Phoolan Devi (hindi : फूलन देवी) est une parlementaire indienne née le 10 août 1963 dans l'Uttar Pradesh à Gorha Ka Purwa, et morte assassinée le 25 juillet 2001 à New Delhi.
Son nom est aussi retranscrit Phûlan Devî ou Pulan Devi, mais c'est sous le surnom de « reine des bandits » qu'elle est le plus connue.
Née au sein d'une basse caste, Phoolan grandit dans la pauvreté et subit des sévices dès son enfance. Mariée à 10 ans à un homme de 33 ans, elle est violée pendant des mois avant que ses parents ne la récupèrent, mais devient une paria dans son propre village à cause de l'annulation du mariage.
Adolescente, elle est enlevée par un gang de bandits dacoïts, qui en font une des leurs. Elle épouse le leader du gang, mais celui-ci se fait abattre peu après par un gang rival. Violée par les assassins de son mari, elle forme un nouveau gang afin de se venger, ce qui lui vaut le surnom de « Robin des Bois indienne » dans la presse. Le point culminant de la violence dont elle fait preuve est atteint lors du massacre de Behmai où vingt-deux Rajputs sont exécutés.
Elle échappe à la police pendant deux ans avant de se rendre en 1983. Inculpée de quarante-huit chefs d'accusation, y compris assassinat multiple, pillage, incendie, enlèvement contre rançon, elle est emprisonnée pendant 11 ans en attendant un procès sans cesse repoussé. Le gouvernement de Mulayam Singh Yadav abandonne les charges contre elle et la libère en 1994. Élue membre du parlement (la Lok Sabha) au sein du Samajwadi Party en 1996, elle est abattue en 2001 à New Delhi par un ancien membre des Rajputs.
Une femme indienne de basse caste
Phoolan Devi naît au sein de la corporation des mallah, pêcheurs et bateliers considérés comme de basse caste, dans un petit village de l'Uttar Pradesh.
En 1974, à l'âge de 11 ans, elle est mariée par ses parents à un cousin de 33 ans. Selon la coutume, les fillettes mariées jeunes ont le droit de rester dans la maison de leurs parents jusqu'à l'âge de 16 ans. Malgré cela, les familles passent un accord selon lequel elle s'installe dans la maison de son mari immédiatement. Elle est aussitôt employée comme esclave domestique devant assurer des tâches épuisantes pour son âge. Son mari la bat et la viole. L'étable lui est réservée pour dormir. Elle s'y réfugie souvent pour quelques moments de répit.
Elle décide de s'enfuir avec l'aide d'un oncle pour retourner à son village. Cependant cette fuite lui fait perdre tout statut dans la société indienne qui étiquette les femmes ayant rompu leur mariage comme des prostituées dénuées de tous droits et reniées par leur famille. La solution traditionnelle proposée est la mort, classiquement en se jetant dans le puits du village.
Mais Phoolan Devi refuse son sort et se révolte. Quelques années plus tôt, un autre cousin nommé Mayadin avait construit sa maison sur un terrain que la famille de Phoolan utilisait pour y faire pousser quelques légumes. Phoolan âgée de 16 ans vient revendiquer ce terrain ce qui irrite Mayadin. Il la fait jeter en prison où elle est maltraitée et violée.
Plus tard, voulant se débarrasser d'elle pour de bon, son cousin engage une bande de dacoïts pour l'éliminer. Les bandits l'enlèvent mais sa présence entraîne des dissensions au sein de la bande, entre le chef, un thâkûr, de la classe des kshatriya, qui la viole et veut en faire son esclave, et le reste de la bande qui sont des mallah comme elle. Vikram, un des bandits, abat le chef et prend sa place. Devi et lui deviendront amants. Elle apprend de Vikram le métier de dacoït, et toujours aussi révoltée, devient la chef de fait de la bande. S'attaquant principalement aux thâkûr, des propriétaires terriens qui violent les femmes de basse caste sur leurs terres, elle devient bientôt célèbre dans tout l'État comme la défenseuse des opprimés. Beaucoup, dans le petit peuple, la considèrent comme un avatar de Dourgâ.
Un jour, Vikram est abattu par Shri Râm, un dacoït thâkûr offensé qu'un mallah puisse avoir atteint la notoriété. Il enlève Devi et l'emmène à Behmai un village de Thâkûrs. Là, Shri Râm et sa bande la violent collectivement pendant 23 jours de suite.
La cheffe de bande (1981-1983)
En 1980, Devi reprend la tête de sa bande. Elle ne vit plus que pour la vengeance. Le 14 février 1981, ayant entendu dire que Shri Râm était à Behmai, elle entre dans le village avec sa bande, tous habillés avec des uniformes de la police, monte sur le puits et avec un mégaphone, exige qu'on lui livre son tortionnaire, l'assassin de son amant. Le village est fouillé de fond en comble, mais probablement mal renseignée, Phoolan ne le retrouve pas. Elle aurait à ce moment fait abattre 22 personnes du village prises au hasard. C'est le plus grand massacre perpétré par des dacoïts depuis 30 ans. De plus, pour la culture indienne, il y a plusieurs circonstances aggravantes : toutes les victimes sont de classe supérieure, les exécuteurs sont de caste inférieure, le chef est une femme. Toute sa vie, Phoolan Devi niera avoir participé à cette action.
Elle est déclarée « ennemi public numéro un » mais devient, a contrario, l'héroïne du peuple. Des poupées à son effigie habillées en Durgâ sont vendues dans les marchés de la région.
La Première ministre Indira Gandhi promet sa capture mais Phoolan et sa bande connaissent parfaitement les ravines de la Chambal et profitent de leur situation au point de jonction de trois États, le Rajasthan, le Madhya Pradesh et l'Uttar Pradesh qui handicapent les forces de police, pourtant en nombre considérable. Ils restent introuvables. Après deux ans de cavale, Phoolan est en mauvaise santé et plusieurs hommes de la bande sont morts. En février 1983, elle accepte de se rendre aux autorités. Le gouvernement d'Indira Gandhi et Phoolan arrivent à un accord :
elle n'est pas condamnée à mort,
les membres de son gang n'auront pas plus de 8 ans de prison,