Ce Jour-là

Philippe Sollers

Écrivain français

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Philippe Sollers est un écrivain français né le 28 novembre 1936 à Talence (Gironde) et mort le 5 mai 2023 à Paris.

Après des débuts littéraires salués par François Mauriac et Louis Aragon, Philippe Sollers anime de 1960 à 1982 la revue d'avant-garde Tel Quel, dans laquelle sont publiés des intellectuels et écrivains français tels que Roland Barthes ou Marcelin Pleynet. Auteur de textes critiques et de littérature expérimentale dans les années 1970, il publie également des ouvrages romanesques à compter de Femmes, dans les années 1980. Il dirige à partir de 1983 la revue et la collection L'Infini aux éditions Gallimard.

Il se marie en 1967 avec la philosophe et psychanalyste Julia Kristeva.

Famille, jeunesse et formation

De son vrai nom Philippe Joyaux, il naît à Talence d'Octave Joyaux et de Marcelle Molinié. Sa famille dirige la société Joyaux Frères, la ferblanterie Recalt qui produit du matériel de cuisine, de construction métallique, des machines-outils pour la SNCASO sous l'occupation allemande.

Après des études au lycée de Talence (nommé lycée Victor-Louis en 1967) de la 6e 1A en 1946-1947 jusqu'à la 1re 1B en 1951-1952, il déménage à Paris en 1955 pour faire ses études supérieures au lycée Sainte-Geneviève de Versailles puis à l'ESSEC, qu'il quitte en fin de première année pour s'inscrire en lettres à la Sorbonne. Délaissant sa scolarité, il rencontre Francis Ponge lors des conférences de ce dernier à l'Alliance française et commence à fréquenter les milieux littéraires parisiens.

Certaines « notices d'autorité »[Lesquelles ?] suggèrent qu'il aurait utilisé comme pseudonyme « Philippe Diamant », mais on n'a connaissance d'aucun texte signé Philippe Diamant. C'est toutefois le nom que Sollers a donné au narrateur de son roman Portrait du joueur, qui est largement autobiographique.

En 1957 paraît Le Défi, son premier texte, dans la revue Écrire dirigée par Jean Cayrol aux éditions du Seuil. En 1958, il accède à la célébrité en publiant son premier roman, Une curieuse solitude. Ses premières œuvres, de facture classique, suscitent alors des critiques élogieuses de la part de François Mauriac et de Louis Aragon, « le Vatican et le Kremlin », dira-t-il.

En 1960, Philippe Sollers participe à la fondation de la revue Tel Quel au Seuil et en devient rapidement le principal animateur, avec notamment Jean-Pierre Faye, qui participera à son comité de rédaction de 1963 à 1967, et qui rompra avec Sollers afin de fonder la revue Change, point de départ d'une polémique qui agitera le milieu des intellectuels de gauche durant plusieurs années et à laquelle participera Catherine Claude. Les textes publiés dans la revue revisitent les œuvres de nombreux auteurs, dont certains sont méconnus ou controversés : Lautréamont, Dante, Artaud, Bataille, Joyce, Derrida, Foucault ou encore Barthes.

En 1962, pour éviter d'être mobilisé en Algérie, Philippe Sollers simule la schizophrénie et reste pendant trois mois sous observation à l'hôpital militaire de Belfort. Il sera réformé après l'intervention du ministre André Malraux.

En parallèle, délaissant le style classique de son premier roman, Philippe Sollers publie, en 1961, Le Parc (pour lequel il reçoit le prix Médicis), puis L'Intermédiaire en 1963. Ses travaux romanesques suivants témoignent d'une recherche stylistique marquée par l'abandon des structures narratives traditionnelles, par l'influence de la culture chinoise et par l'exploration des limites de l'écriture et de l'abstraction. Cela le conduit, dans un premier temps, à écrire des textes structurés de façon rationnelle. Ainsi, Drame (1965) est construit selon une structure de 64 sections, analogue à celle de l’échiquier et du yi jing. Poursuivant dans cette veine, Nombres (1968) est un texte découpé en 25 cycles successifs de quatre séquences, rappelant la structure d'un carré en perpétuelle rotation.

Dans un second temps, son écriture évolue vers une tendance à l'éclatement des structures avec Lois (1972), qui explore les rapports du langage, de l'histoire et de l'inconscient. Cette œuvre est, en particulier, très marquée par l'influence de Finnegans Wake de James Joyce, dont Sollers traduit à la même époque des passages avec Stephen Heath.

Fasciné par la scansion des textes religieux (en particulier de la Bible), il en vient à abandonner toute ponctuation visible pour libérer son expression avec H (1973) et réfère à Ezra Pound qui, selon lui, est allé au-delà de l'écriture automatique. Dans la foulée, il entame, à partir de 1974, la rédaction continue de Paradis, qui paraît sous la forme d'un feuilleton dans Tel Quel jusqu'en 1982. Ce roman, considéré par beaucoup comme l'œuvre majeure de Sollers, se présente comme une « machine » capable d'enregistrer et retranscrire « tout ce qui est dit » à l'heure post-moderne. Paradis 1 est publié en 1981, suivi de Paradis 2 en 1986. Sollers travaille sa diction pour des lectures publiques de Paradis. En 2000, il déclare, au cours d'un entretien, que la rédaction de cette œuvre est toujours en cours.

Engagements et intérêt pour la Chine

Selon Philippe Sollers, son intérêt pour le marxisme date de 1966, première année de la révolution culturelle en Chine. À la fin des années 1960, il s'engage aux côtés du Parti communiste français. Le 29 mai 1968, il participe à la manifestation de la CGT, aux côtés notamment de Louis Aragon, Elsa Triolet, Jean-Luc Godard et d'une grande partie du comité de rédaction de Tel Quel. En mars 1969, il intervient à la Semaine de la pensée marxiste sur le thème « Les intellectuels, la culture et la révolution » et fait partie du comité national de soutien à la candidature de Jacques Duclos lors de l'élection présidentielle qui se tient cette même année.

Au printemps 1971, il fait paraître aux éditions du Seuil l'ouvrage De la Chine, écrit par Maria Antonietta Macciocchi, dont Louis Althusser lui a transmis le manuscrit. Cette journaliste, membre du Parti communiste italien, a écrit le livre à l'issue d'un voyage de trois semaines en république populaire de Chine. Elle y vante les « mérites » du maoïsme et la « réussite » de la révolution culturelle. Sollers voit dans De la Chine « non seulement un admirable témoignage sur la Chine révolutionnaire, mais encore une source d'analyses théoriques qu'il serait illusoire de croire refoulées. […] C'est la puissance et la vérité du "nouveau" lui même. » Le 11 septembre 1971, il rompt avec le Parti au motif que celui-ci a refusé que De la Chine soit vendu à la fête de l'Humanité.

Dans le no 45 de la revue Tel Quel, Sollers commente les « quatre essais philosophiques » de Mao :

« Notre thèse est qu’ils constituent par rapport à la ligne massive des textes de Marx, Engels, Lénine un "bond en avant" considérable et complètement original de la théorie matérialiste dialectique. »

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