Ce Jour-là

Philippe Labro

Journaliste, écrivain, réalisateur, homme de médias et parolier français

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Philippe Labro, né le 27 août 1936 à Montauban (Tarn-et-Garonne) et mort le 4 juin 2025 à Paris, est un journaliste, homme de médias, présentateur audiovisuel, écrivain, réalisateur, scénariste, et parolier français.

Il a occupé plusieurs postes de direction à la radio RTL. Il débute à la télévision à l'ORTF dans les années 1960. Il a notamment été journaliste pour TF1 et présenté le journal télévisé sur Antenne 2 en 1981-1982. Après un passage sur France 3 au début des années 2000, il lance le 31 mars 2005, avec Vincent Bolloré, la chaîne de télévision Direct 8, qui devient ensuite D8 puis C8 et où il présente des émissions politiques, sociétales et culturelles jusqu'à l'arrêt de la chaîne le 1er mars 2025.

Écrivain, il est l'auteur de plus d'une vingtaine d'ouvrages littéraires. Cinéaste, il dirige à deux reprises Jean-Paul Belmondo et réalise durant les années 1970-1980 sept films pour le grand écran. Parolier, il a notamment écrit une trentaine de chansons pour Johnny Hallyday.

Dans son roman d'apprentissage autobiographique Le Petit Garçon, Philippe Labro met en scène ses souvenirs d'enfance. Ses parents, Jean-François et Henriette Labro, donnent naissance à quatre garçons et trois filles. Il était le frère de l'architecte Jacques Labro. Son père est venu de Montauban, dans les années 1920, à Paris, où il ouvre un cabinet de conseil juridique et fiscal, et fait fortune. Il y rencontre une jeune fille de vingt ans, Henriette Carisey, fille naturelle d’un noble polonais et d’une institutrice française qui, selon Philippe Labro, a eu une vie romanesque. Henriette Carisey est la sœur d’Henri Magny.

Il épouse Henriette un an après leur rencontre. Pressentant la Seconde Guerre mondiale, Jean-François Labro décide de retourner au pays et installe sa famille dans une villa de Montauban. Bien qu'un officier SS de la division Das Reich ait réquisitionné le premier étage de leur maison pour s'y loger, ses parents y cachent des Juifs, notamment la famille de Maurice Bernart. Le 13 août 2000, le mémorial d'Yad Vashem décerne à Jean-François et Henriette Labro le titre de Juste parmi les nations.

En 1948, Jean-François Labro réinstalle sa famille à Paris pour offrir à ses enfants de bonnes écoles, le lycée Janson-de-Sailly pour Philippe, qui y montre uniquement des aptitudes pour la littérature et le sport. Il y rencontre comme condisciple, Jean-Loup Dabadie. À 15 ans, Philippe Labro remporte un concours de journalisme parrainé par Le Figaro et devient rédacteur en chef du Journal des jeunes. En 1954, alors qu'il a échoué au baccalauréat et doit redoubler, il obtient, à 18 ans, une bourse Zellidja qui lui permet d'étudier à l'université Washington et Lee de Lexington en Virginie.

Il en profite pour traverser l’Atlantique à bord du Queen Mary puis de parcourir les différents États des États-Unis.

« Je n’ai pas eu besoin de demander la permission à qui que ce soit, parce que c’était un instinct, qui reposait sur un désir, une curiosité d’Amérique, que j’avais depuis toujours. Elle venait de mes lectures d’enfance, du cinéma, de la libération de la France. Et de ma curiosité du monde, de mon envie de bouger, de partir. Alors bien sûr, j’ai prévenu mes parents et ils ne m’ont pas dit non. Ils ont toujours encouragé ma vocation. C’est une des clés de la vie : si on a une passion, la force et la construction familiales, ça compte. Pour mes parents, c’était un risque, une aventure, un danger, et peut-être un déchirement de me voir partir, mais en même temps c’était : « tu veux le faire, tu le fais ». Alors je suis parti à 17 ans. J’en ai eu 18 sur les routes américaines. Et j’ai vécu une aventure qui a totalement changé ma vie, qui a déterminé ma carrière et peut-être même mon caractère. »

De ces années de jeunesse, il a tiré deux romans, L'Étudiant étranger et Un été dans l'Ouest.

