Ce Jour-là

Pie VII

251e pape de l'Église catholique, de 1800 à 1823

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Pie VII est le 251e pape de l'Église catholique. Né Barnaba Chiaramonti le 14 août 1742 à Césène et mort le 20 août 1823 à Rome, il se fait aussi appeler, en religion, dom Grégoire (don Gregorio). Moine bénédictin, il est d'abord prieur de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, puis consacré évêque pour le diocèse de Tivoli en 1782, puis transféré à Imola et créé cardinal en 1785. Il est élu souverain pontife le 14 mars 1800 et prend le nom de Pie VII.

Barnaba est l'avant-dernier enfant du comte Scipione Chiaramonti (1698-1750) et de Giovanna Coronata Ghini (1713-1777), fille du marquis Barnaba Eufrasio Ghini, femme profondément religieuse qui, veuve, entrera au carmel de Fano et y terminera sa vie. Son fils prendra exemple sur elle durant toute sa vie, particulièrement aux moments les plus difficiles de son pontificat. Les Chiaramonti sont une famille de vieille noblesse, amie des Braschi (famille dont est issu Pie VI), le prédécesseur du pape. C'est une famille noble mais assez pauvre.

Comme ses frères, le jeune Barnaba fréquente d'abord le Collegio dei Nobili de Ravenne, mais, à sa demande, il est admis à l'âge de 14 ans (2 octobre 1756) comme novice à l'abbaye bénédictine de Santa Maria del Monte, à Césène. Il y étudie sous la direction de dom Gregorio Caldarera. Deux ans plus tard (20 août 1758), il prend l'habit sous le nom de dom Gregorio. Jusqu'en 1763, il étudie à l'abbaye Sainte-Justine de Padoue, où il est soupçonné de jansénisme par l'Inquisition vénitienne. Ses qualités intellectuelles conduisent ses supérieurs à l'envoyer ensuite au collège pontifical Saint-Anselme, à Rome, adjacent à la résidence urbaine de l'abbaye de Saint-Paul-hors-les-Murs qui était destinée aux étudiants les plus prometteurs de la congrégation bénédictine du Mont-Cassin.

Le 21 septembre 1765, il est ordonné prêtre et peu après, obtient son doctorat en théologie. Il enseigne, à partir de 1766, à l'abbaye Saint-Jean-l'Évangéliste de Parme, duché ouvert aux idées nouvelles. Amoureux de la culture et soucieux de donner un enseignement moderne, proche des réalités sociales et scientifiques de son temps, il souscrit à l'Encyclopédie de Diderot et se montre curieux des idées de Locke et Condillac, alors précepteur du prince héritier, l’infant don Ferdinand, et dont il traduit l’Essai sur l'origine des connaissances humaines.

En 1772 lui est attribué le grade académique de « lecteur », par lequel l'ordre bénédictin l'habilite à l'enseignement de la théologie et du droit canonique. De 1772 à 1781, il se trouve au collège Saint-Anselme, cette fois en tant que professeur de théologie et bibliothécaire. Il est ensuite nommé abbé titulaire du monastère Santa Maria del Monte dont il avait été oblat dans son enfance.

Le jeune moine Chiaramonti ressent le besoin d'un profond renouveau pour l'ordre bénédictin, en particulier dans le domaine de la formation. Il souhaite, d'une part, le retour à l'inspiration originelle de la vie monastique et, de l'autre, une modernisation des programmes d'enseignement, de façon à conduire les jeunes moines à un contact plus direct avec les réalités concrètes.

En 1773, il devient confesseur du cardinal Angelo Braschi, qui deviendra le pape Pie VI en 1775, et qui le tient en haute estime. En 1782, ce dernier le nomme prieur de l'abbaye romaine de Saint-Paul-hors-les-Murs, où il semble avoir été accueilli comme un intrus par les autres moines, jaloux de leur droit d'élire leur prieur, et qui, semble-t-il, tenteront même de l'empoisonner. Jean Cohen écrit : « On prétendit qu'ils tentèrent d'empoisonner leur rival par une tasse de chocolat. Chiaramonti, l'ayant goûtée, ne put l'achever tant elle lui parut d'une saveur désagréable. Un frère lai, spécialement attaché à son service, la but, et saisi tout à coup des plus violentes douleurs, il ne survécut que 24 heures à ce fatal repas ». On peut douter de l'authenticité de cette anecdote.

