Ce Jour-là

Pierre-Antoine Berryer

Avocat et homme politique français

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Pierre-Antoine Berryer, dit « Berryer fils », né le 4 janvier 1790 à Paris et mort le 29 novembre 1868 à Augerville-la-Rivière, est un avocat et homme politique français. Il est enterré à Augerville-la-Rivière.

Originaire de la famille Berryer, Pierre-Antoine est le fils de l'avocat Pierre-Nicolas Berryer (1757-1841) et frère du général Hippolite-Nicolas Berryer, Pierre-Antoine Berryer fut un élève assez médiocre chez les oratoriens du collège de Juilly. Il se destinait à l'état ecclésiastique, mais son père, qui avait reconnu en lui les qualités d'un orateur, contraria sa vocation et lui fit faire son droit. Il eut pour répétiteur Guillaume de Bonnemant (1747-1820), avocat à Arles et ex-membre de l'Assemblée constituante, et étudia la procédure avec un avoué nommé Normand. Encore étudiant, il épousa, le 10 décembre 1811, Caroline Gauthier, fille de l'administrateur des vivres militaires de la division de Paris. Vers la même époque, il publia une brochure de vers dans laquelle il célébrait avec enthousiasme l'entrée à Paris de Napoléon Ier et de Marie-Louise, et débuta au barreau peu de temps après.

Une brillante carrière d'avocat

Contrairement aux attentes de son père, ses débuts furent sans éclat. Dès 1812, il se mit à afficher des opinions royalistes ; les désastres militaires de la fin du règne de Napoléon achevèrent de l'attacher définitivement aux opinions légitimistes qu'il défendit durant toute sa vie. Il s'engagea en 1815 dans les volontaires royaux et fit, dit-on, le voyage de Gand pendant les Cent-Jours.

Sous la Seconde Restauration, il établit sa réputation en défendant des personnalités de l'Empire. Il fut adjoint à son père et à Dupin aîné pour défendre le maréchal Ney devant la cour des pairs, condamné et exécuté le 7 décembre 1815. L'année suivante, il plaida en faveur des généraux Debelle et Cambronne, qu'il fit échapper à la peine capitale.

Il plaida dans de nombreuses affaires de presse, défendant les journaux Le Drapeau blanc, le Journal des Débats, et La Quotidienne. Il défendit les généraux Canuel et Donnadieu, accusés de violences excessives lors de la répression des insurrections respectivement de Lyon (1817) et de Grenoble (4 mai 1816). Lors du procès du général Donnadieu, il se sépara complètement du ministère et publia contre Decazes un mémoire très violent dans lequel il accusait le gouvernement d'avoir fomenté l'insurrection. Il représenta encore les intérêts de Chedel, illégalement emprisonné par le préfet de police Jules Anglès, de Nérac, de Séguin contre Ouvrard. Il défendit également devant la cour d'assises de Paris le Dr Edme-Samuel Castaing, accusé du meurtre d'Hippolyte et Auguste Ballet (1823).

En 1826, il représenta Lamennais, poursuivi pour l'ultramontanisme de son essai intitulé De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et social. L'année suivante, il publia une brochure contre l'ordonnance soumettant les petits séminaires à l'inspection de l'Université.

Sous la monarchie de Juillet, il défendit Chateaubriand (1833), emprisonné pour avoir milité en faveur de la libération de la duchesse de Berry, et fit partie du conseil de défense du prince Louis Napoléon Bonaparte jugé devant la Chambre des pairs (26 septembre-6 octobre 1840) après l'expédition de Boulogne-sur-Mer. Il plaida pour la Gazette de France, La Quotidienne, Le Rénovateur, etc. Mais sa carrière politique lui fit négliger le barreau au point qu'il dut mettre en vente, le 6 août 1836, sa propriété d'Augerville-la-Rivière, qui fut rachetée par souscription et lui fut rendue.

Réélu sous la Seconde République, il siège au sein de la commission sur l'assistance et la prévoyance publiques présidée par Thiers.

Sous le Second Empire, il quitta la vie politique et revint au barreau qui le nomma bâtonnier en 1854. Il plaida dans les affaires de Célestine Boudet, de Mme de Caumont La Force (1855) et de Jeufosse (1857) et défendit Montalembert (1858).

Un défenseur de la branche aînée des Bourbon

À partir de 1820, il fait partie de la commission des souscripteurs pour l'acquisition du Château et du Domaine de Chambord qui fut offert à Henri V, petit-fils de Charles X.

Vice-président du collège électoral du 2e arrondissement de la Seine depuis 1822, Berryer ne tarda pas à se lancer dans la politique. Après le décès de Georges Marcelin Chabron de Solilhac (1769-1829), député de la Haute-Loire, le parti légitimiste songea à lui pour le remplacer ; il avait tout juste l'âge requis (40 ans), mais il fallut lui venir en aide pour qu'il pût justifier du cens d'éligibilité : avec le concours de ses amis, il acheta la terre d'Augerville-la-Rivière (Loiret) et fut, le 26 janvier 1830, élu à une large majorité par le collège départemental de la Haute-Loire.

Il aborda la tribune de la Chambre des députés pour la première fois le 9 mars 1830, dans la discussion de l'adresse des 221 contre le ministère Polignac. Au milieu des applaudissements de la droite, des cris et des interruptions de la gauche, il défendit chaleureusement la couronne et attaqua très vivement l'amendement Lorgeril :

« Je ne m'étonne pas, conclut-il, que, dans leur pénible travail, les rédacteurs du projet aient dit qu'ils se sentaient condamnés à tenir au roi un pareil langage ; et moi aussi, plus occupé des soins de l'avenir que des ressentiments du passé, je sens que si j'adhérais à une telle adresse, mon vote pèserait à jamais sur ma conscience comme une désolante condamnation… »

« Voilà une puissance », aurait dit Royer-Collard à l'issue de cette séance en parlant de l'orateur. Berryer déclina l'offre qui lui fut faite d'un portefeuille ministériel dans le cabinet Polignac, fut réélu le 5 juillet par le 3e arrondissement électoral de la Haute-Loire.

Un chef de file du légitimisme français

Après la Révolution de Juillet, Berryer devint l'un des principaux orateurs de l'opposition. Le 7 août 1830, il protesta à la Chambre des députés contre les événements et contesta que les députés eussent qualité pour délibérer sur la vacance du trône et élire un nouveau roi. Il prêta néanmoins le serment de fidélité exigé par la charte de 1830, mais entama une guerre acharnée contre la monarchie de Juillet. Elle s'ouvrit avec la discussion relative à la mise en accusation des anciens ministres de Charles X et se continua, dès lors, en toute occasion.

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