Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon, dit Philippe de Villiers, né le 25 mars 1949 à Boulogne (Vendée), est un entrepreneur, haut fonctionnaire, homme politique et écrivain français. Il est généralement associé au souverainisme de droite.
Ancien sous-préfet, il crée en Vendée, en 1978, le spectacle nocturne La Cinéscénie, puis un parc à thème, le Puy du Fou. Il quitte l'administration à la suite de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.
Membre de l'UDF, Philippe de Villiers exerce la fonction de secrétaire d'État à la Culture de 1986 à 1987, dans le gouvernement Chirac II. Il est ensuite député, président du conseil général de la Vendée et député européen. En 1989, avant la première édition du Vendée Globe, il fait adopter un changement de nom de Globe Challenge à Vendée Globe Challenge. En 2002, il contribue à la survie de la course, lorsque l'organisateur est placé en liquidation judiciaire.
Fondateur en 1994 et président du Mouvement pour la France (MPF), parti politique de droite souverainiste, Philippe de Villiers se présente aux élections présidentielles de 1995 et de 2007, obtenant respectivement 4,74 % et 2,23 % des suffrages exprimés.
En retrait de la vie politique les années suivantes, Philippe de Villiers devient une figure de la « droite hors les murs », comme ses amis Patrick Buisson et Éric Zemmour, militant pour une union des droites entre Les Républicains et le Rassemblement national. Lors de l'élection présidentielle de 2022, il apporte son soutien au candidat Éric Zemmour et rejoint son parti Reconquête. Depuis 2023, il est l'invité principal d'une émission hebdomadaire sur CNews, Face à Philippe de Villiers, durant laquelle il commente l'actualité.
Pendant son parcours politique et dans ses ouvrages, qui rencontrent régulièrement des succès en librairie, il défend les « racines chrétiennes de la France » et s'oppose à une « islamisation » qui affecte selon lui le pays. Plusieurs de ses propos font l'objet de nombreuses critiques et de controverses, notamment des accusations de contre-vérités, de complotisme, et d'homophobie.
Philippe Marie Jean Joseph Le Jolis de Villiers de Saintignon est le fils de Jacques de Villiers (1913-2000) et d'Hedwige d’Arexy (1925-2006). Il est notamment le frère de Bertrand, de Pierre, général d'armée qui a été chef d'état-major des armées de 2014 à 2017, et d'Emmanuel. Il descend, en lignée féminine, du général Pierre François de Rougé, dit le « marquis de Rougé » — premier officier supérieur français à signer un traité humanitaire au nom du roi Louis XV, en 1749 — et du roi Louis XIII.
Marié en 1973 à Dominique de Buor de Villeneuve, Philippe de Villiers est père de sept enfants : trois fils et quatre filles. Deux de ses filles sont religieuses. Une autre est assistante parlementaire (d'abord auprès de Bruno Retailleau au Sénat puis pour les députés MPF à l'Assemblée nationale). Son fils Nicolas dirige le Puy du Fou. Son troisième fils, Laurent de Villiers, installé aux États-Unis, a notamment déposé plainte pour viol contre son frère aîné Guillaume. Dans cette affaire, un non-lieu est rendu le 17 décembre 2010 par la Cour d’appel de Versailles, mais la Cour de cassation annule cette décision l'année suivante. La Cour d'appel de Lyon prononce à son tour un non-lieu le 2 octobre 2012 et la Cour de cassation clôt définitivement le dossier en n'annulant pas ce deuxième non-lieu le 11 mars 2014 pour défaut de charges suffisantes.
Études et carrière professionnelle
Après des études primaires à l'école catholique de Boulogne, et des études secondaires au collège Saint-Joseph de Fontenay-le-Comte, Philippe de Villiers obtient une maîtrise de droit public à l'université de Nantes en 1971, puis le diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris (IEP, promotion 1972, section Service public). Élève de l'ENA de 1976 à 1978 (promotion Pierre-Mendès-France), après un stage à la préfecture de la Corrèze, il y fonde avec son camarade de promotion Georges Berthu le syndicat ENA-Indépendance, pour tenter de briser « le consensus social-démocrate réalisé autour de la toute puissante CFDT ».
Il intègre le corps préfectoral à la sortie de l'école et est nommé directeur de cabinet du préfet de Charente-Maritime. Entre-temps, il aurait été brièvement proche de la Nouvelle Action royaliste, branche dissidente de la Restauration nationale.
En 1978, il est à l'origine du spectacle du Puy du Fou, sur le site du château du même nom, que le conseil général de Vendée achète au prix du terrain (800 000 francs pour 30 hectares)[réf. nécessaire]. Il y met en scène une « cinéscénie », qui devient rapidement l'un des plus grands spectacles son et lumière de France. Selon l'historienne Valérie Sottocasa, il y est exalté « le mythe d'un âge d'or durant lequel nobles et gens du peuple auraient été soudés par un même idéal communautaire, image qui ne reflète pas la réalité de l'époque » mais « qui a servi jusqu'à nos jours à consolider une culture politique dont témoignent les commémorations du Puy-du-Fou, sans doute les plus spectaculaires du genre ». Tous les vendredis et samedis soir d'été, des bénévoles et des professionnels retracent l'histoire de la Vendée et du château du Puy du Fou. On y voit notamment des scènes du conflit vendéen lors de la période de la Révolution française. Le spectacle est un succès populaire. Il accueille un million de spectateurs par an et est doublé depuis 1989 d’un parc d'attractions (« Le Grand Parc ») doté de nouveautés chaque année. Le succès du spectacle lui vaut d'apparaître en février 1984 dans l'émission de télévision de divertissement économique Vive la crise ! comme un exemple de réponse à la crise économique par l'esprit d'entreprise.
Sous-préfet de Vendôme (Loir-et-Cher), il demande une mise en disponibilité au lendemain de la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de mai 1981, pour ne pas servir un pouvoir de gauche avec lequel il se dit en profond désaccord. Il devient alors délégué général de la Chambre régionale de commerce et d'industrie des Pays de la Loire.
En novembre 1981, tirant profit de la décision de François Mitterrand d'autoriser les radios libres, il crée aux Herbiers la station Alouette FM, avant d'en laisser la présidence à son frère Bertrand. En 1982, il fonde Alouette Hebdo. Au milieu des années 1980, il démissionne de l'administration après avoir créé en 1984 à Nantes, avec Olivier Guichard, le président du conseil régional des Pays de la Loire, une école privée de communication, SciencesCom, initialement fondée sous l'appellation « Fondation pour les arts et les sciences de la communication ».
En 1993, il inaugure un mémorial aux Lucs-sur-Boulogne en l'honneur des 564 victimes civiles enfermées dans une église qui a été incendiée par les colonnes infernales républicaines, pendant les guerres de Vendée (1793-1796).
Supporter de longue date des « Canaris », Philippe de Villiers est sollicité en mai 2005 pour la présidence du FC Nantes, mais décline cette offre « informelle », en invoquant, selon 20 Minutes, un emploi du temps déjà très chargé.
Adhérent du Parti républicain (PR) à partir de 1985, Philippe de Villiers se présente aux élections législatives de mars 1986. Candidat en quatrième position sur la liste « Union pour la Vendée », alliance du Rassemblement pour la République (RPR) et de l'Union pour la démocratie française (UDF) qui obtient trois élus, il devient suppléant à l'Assemblée nationale.
Secrétaire d'État à la Culture