le 7 avril 2011 à Montréal, est un artiste-peintre et auteur québécois, aussi scénariste, réalisateur de télévision et producteur de cinéma.

Peintre automatiste, il est le frère de l'auteur Claude Gauvreau, signataire comme lui du Refus global.

Pierre Gauvreau entreprend en 1940, des études à l'École des beaux-arts de Montréal qui offre une formation beaucoup trop académique pour lui. Gauvreau a déjà découvert l'art moderne par le biais de reproductions d'œuvres de Matisse et Picasso, entre autres, dans les magazines. Lors d'une exposition du collège Sainte-Marie, en 1941, présentant une vingtaine d'huiles de Gauvreau, influencées par le fauvisme, Paul-Émile Borduas, invité à juger le concours, remarque ses peintures, et l'invite à se joindre au groupe d'artistes se réunissant chaque semaine dans son atelier. Pierre demande la permission à Borduas d'amener quelques amis qui sont : Françoise Sullivan, Louise Renaud, Fernand Leduc, qui étudient aux beaux-arts avec lui et son ami Bruno Cormier. En 1948, ils signeront tous le manifeste Refus Global écrit par Borduas. Les autres signataires sont : Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Marcelle Ferron, Claude Gauvreau, Muriel Guilbault, Thérèse Renaud(Leduc) Jean-Paul Mousseau, Maurice Perron, Françoise Riopelle, Jean Paul Riopelle. C'est Pierre Gauvreau qui dactylographiera tous les textes et imprimera les 400 copies. Il restera fidèle à ces préceptes toute sa vie. Dans le film, Gauvreau ou l'obligation de la liberté de Charles Binamé, (production Vivavision, 2000) on peut constater la persistance de ses convictions.

En 1943, il expose avec 22 autres jeunes artistes regroupés sous le nom des Sagittaires à la Dominion Gallery et à la Société d'art contemporain. La même année, Pierre Gauvreau devient officier d'infanterie dans l'armée canadienne. Il continue de peindre dans ses rares moments de liberté et en juillet 1944, il réussit son premier tableau non figuratif. Puis, basé outre-mer, il envoie à son frère Claude des dessins que celui-ci intègrera à la première exposition de ceux que l'on appellera Les Automatistes au printemps 1946. Libéré au cours de l'été, il revient à Montréal et entreprend résolument de peindre. En 1947 et 1950, il présente ses œuvres à l'appartement familial du 75 rue Sherbrooke Ouest. Il participe aux principales manifestations d'avant-garde.

En 1947, il réalise les décors de la pièce de théâtre Bien-être de son frère Claude Gauvreau.

En décembre 1948, lorsque son ami Jean Paul Riopelle quitte le Québec pour s'installer en France, il part avec une quinzaine de tableaux de Pierre pour les exposer. Il le fait participer à quelques expositions dont Rixes et Contre-espace en 1951.

Pendant les années 1950, il est animateur de radio et de télévision. De 1955 à 1967, il est réalisateur à la section jeunesse de Radio-Canada. Pépinot, textes Réginald Boisvert, Radisson, CF-RCK, Rue de l'anse, D'Iberville, une coproduction internationale et première série couleur de Radio-Canada.

La Galerie Denyse Delrue présente ses œuvres récentes en 1961 et 1962, année où il participe au Festival des deux mondes à Spolète, en Italie. Il est de l'exposition inaugurale du Musée d'art contemporain à l'Expo 67. En 1971 et 1972 a lieu au MAC à Montréal et au Grand Palais à Paris, Borduas et les automatistes, Montréal 1942-1955

Pendant la décennie qui suit, il est directeur de la création à Radio-Québec, chef de studio (IXE-13, Le Temps d'une chasse, L'Exil) puis directeur de la production française à l'Office national du Film. Il quitte en 1972 pour retourner à la création. De retour à Radio-Québec, il réalise trois séries documentaires auxquelles il attache beaucoup d'importance : On n'a plus les séances qu'on avait, sur le jeune théâtre ; Si l'monde savait, sur les artistes autodidactes parfois nommée les patenteux ; puis Aux yeux du présent, une série de procès avec jury sur des épisodes pertinents de l'Histoire.

En 1973, il présente, à la Société Radio-Canada, un projet de télé série sur l'avènement de la modernité au Québec. Plusieurs années plus tard, adapté en téléroman à la demande de la SRC, ce projet deviendra la trilogie téléromanesque à succès Le Temps d'une paix (1980-1986), Cormoran (1990-1993), et Le Volcan tranquille (1997-1998).

En 1990, il reçoit un Grand Prix de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision, pour l'ensemble de son œuvre.

En janvier 1976, avec Janine Carreau, sa nouvelle compagne, peintre et photographe, il achète un triplex sur la rue Cherrier à Montréal ce qui leur donne l'espace pour se faire des ateliers. Le 7 décembre 1976, il reprend enfin les pinceaux qu'il avait délaissés depuis février 1963 faute de temps.

De son vivant, il participe à plus de 170 expositions.

En 1995, il reçoit le Prix Louis-Philippe-Hébert pour l'ensemble de son œuvre peint.

En juin 2010, le Musée de Charlevoix à La Malbaie expose ses toiles lors d'une exposition pour le 25e anniversaire de l'émission télévisée Le Temps d'une paix dont il a rédigé les textes.

Il meurt le 7 avril 2011, à l'âge de 88 ans, d'une insuffisance cardiaque.

Il a partagé son temps entre Montréal et les Cantons-de-l'Est et a peint aux deux endroits.

Pulsion allègre, grave, jaune, assoiffée, 1944, huile sur carton, 55 x 76 cm Musée national des beaux-arts du Canada, Ottawa (premier tableau non-figuratif)

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