De retour en France deux ans plus tard, il s'habille à l'américaine (chemise Arrow en oxford avec col boutonné, costume américain et petit chapeau rond en feutre) avec une chevalière en lapis-lazuli aux armes de son université américaine de Lexington (elle ne quitte jamais son annulaire gauche). Il devient reporter à Europe no 1 en 1957 après avoir remporté La Coupe des Reporters, émission de Pierre Laforêt.

Philippe Labro épouse Geneviève Gourou. Le couple a une fille, Valérie, actrice, chanteuse, autrice et réalisatrice. Le 12 août 1978, il épouse en secondes noces Françoise Coulon, vice-présidente de société ; le couple a deux enfants : Clarisse et Jean.

Il est reporter pour le magazine féminin Marie-France en 1958, embauché par Louis Pauwels pour y écrire les grands portraits du mois. Par l'entremise de son ami Voldemar Lestienne, il rencontre en 1959 Pierre Lazareff, qui lui commande la rédaction d'une biographie romancée d'Al Capone pour la collection « L'air du temps » de chez Gallimard et l'engage la même année comme grand reporter à France-Soir, où il restera jusqu'en 1972. Pierre Lazareff est amusé par l'insolence du jeune homme, qui lui réclame un poste de grand reporter qui demande normalement de l'expérience. Ses premiers articles portent sur les sorties de films, les premières théâtrales, les mondanités et chroniques parisiennes, le festival de Cannes et le Tour de France 1959. Puis on l'envoie comme reporter après la rupture du barrage de Malpasset en décembre 1959.

Son premier roman, Un Américain peu tranquille, sur la vie d'Al Capone, sort en 1960 grâce à Lazareff et Paul Gordeaux, dans la collection « L’air du temps » reprenant, sous forme de livres, les bandes dessinées verticales de Gordeaux, Le crime ne paie pas et Les Amours célèbres parues pendant 14 ans dans France-Soir, faites pour être lue au jour le jour, et où le « à suivre » fidélisait un million d'acheteurs et pratiquement cinq millions de lecteurs.

Enrôlé en 1960 pour la guerre d'Algérie où il est détaché comme journaliste militaire, Philippe Labro reprend, deux ans plus tard, ses activités de journaliste pour France-Soir. Alors qu'il enregistre un sujet sur le campus de l'université Yale pour l’émission Cinq colonnes à la une, il apprend l'assassinat de John F. Kennedy le 22 novembre 1963. Il se précipite alors à Dallas, et se retrouve à être le seul correspondant français de presse écrite à être sur place. De cet événement qu'il couvre pour son journal France-Soir durant trois ans, il rédige un récit On a tiré sur le Président. Il sera d'ailleurs auditionné par la commission Warren.

De 1964 à 1968, il est coproducteur avec Henri de Turenne de l’émission Caméra Trois sur la deuxième chaîne de l'ORTF. Il est chroniqueur au Journal du dimanche de 1965 à 1972 et à Paris Match de 1971 à 1988.

Cinéphile, il approche le milieu du cinéma. Ami très proche de Jean-Pierre Melville (il participera au documentaire sur celui-ci intitulé Sous le nom de Melville, et sera présent à ses côtés au moment où Melville est terrassé par un malaise fatal), il se lance dans la réalisation de films influencés par le cinéma américain. Le cinéma reste pour lui une activité seconde, quoique importante. Il apparaît, jouant son propre personnage, dans les dernières scènes du film de Jean-Luc Godard, Made in USA et réalise son premier court métrage Deux D : Marie Dubois et Françoise Dorléac en 1966. Il tourne son premier long métrage Tout peut arriver en 1969.

Au début des années 1970, sa collaboration avec Johnny Hallyday, pour qui il écrit plusieurs chansons, est remarquée. En 1971, Philippe Labro est le premier à se voir confier l'écriture des textes de tout un album d'Hallyday. Par la suite, il collabore avec le chanteur de façon épisodique (1974, 1982, (…), 1999 - voir Chansons écrites par Philippe Labro pour Johnny Hallyday). Serge Gainsbourg lui commande des textes pour Lolita Go Home, l'album de Jane Birkin de 1975.

Gérard Lebovici lui propose de réaliser, et à Michel Audiard et Patrick Modiano, d'écrire une adaptation de L'instinct de mort, le livre de Jacques Mesrine.[pas clair]

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