Ce Jour-là

Philippe Noiret

Acteur français

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Philippe Noiret, né le 1er octobre 1930 à Lille et mort le 23 novembre 2006 à Paris 7e, est un acteur français.

Considéré comme l'un des grands acteurs du cinéma français, Philippe Noiret joue dans des films attirant en salles un total de plus de 116 millions de spectateurs, ce qui fait de lui l'un des acteurs ayant enregistré le plus d'entrées en France.

Il reçoit de nombreux prix en France et à l'étranger, dont deux César du meilleur acteur : en 1976 pour Le Vieux Fusil et en 1990 pour La Vie et rien d'autre. Bien que n'étant pas formé au Conservatoire de Paris, il est toutefois membre de la « bande du Conservatoire » créée au début des années 1950.

Philippe Noiret est issu d'une famille de la petite bourgeoisie provinciale. Son père, Pierre Georges Noiret, originaire de Picardie, est vendeur de faux-cols dans une grande maison de confection, les Établissements Sigrand. Il est passionné de littérature, de textes d'auteurs et de poésie. Sa mère, Lucy Clémence Ghislaine Heirman, d'origine belge, est femme au foyer. Dans son enfance, Philippe reçoit une éducation catholique.

Après de multiples déplacements (Lille, Boulogne-sur-Mer, Berck, Lyon et même le Maroc entre 1936 et 1938), Philippe Noiret passe son enfance à Toulouse dans le Languedoc, région à laquelle il est resté très attaché.

Il étudie au lycée Janson-de-Sailly dans le 16e arrondissement de Paris, d'où il est exclu, puis, en septembre 1945, au collège de Juilly, en Seine-et-Marne. Vivant mal son état de cancre, il chante à la chorale de la Cigale, filiale des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, avec laquelle il se produira à la Basilique Saint-Pierre de Rome, à Pâques en 1949. Il enregistre aussi un disque comme chanteur, sous la direction de François Vercken.

À l'imitation de camarades d'ascendance aristocratique avec lesquels il étudie, il obtient pour présent de ses parents, qui vendent leurs alliances pour la lui payer, une chevalière armoriée.

C'est également au collège de Juilly que l'un de ses professeurs, père oratorien, lui révèle sa vocation de comédien. Afin de tester ses aptitudes, le Père Louis Bouyer lui propose de mettre en scène des pièces de théâtre, invitant Julien Green et Marcel Jouhandeau aux représentations. Ces deux derniers écrivains confirment le potentiel de Philippe Noiret pour le métier de comédien.

En 1949, ayant échoué trois fois au baccalauréat, il abandonne ses études et s'inscrit aux cours d'art dramatique de Roger Blin à Paris, à l'association de l'Éducation par le jeu dramatique (EPJD), fondée par Jean-Marie Conty. Puis il se forme au Centre dramatique de l'Ouest, où il rencontre Jean-Pierre Darras.

En 1962, Philippe Noiret épouse la comédienne Monique Chaumette, rencontrée au Théâtre national populaire. Ils ont une fille, Frédérique Noiret (née le 25 mai 1960) qui est assistante de direction de tournage de cinéma et scénariste. Il est le grand-père de Déborah Grall, également comédienne et n'a pas connu son arrière-petite-fille, Lou, née en 2013.

En 1953, Philippe Noiret entre au Théâtre national populaire (TNP) après une audition devant Gérard Philipe, Jean Vilar étant absent. Durant sept ans, il connaît la vie de troupe de théâtre, interprétant plus de quarante rôles des grands classiques (Le Cid de Pierre Corneille en 1953, Macbeth de William Shakespeare en 1954, Dom Juan de Molière en 1955, Le Mariage de Figaro de Beaumarchais en 1956, Le Malade imaginaire en 1957 ou L'École des femmes de Molière en 1958).

Avec la troupe, « composée alors, entre autres, de Jeanne Moreau, Silvia Monfort, Laurence Badie, Anne Caprile et Jean Négroni », il se produit notamment au Théâtre national de Chaillot et au Festival d'Avignon, créé par Jean Vilar.

Il quitte le TNP en 1960 pour jouer dans la pièce de théâtre Château en Suède de Françoise Sagan, sous la direction d'André Barsacq, au Théâtre de l'Atelier. Dans le même temps, il interprète avec succès au cabaret un duo comique d'actualité politique avec Jean-Pierre Darras (à l'Écluse, aux Trois Baudets, à la Villa d'Este et à l'Échelle de Jacob). À travers leurs personnages de Louis XIV et de Jean Racine, les deux comédiens se moquent de la politique du général de Gaulle et de Michel Debré ou d'André Malraux.

De plus en plus sollicité par le cinéma à partir des années 1960, il abandonne le théâtre pendant trente ans, jusqu'à son retour en 1997 dans Les Côtelettes, de Bertrand Blier, où il joue le rôle « d'un pauvre mec de gauche qui se retrouve en train de glisser à droite ». La pièce est jugée sévèrement par la critique, mais est un succès public.

S'ensuivent L'Homme du hasard de Yasmina Reza, aux côtés de Catherine Rich en 2001, Les Contemplations en 2002 où, seul en scène, il se livre à la lecture du texte de Victor Hugo, et enfin Love Letters d'Albert Ramsdell Gurney avec Anouk Aimée en 2005, correspondance épistolaire de deux personnages durant toute leur vie. Ces pièces sont autant de succès critiques et publics.

Les années 1950-1960 : premiers succès

Formé au théâtre, Philippe Noiret n'envisage pas à ses débuts de faire une carrière au cinéma. Il fait une première figuration dans le film Olivia (1951) : on peut l'apercevoir très brièvement en arrière-plan dans la scène du salon de thé.

Sa première véritable expérience cinématographique a lieu en 1955, dans la première réalisation d'Agnès Varda, La Pointe courte. À la dernière minute, il prend la place de Georges Wilson, tombé malade. Il est alors très marqué de se voir pour la première fois à l’écran (marchant de dos), ressentant un certain malaise du fait de son physique, malaise qu'il surmontera lorsqu'il tournera avec Jean Gabin.

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