Pierre Béarn (pseudonyme de Louis-Gabriel Besnard) est un libraire et homme de lettres français né le 15 juin 1902 à Bucarest (Roumanie), de parents français et mort le 27 octobre 2004 à Paris 14e, à l'âge de 102 ans.
Poète, romancier, fabuliste (360 fables à son actif), journaliste, auteur de récits de voyages, critique gastronomique et littéraire, Pierre Béarn mène une vie assez aventureuse avant de se fixer comme libraire à Paris : il reprend en 1932 la librairie du Zodiaque, fondée en 1924 par son ami Pierre Véry, ( Les disparus de Saint-Agil) située dans le Quartier latin, 60 rue Monsieur-le-Prince, et la dirige jusqu'en 1981
En 1940, lors de la calamiteuse évacuation de Dunkerke, il est mobilisé comme quartier maître et se retrouve patron d'un petit chalutier qui fait la navette entre les deux rives de la Manche pour évacuer des soldats français et anglais, dans une ambiance de désastre et de pagaille. Il en tire un récit d'une brutale franchise, intitulé De Dunkerque en Liverpool, (sur le modèle de l'expression "De Charybde en Scylla") qui n'épargne ni l’État-Major anglais, ni les gaullistes. Sous l'occupation, ce livre est récupéré comme propagande par l'occupant allemand (référencement dans le Miroir des Livres, en 1942/1943, un catalogue d’œuvres françaises et allemandes à visées collaborationnistes). Il est donc inquiété à la Libération, en 1944, par le Comité national des écrivains, chargé de l'épuration des intellectuels et éditeurs collaborationnistes qui le place sur sa Liste noire. Pierre Béarn écrit alors une lettre « fulminante » à l'écrivain et résistant Jean Paulhan qui siège au CNE… et avait suivi la publication de l'ouvrage chez Gallimard, y compris le passage de l’œuvre à travers le crible de la censure allemande. Pierre Béarn (qui a participé à la Libération de Paris) verra son nom retiré de la seconde version de la liste du CNE, mais en gardera des rancunes.
Il peint, dans un langage direct, dru, agressif parfois, les Couleurs d'usine (1951), rêve avec les Passantes, fait un voyage au long cours vers Mes cent Amériques (1944) et trouve sa meilleure veine dans les Dialogues de mon amour, publiés en 1957, mis en scène en 1965, dont tels fragments ne sont pas indignes d'une comparaison avec la poésie amoureuse d'Eluard. Refus d'héritage (1965) est une protestation violente contre la civilisation atomique et cybernétique. Il a travaillé en usine, été marin, participe a des expéditions en Afrique noire. On lui doit la création du Mandat des poètes, décerné, chaque année, a un poète malade ou âgé, par quelques centaines de poètes français.
En 1968, il invente l'expression « Métro-boulot-dodo », à partir d'un vers d'un poème de son recueil Couleurs d'usine paru en 1951. L'expression deviendra un des slogans de mai 68.
Toujours au service des autres, animateur pendant plusieurs années[Combien ?] d'une émission de radio célébrant la poésie, il est par ailleurs, pendant 18 ans, le responsable et unique rédacteur du magazine La Passerelle.
Fin mai 2004, quelques mois avant sa mort, il se marie à 101 ans avec Brigitte Egger.
Il meurt le 27 octobre 2004 à l'âge de 102 ans, dans le 14e arrondissement de Paris. Il est inhumé au nouveau cimetière de Montlhéry (Essonne).
Paris gourmand - Ce que doit savoir un gourmand pour devenir un gastronome, Gallimard, 1929.
Grimod de La Reynière, Gallimard (collection Les vie illustres), 1930.
L'agonie du Suffren, Nouvelles éditions latines-Fernand Sorlot, 1937.
Si lâches dès le matin, Jean Flory, 1940.
De Dunkerque en Liverpool, Gallimard, 1941.
Mains sur la mer (poèmes), Jean Flory, 1941.
Mes cent Amériques, ill. de Bob Hekking, Paris, Sous le signe du Zodiaque, 1944.
Jean-Pierre et la navigation, Le pavois, 1945.
L'océan sans espoir, Émile-Paul, 1946.
Couleurs d'usine (poèmes), Seghers, 1951.