Il ne fait pas de doute cependant que la nomination de Chiaramonti à l'abbaye de Saint-Paul-hors-les-Murs est fraîchement accueillie par les autres religieux. Pie VI en est conscient et, pour raffermir son autorité, il lui confie la responsabilité du diocèse de Tivoli. Le 16 décembre 1782, il est sacré évêque dans la cathédrale Saint-Laurent.

Trois ans plus tard, alors qu'il n'a que 42 ans, il est créé cardinal lors du consistoire du 14 février 1785 et en reçoit les insignes le 27 juin. Il devient évêque-cardinal d'Imola.

En juin 1796, son diocèse d'Imola est envahi par les troupes françaises d'Augereau. Rappelé à Rome en 1797, il se range dans le camp des modérés et soutient, au grand dam des conservateurs, l'établissement des négociations menant au traité de Tolentino. Dans une lettre adressée aux habitants de son diocèse, il leur demande de se soumettre, « dans les circonstances actuelles de changement de gouvernement (…) à l'autorité du victorieux général en chef de l'armée française ». Avec une belle audace, il affirme même, dans son homélie de Noël 1797, qu'il n'y a pas opposition entre catholicisme et démocratie :

« Oui ! mes chers frères, soyez de bon chrétiens, et vous serez d'excellents démocrates. La forme du gouvernement démocratique adoptée chez nous n'est point en opposition avec les maximes que je viens de vous exposer. Elle ne répugne pas à l'Évangile. Elle exige, au contraire, ces vertus sublimes qui ne s'acquièrent qu'à l'école de Jésus-Christ. Si vous les pratiquez sérieusement, elles seront le gage de votre bonheur, de votre gloire et de la splendeur de notre République. La seule indépendance que donnait aux anciens la forme de gouvernement dont ils jouissaient les avait ornés d'une foule de vertus. Républicains et, de plus, chrétiens, quels modèles de sainteté ne doivent pas être les citoyens d'Imola ! » »

Il intercède d'ailleurs personnellement auprès du général Augereau pour le convaincre d'épargner les habitants de Lugo qui ne s'étaient guère montrés sensibles à ses conseils pacifiques. Cette politique modérée évitera bien des malheurs au diocèse d'Imola, mais n'empêchera pas le reste de l'Église catholique de continuer à vivre des moments dramatiques.

Contexte politique en Italie et dernières années de Pie VI

Le Directoire veut intervenir à Rome où il soutient les partisans d'une révolution et organise diverses provocations. À la nouvelle de la mort du général Léonard Duphot, agent du Directoire tué accidentellement par la gendarmerie pontificale, les Français tirent parti de cet évènement pour entrer dans les États pontificaux, le 11 janvier 1798, et pour occuper Rome. Le général Gaspard Monge part le 6 février pour la Ville Éternelle. Une révolution des partisans de la république y éclate le 15 février. La « République romaine » est proclamée « par le peuple », lors d'une réunion de ses partisans au Campo Vaccino (it).

Le pape Pie VI est d'abord contraint par la République française de renoncer à son pouvoir temporel et de se limiter à ses prérogatives spirituelles. Mais après maintes vexations, on le force à quitter Rome. Pie VI, qui a 80 ans, est enlevé du Quirinal dans la nuit du 19 au 20 février 1798. Après le renvoi de Masséna, Gaspard Monge fait toutes les nominations (sauf les finances).

Emmené à Sienne puis à la chartreuse de Florence (en juin 1798), Pie VI est prisonnier des troupes françaises. Sa déportation se poursuit successivement à Bologne, Parme, Turin, puis Briançon, Grenoble, et enfin Valence.

Malgré les bouleversements que connaissait alors la France, le pape octogénaire reçoit néanmoins de nombreuses marques de respect, de compassion et de communion dans la foi de la part des foules des villes et des campagnes françaises, tout au long de sa route, entre Briançon et Valence considéré comme le « Père commun des fidèles »[réf. souhaitée].

Celui que l'on surnommait il Papa bello, imposant et séduisant du temps des débuts de son pontificat, affable et cultivé, est désormais un vieillard que les épreuves ont brisé, presque impotent. Il meurt en prison à Valence, épuisé de tribulations, le 29 août 1799 dans sa 82e année. Certains pensaient qu'avec la mort du pape-prisonnier s'achèverait la « Papauté » comme institution. Cependant le pape avait laissé des instructions canoniques quant à la tenue du conclave qui suivrait sa mort.

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