Ce Jour-là

Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais

Écrivain, musicien, homme d’affaires et poète français

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Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, plus souvent désigné comme Beaumarchais, né le 24 janvier 1732 à Paris et mort le 29 floréal an VII (18 mai 1799) à Paris 8e, est un écrivain, dramaturge, musicien, horloger et homme d'affaires français.

Éditeur de Voltaire, il est aussi à l'origine de la première loi en faveur du droit d'auteur et le fondateur de la Société des auteurs.

Également agent secret et marchand d'armes pour le compte du roi, il est un homme d'action et de combats ne semblant jamais désarmé face à un ennemi ou à l'adversité. Son existence est tout entière marquée par l'empreinte du théâtre, et, s'il est principalement connu pour son œuvre dramatique, en particulier la trilogie de Figaro, sa vie se mêle étrangement à ses œuvres.

Figure majeure du siècle des Lumières, il est considéré comme un des annonciateurs de la Révolution française et de la liberté d'opinion ainsi résumée dans sa plus célèbre pièce, Le Mariage de Figaro :

« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur, il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits. »

Pierre-Augustin Caron, né le 24 janvier 1732 Grand'rue Saint-Denis, est l'unique garçon d'André-Charles Caron, originaire de Lizy-sur-Ourcq, et de sa femme Louise Pichon. Dix enfants naîtront de cette union, dont six seulement devaient vivre. Le père, issu d'une famille d'horlogers huguenots, était lui-même devenu maître-horloger. Abjurant le protestantisme le 7 mars 1721 dans l'église des Nouvelles Catholiques, il se convertit de fait au catholicisme. Tenant boutique et atelier rue Saint-Denis, c'est un artisan reconnu, amateur d'art et créateur de la première montre squelette en 1760 avec Jean-Antoine Lépine. La famille vit confortablement, mais le père contracte des dettes et les tensions sont réelles dans le couple.

Pierre-Augustin, après des études dans une école d'Alfort de 1742 à 1745, entre en apprentissage dans l'atelier paternel à l'âge de 13 ans. Il donne du fil à retordre à son père, qui le chasse quelque temps de la maison familiale, mais il finit par devenir un artisan compétent puisqu'il invente, en 1753, un nouveau mécanisme d'échappement, dit « à hampe » ou « à double virgule » (peu utilisé aujourd'hui, du fait des problèmes de frottement) ; ce sera l'occasion d'une première controverse : l'horloger du roi Jean-André Lepaute s'attribue l'invention. Beaumarchais doit faire appel à l'Académie des sciences pour que lui soit reconnue la propriété de l'invention.

Son père étant déjà connu à la Cour, son fils devient fournisseur de la famille royale.

Il ne tarde toutefois pas à abandonner l'horlogerie ; Jean-Antoine Lépine, qui le remplace dans l'atelier paternel, épouse sa sœur Fanchon et devient l'associé en 1756, puis le successeur d'André-Charles Caron.

Pierre-Augustin Caron se marie le 27 novembre 1756 avec Madeleine-Catherine Aubertin, veuve de Pierre-Augustin Franquet, seigneur de Bosc Marchais (dit Beaumarchais). Il a 24 ans. Son épouse est plus âgée que lui, mais possède une fortune considérable. Il se fait appeler « de Beaumarchais » dès 1757, du nom du fief de Bosc Marchais, qui appartient à son épouse et donne l'illusion de la noblesse.

Madeleine-Catherine meurt subitement l'année suivante, à 35 ans. Immédiatement, le jeune veuf se voit dans une position inconfortable, car il est accusé de l'assassinat de sa femme. C'est le premier d'une longue suite de procès et de scandales auxquels il est confronté et qui marqueront son existence.

Malgré les ennuis dans sa vie privée, il commence à être connu. Il se lie d'amitié avec le financier de la Cour, Joseph Pâris Duverney qui favorise son entrée dans le monde de la finance et des affaires. Il se lance alors dans les spéculations commerciales et déploie un tel génie dans ces affaires qu'en peu d'années il acquiert une grande fortune. Dès 1761, âgé de 29 ans, il achète une charge de secrétaire du roi qui lui confère la noblesse.

En 1759, faveur insigne, il est nommé professeur de harpe de Mesdames, les quatre filles du roi Louis XV, qui résident à la cour.

Patronné par un prince du sang, Louis-François de Bourbon, prince de Conti, il devient bientôt lieutenant général des chasses . Il commence à écrire de petites parades pour des théâtres privés (Les Bottes de sept lieues, Zirzabelle mannequin, Léandre, marchand d'agnus, médecin et bouquetière, Jean Bête à la foire) qui jouent sur le comique de mots du langage populaire des Halles de Paris.

En avril 1764, Beaumarchais entreprend un séjour de dix mois à Madrid, vraisemblablement pour aider sa sœur Lisette, délaissée par son fiancé José Clavijo y Fajardo, fonctionnaire au ministère de la Guerre, archiviste de la Couronne et fondateur du journal philosophique El Pensador (es). L'histoire sera reprise par Goethe dans sa tragédie intitulé Clavigo.

Durant son séjour en Espagne, il en profite pour régler des affaires pour Duverney. Ils cherchent à gagner des contrats exclusifs pour la colonie espagnole nouvellement acquise de Louisiane et tentent d'obtenir la concession de la traite négrière dans les colonies espagnoles en Amérique. Beaumarchais se rend à Madrid, muni d'une lettre de recommandation du duc de Choiseul, devenu également son protecteur. Ces négociations s'éternisent, et Beaumarchais passe une grande partie de son temps à s'imprégner de l'atmosphère espagnole, appelée à exercer une influence majeure dans ses écrits ultérieurs. Bien que lié à des personnalités influentes, à l'instar du ministre des Affaires étrangères Grimaldi, ses espoirs de contrats restent sans lendemain et il quitte la Castille pour Paris en mars 1765.

Menant un train de vie aisé, mais toujours à la merci d'une disgrâce, il se remarie en 1768 avec Mme Lévêque, la très riche veuve du garde général des Menus-Plaisirs du roi, née Geneviève-Madeleine Wattebled (1731-1770). Ils ont deux enfants, un fils et une fille, tous deux morts jeunes. Elle-même meurt dès 1770, à trente-neuf ans, après seulement deux années de mariage, lui laissant d'importantes rentes.

À l'occasion de ce second veuvage précoce, Beaumarchais est de nouveau accusé de détournement d'héritage.

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