Ce Jour-là

Philippe Quinault

Dramaturge français

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Philippe Quinault, né le 3 juin 1635 à Paris et mort le 26 novembre 1688 à Paris, est un poète, auteur dramatique et librettiste français.

Né à Paris (et non à Felletin comme parfois indiqué), rue de Grenelle-Saint-Honoré où son père était établi maître boulanger, bourgeois de Paris, Philippe Quinault fut pris en affection par Tristan L'Hermite, qui lui donna la même éducation qu’à son propre fils.

On trouve un monument en hommage à Philippe Quinault à Felletin, dans le département de la Creuse, sur lequel il est indiqué, à tort, qu'il est né dans cette ville. Cette légende serait due à un texte autobiographique, aujourd'hui perdu, L'Amour sans faiblesse, d'après lequel Boscheron le décrit natif de Felletin dans une version manuscrite. La découverte de l'acte de baptême à Paris a mis un terme à cette légende.

Il n’avait que dix-huit ans lorsqu’on joua au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne sa première comédie, les Rivales, en cinq actes (1653). Tristan l’a lue, comme de lui, aux acteurs, qui lui en ont offert cent écus. Quand ils connurent l’âge de l’auteur, ils retirèrent leur proposition, mais ils consentirent à accorder le neuvième de la recette, tous frais déduits. C’est l’origine de la « part d’auteur ». La pièce réussit, et Quinault donna l’année suivante deux comédies et une tragi-comédie.

Cependant, jugeant sage de ne pas se limiter au théâtre, Quinault étudia le droit, de telle sorte qu’il put se donner le titre d’avocat au Parlement, lors de son mariage, en 1660, avec une riche veuve. La dot de sa femme lui servit à acheter une charge d’auditeur à la Cour des comptes.

Le succès de la tragédie d’Agrippa ou le faux Tibérinus (1660), et surtout celui de la tragédie d’Astrate (1663), ainsi que de la comédie intitulée la Mère coquette (1665), établirent sa réputation. Le roi lui fit une pension de deux mille livres. L’Académie française l’admit en 1670. Il devint aussi membre de l’Académie des inscriptions en 1674.

C’est seulement en 1671 que Quinault débuta dans le genre qui devait l’illustrer, par les intermèdes de Psyché. À partir de cette époque jusqu’en 1686, il fut le collaborateur de Lully à la demande de qui il écrivit plusieurs livrets d'opéra créant avec celui-ci le genre spécifiquement français de la tragédie lyrique. Cette collaboration ne fut interrompue que pendant deux ans (1677-1678), Madame de Montespan humiliée d'avoir été comparée à la jalouse Junon dans l'opéra Isis, obtint du Roi la mise à l'écart temporaire du librettiste. Quinault, arrivé au moment exact où l’opéra devenait à la mode hors d’Italie, n’a pas peu contribué à l’établir définitivement comme genre artistique européen. Lully lui payait quatre mille livres pour chaque pièce, disant que Quinault était « le seul qui pût l’accommoder, et qui sût aussi bien varier les mesures et les rimes dans la poésie, qu’il savait lui-même varier les tours et les cadences en musique. » Le poète sut sans doute plier ses vers aux caprices du musicien et les transformer suivant les besoins de la mélodie, ce à quoi La Fontaine faisait allusion, lorsque, s’étant décidé à écrire un opéra pour Lully, il dit de ce dernier : « Bref, il m’enquinauda. »

Après la mort de Lully en 1687, Quinault, pris de scrupules religieux, renonça au théâtre et se livra à la composition d’un poème intitulé l’Hérésie détruite, qu’il n’eut pas le temps d’achever, et qui commençait par ces vers :

Je n’ai que trop chanté les jeux et les amours ;

Sur un ton plus sublime il faut nous faire entendre :

Je vous dis adieu, muse tendre,

Et vous dis adieu pour toujours.

Contesté par Boileau, La Fontaine et Racine, seul Charles Perrault l’a soutenu. Quand Boileau lança ses traits contre Quinault, celui-ci n’avait fait encore aucun de ses opéras. C’est à l’auteur tragique que s’adresse le fameux vers de la deuxième satire :

La raison dit Virgile, et la rime Quinault.

En le répétant dans la satire du Repas ridicule, qui est de 1665, Boileau se moque d’Astrate qui se caractérise par la faiblesse des caractères et la langueur du dialogue. Cette tragédie qui n’est pas la meilleure de l’auteur eut pourtant un succès extraordinaire. Ses comédies furent aussi d’une grande faiblesse jusqu’à la Mère coquette, qui, sans s’élever beaucoup, offre des détails agréables, une touche naturelle, et s’est soutenue longtemps au théâtre. Du reste, Boileau, dans la préface de plusieurs éditions de ses œuvres (1683, 1694), est revenu sur ses attaques en disant : « J’étais fort jeune quand j’écrivis contre M. Quinault, et il n’avait fait aucun des ouvrages qui lui ont fait depuis une juste réputation. » En 1687, il écrit à Racine : « Dites bien à M. Quinault que je lui suis infiniment obligé de son souvenir. Vous pouvez l’assurer que je le compte présentement au rang de mes meilleurs amis et de ceux dont j’estime le plus le cœur et l’esprit. » Ce n’est donc plus à Quinault, mais à l’opéra, genre peu goûté de Boileau, que se rapportent, en 1693, les sévérités de la dixième satire contre

… ces lieux communs de morale lubrique.

Que Lully réchauffa des sons de sa musique.

De tous les poètes qui ont composé des opéras, sans en excepter Métastase, Quinault est peut-être celui qui fut le mieux doué pour ce genre et ses pièces restent les modèles d’un genre.

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