Ce Jour-là

Philippe Liewer

Agent français du Special Operations Executive (1911-1950)

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Philippe Liewer (Paris, 10 mars 1911 - Casablanca, 15 février 1950) fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, un agent français du Special Operations Executive.

Nom : Charles Geoffrey Mark Staunton

Nom de guerre (field name) : « Clément » puis « Hamlet »

Nom de code opérationnel : SALESMAN (en français VENDEUR)

Autres pseudos : Marcel Lejeune (en septembre 1941) ;

Parcours militaire : SOE, section F ; grade : major.

Philippe Liewer naît le 10 mars 1911, à Paris. Il est le fils de Jacques et de Mathilde Léon.

Avant la guerre, il est journaliste à l'Agence Havas. En 1938, lors de la conférence de Munich, il est expulsé par Hitler parce qu'il est Juif. En 1940, il participe à la campagne de Norvège (Narvik).

Première mission en France (1941-1942)

Le 6 octobre, George Langelaan est arrêté au café Le Faisan, à Châteauroux. Il reconnaît être chargé d’accomplir en France une mission de renseignement et de propagande, d’avoir pressenti Philippe Liewer et d’avoir utilisé ses services. Le 11 octobre, Liewer est arrêté à son domicile, à Antibes, par la police française.

Philippe Liewer fait partie du groupe d’agents du SOE emprisonnés successivement à Marseille, à Périgueux, puis à partir du 10 mars 1942 au camp de Mauzac.

Selon un plan mûrement élaboré, les onze agents du SOE parviennent à s’échapper dans la nuit du 15 au 16 juillet 1942 (voir l'article évasion de Mauzac) et vont rentrer à Londres (voir l'article évasion de Mauzac). Le 17 septembre, Philippe Liewer, alias Staunton, arrive à Londres. Il suit l’entraînement, il est « commissionné », puis se déclare volontaire pour repartir en mission en France.

Définition de la mission : établir un réseau dans le secteur de Rouen et du Havre. Son nom de guerre est « Clément ».

Dans la nuit du 14 au 15 avril, Philippe Liewer et Gabriel Chartrand « Dieudonné » sont déposés par Lysander sur le terrain BRONCHITE, près d’Amboise, et réceptionnés par Henri Déricourt. À la fin du mois mai, après de nombreux faux départs, le contact est établi avec Rouen grâce à Mme Micheline, propriétaire d’un magasin de vêtements à Paris, qui possède une succursale à Rouen. Le 7 juin, le réseau SALESMAN s’établit, principalement par l’intermédiaire de chef local, Jean Sueur. Philippe Liewer est logé par la famille Francheterre, jusqu’à la fin de cette deuxième mission. Le 19 juillet, Isidore Newman arrive par Lysander comme opérateur radio du réseau. Le 23 août, Bob Maloubier « Paco » remplace Gabriel Chartrand, qui est transféré au réseau BUTLER dans la Sarthe et retournera en Angleterre début décembre. Il vient comme instructeur en armement pour le réseau de Rouen.

Rappel à Londres (février - mars 1944)

Philippe Liewer est rappelé à Londres. Dans la nuit du 4 au 5 février, un avion Hudson le ramène. Il emmène avec lui Bob Maloubier qui a été blessé par une balle allemande. Ils apportent des renseignements cruciaux sur les armes V. Il rend un rapport complet sur la situation de la Seine-inférieure.

Immédiatement après son départ, commence une série d’arrestations : le 1er mars, un groupe des environs de Dieppe est arrêté, l'un des membres fournit le mode de passe et l'adresse de la boîte aux lettres principale du réseau, le magasin « Micheline » tenu par les époux Sueur à Rouen, 74 rue des Carmes. Une souricière est tendue. Le 8 mars, Claude Malraux, le second de Philippe Liewer à Rouen, est arrêté. Dans la nuit du 8 au 9, le Dr Delbos et son épouse sont arrêtés à Deville Les Rouen. Le 9, Isidore Newman est arrêté, ainsi que Mme Devaux qui l’avait épaulé pendant huit mois. D'autres arrestations ont lieu à Rouen et dans les communes avoisinantes. Le 10, Jean et Florentine Sueur, gérants du « Magasin Micheline » et membres actifs du réseau sont arrêtés à leur tour, ainsi qu’Émile Savoye, chef du groupe de Louviers gérant les parachutages. Le 11, Roger Mayer « Jean-Pierre », le chef du groupe du Havre est arrêté et torturé par la Gestapo. Le 14 mars, les frères Raoul et Henri Boulanger, chefs du maquis des Diables Noirs à Saint-Denis-le-Thiboult et spécialisés dans les réceptions de parachutages d'armes sont arrêtés avec d'autres membres de leur groupe ; les épouses Boulanger seront arrêtées le 31 du même mois.

En tout, 98 membres des organisations de Rouen et du Havre sont pris et déportés en Allemagne, via Compiègne pour les hommes, et après internement à Romainville pour les femmes. La moitié mourra en déportation. Le réseau est pratiquement réduit à néant, à l’exception des groupes spécialement créés pour agir au jour J, qui n’ont pas été touchés.

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