Philippe Rondot, né le 5 octobre 1936 à Nancy et mort le 26 décembre 2017 à Fléty, est un général de division français.
Il est un « vétéran » du renseignement français, sous le pseudonyme ou alias de « Max ». Saint-Cyrien et ancien commando parachutiste, il est docteur en sociologie politique des relations internationales. Il a travaillé successivement pour la DGSE et pour la DST, deux services traditionnellement rivaux ; il fut le conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales (CROS) de différents ministres de la Défense, de droite ou de gauche (Alain Richard, Pierre Joxe et Michèle Alliot-Marie). Spécialiste du monde arabe, il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le Moyen-Orient et d'articles parus dans le journal Le Monde ; il fut aussi membre de l'IFRI.
Il est le principal auteur de l'arrestation du terroriste Carlos au Soudan en 1994.
De nombreux commentateurs soulignent son sens du service et de l'éthique.
Né en 1936 à Nancy, Philippe Rondot est le fils du général Pierre Rondot et de Fanny Éliane Fradet. Il entretient une relation amicale avec Gérard de Villiers, l'auteur des romans d'espionnage SAS, au point que le personnage de Robert Correll, dans le roman Le Chemin de Damas, pourrait avoir été inspiré par Philippe Rondot.
En 1958, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Cette même année, son père publie L'islam et les Musulmans d'aujourd'hui. De 1960 à 1962, il opère dans un commando de chasse durant la guerre d'Algérie. Philippe Rondot entre en 1965 dans les services spéciaux, où il est officier au service action du SDECE (l'ancêtre de la Direction générale de la Sécurité extérieure).
En 1975, durant la guerre froide, alors qu'il est capitaine et chef de poste adjoint du SDECE à Bucarest, il aurait disparu pendant trois jours sans donner le moindre signe de vie. Or un agent dans sa position est censé rendre compte de son emploi du temps heure par heure. Qui plus est, il n'a pas signalé sa participation à un cocktail où son radio a avoué avoir été approché par la Securitate, la police politique roumaine. Rondot aurait ensuite été « mis en sommeil ». Soupçonné d'avoir été surpris par les services roumains en situation compromettante ou même d'avoir été « retourné », il subira un interrogatoire mené par le colonel André Camus (décédé en 1987), chef du département « P » (chargé de « débriefer » les « tauPes »), lequel aurait déclaré plus tard à Pierre Siramy (ancien cadre DGSE entré en 1984 dans ce service) qui le rapporte dans ses mémoires, que Rondot avait été « approché » par la Securitate pendant son « absence ». Les services roumains auraient disposé de trois photos pour le faire chanter. Ce serait faute d’avoir pu justifier cette absence qu'il aurait dû rapidement quitter le SDECE. Il a pu faire l'objet d'un règlement de comptes interne ; il aurait, simplement, égaré ses clés d'appartement et dormi à l'hôtel ; ou encore, passé trois jours avec sa future épouse.
Quarante-cinq ans plus tard, des archives transmises par les services roumains viendront finalement le laver des soupçons qui avaient pesé sur lui à l'époque[réf. nécessaire].
À l'issue de cet épisode, il rejoint le Centre d'analyse et de prévisions du ministère des Affaires étrangères, dirigé par Jean-Louis Gergorin. Il y fait la connaissance de Dominique de Villepin. Officiellement, il est détaché au Centre d'études de politique étrangère et chargé de mission au Centre des hautes études. En mars 1980, il soutient une thèse de doctorat de sociologie en relations internationales, issue de ses travaux sur « les projets de paix arabo-israéliens », sous la direction de Jacques Vernant.
Il rejoint la DST en 1981. De nouveau, il y accomplit différentes missions spéciales, en particulier en Irak et au Liban. Le directeur de la DGSE Pierre Marion refuse sa réincorporation en 1982. De 1983 à 1984 il est auditeur de la session nationale à l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) . En 1986, il aurait joué un rôle important dans la libération des otages français au Liban. En août 1991, il exfiltre personnellement le général Michel Aoun de l'ambassade de France à Beyrouth.[réf. nécessaire]
Entre 1991 et 1993, il participe à la création de la Direction du Renseignement militaire (DRM) au cabinet du ministre de la Défense Pierre Joxe. Il participe à la libération de plusieurs otages en Libye et, ultérieurement, en Irak. En 2001 et 2002, il est chargé d'identifier les auteurs d'une enquête de la DGSE et/ou de la DST sur des comptes bancaires supposés de Jacques Chirac au Liban et au Japon. La DGSE se serait contentée de recueillir les déclarations d'un correspondant au Japon. En juillet 2002, les résultats de cette enquête conduisent au remplacement de Jean-Claude Cousseran par Pierre Brochand à la tête de la DGSE et de Jean-Jacques Pascal par Pierre de Bousquet de Florian à la tête de la DST.[réf. nécessaire]
Philippe Rondot est chargé de la coordination du renseignement au cabinet du ministère de la Défense de 1997 au 31 décembre 2005, date de sa retraite. Il était à ce titre le « conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales » (CROS) du ministre de la Défense Alain Richard puis de Michèle Alliot-Marie.
Philippe Rondot est mort le 26 décembre 2017 à l'âge de 81 ans et a été inhumé le 30 décembre à Fléty, dans la Nièvre.
Libération de la famille Valente
En 1990, il œuvre pour faire libérer cette famille franco-belge, retenue en otage par l'organisation terroriste palestinienne Abou-Nidal.
Philippe Rondot commence à traquer le terroriste international en 1975. La mission en cours est stoppée à la demande de Valéry Giscard d'Estaing. En 1994, il est le principal acteur de la capture du terroriste Ilich Ramírez Sánchez (dit Carlos) au Soudan (Carlos a porté plainte contre lui, le 28 juin 2006, pour « enlèvement et séquestration »).
En 1996, il négocie activement pour tenter de faire libérer les sept moines du monastère de Tibhirine, en Algérie, qui sont finalement assassinés. Il participe activement à renforcer les relations entre les services algériens et français.
Recherche des criminels de l'ex-Yougoslavie