Philippe Gilbert, né le 5 juillet 1982 à Verviers, est un coureur cycliste belge professionnel pendant 20 ans de 2003 à 2022.
Coureur offensif, il a notamment remporté le championnat du monde sur route en 2012, le Tour de Lombardie en 2009 et 2010, Paris-Tours en 2008 et 2009, l'Amstel Gold Race en 2010, 2011, 2014 et 2017, le Tour des Flandres en 2017, Paris-Roubaix en 2019 ainsi que la Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège et la Classique de Saint-Sébastien en 2011. Ses résultats en 2011 lui ont permis de terminer l'année à la première place de l'UCI World Tour.
Son palmarès en fait l'un des meilleurs coureurs belges et l'un des meilleurs coureurs de classiques de l'histoire. Outre le fait qu'il a remporté quatre des cinq classiques Monuments et un total de quinze classiques, il a aussi gagné onze étapes sur les trois grands tours auxquels il a participé à vingt-cinq reprises et en a terminé dix-sept. Il a remporté 80 victoires chez les professionnels dont 18 pour la seule année 2011.
Originaire du village de Remouchamps faisant partie de la commune belge d'Aywaille (province de Liège), Philippe Gilbert commence à disputer des courses pendant son adolescence, d'abord en individuel en étant entraîné par son grand frère Christian et ses parents Jeannot et Anita. En mai 1997, il remporte le championnat de la province de Liège en catégorie débutants, à Manaihant, et s'inscrit au VC Ourthe-Amblève. Il gagne sept courses durant cette année, puis 23 en 1998.
En 1999, il passe en catégorie junior, au club Woonbemiddeling à Alost. Il gagne douze fois cette année, dont les championnats de Liège du contre-la-montre et de la course en ligne et une étape du Tour de Basse-Saxe. Il rejoint l'année suivante l'équipe Go Pass, dirigée par l'ancien coureur Dirk De Wolf, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège en 1992. À nouveau double champion de la province de Liège, il gagne 19 fois, dont le Tour de Cantabrie, le Tour de Haute-Autriche, et une étape du Tour de Toscane. Il obtient ainsi sa sélection pour les championnats du monde juniors à Plouay en France. Il y prend la 41e place de la course en ligne.
En 2001, Philippe Gilbert accède à la catégorie espoirs, toujours chez Go Pass. Il gagne six courses. Il participe à la course en ligne des moins de 23 ans aux championnats du monde sur route à Lisbonne au Portugal, et en prend la 74e place. Il termine l'année à la 16e place du classement UCI des moins de 23 ans, et y est le meilleur coureur de son âge. Il gagne douze courses en 2002, dont le Triptyque ardennais, le championnat de Wallonie, Romsée-Stavelot-Romsée. Il est également vice champion de Belgique espoirs, deuxième du Triptyque des Barrages, quatrième du Tour des Flandres espoirs. En fin de saison, il est une deuxième fois sélectionné en équipe nationale des moins de 23 ans aux championnats du monde. Il termine à la neuvième place de la course en ligne.
Philippe Gilbert passe professionnel en 2003 dans l'équipe Fdjeux.com après y avoir été stagiaire en 2002. Il signe sa première victoire sur le circuit professionnel la même année en remportant une étape du Tour de l'Avenir.
En 2005, il se révèle en gagnant la Coupe de France, notamment grâce à ses succès au Tour du Haut-Var, au Trophée des grimpeurs et à la Polynormande. Il termine sixième de Milan-San Remo à l'issue d'un sprint massif. En fin de saison, il passe près d'une victoire sur Paris-Tours : échappé avec Stijn Devolder dans les 25 derniers kilomètres, il est rattrapé à 200 mètres de l'arrivée après que Devolder a refusé de le relayer, suivant les instructions de son directeur sportif.
En 2006, après un début de saison en France avec notamment une deuxième place sur le Grand Prix d'ouverture La Marseillaise, il participe à l'ouverture de la saison en Belgique avec une victoire au Het Volk. Après plusieurs attaques dans le final, il s'échappe de façon définitive à moins de huit kilomètres de l'arrivée et s'impose en solitaire à Lokeren.
2008 : une dernière saison réussie à la Française des Jeux
En 2008, il se distingue dès son début de saison, au Tour Down Under où il attaque à de nombreuses reprises. Onzième du général, quatrième de la cinquième étape, il remporte le classement de la montagne.
Il poursuit au Challenge de Majorque et s'impose au classement final ainsi qu'aux Trofeo Mallorca et Trofeo Soller.
Une semaine plus tard, il s'aligne au Tour du Haut-Var avec l'ambition de briller, comme en 2005, où il avait levé les bras, il y réussit une cinquième place, à neuf secondes du vainqueur, Davide Rebellin.
Lors du Circuit Het Volk, favori avant la course, il parvient à créer l'exploit, partant dans l'Eikenberg, à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée, il dépose ensuite, les uns après les autres, les échappés du jour, et arrive seul à Gand, comme lors de sa victoire en 2006. Quelques jours plus tard, il remporte Le Samyn et, à la fin du mois, il monte sur le podium de Milan-San Remo et de la Flèche brabançonne. En juillet, il se classe deuxième de la première étape du Tour de France à Plumelec, derrière Alejandro Valverde. Ayant décliné la sélection en raison notamment d'un parcours ne correspondant pas à ses qualités, il ne participe pas aux Jeux olympiques de Pékin en août.
Début octobre, il se présente comme un outsider au départ de la classique Paris-Tours, où il s'est déjà illustré les années précédentes en attaquant dans le final, ne se faisant reprendre qu'à quelques centaines de mètres de la ligne. Une nouvelle fois, il est à l'attaque dans les derniers kilomètres, et grâce au travail de son coéquipier Mickaël Delage — sorti quelques kilomètres plus tôt en compagnie de trois coureurs — dans la dernière ligne droite, remporte la « classique aux feuilles mortes », pour sa dernière course sous le maillot de La Française des jeux. En effet, Gilbert a signé en juin un contrat de trois ans avec l'équipe Silence-Lotto. Il quitte ainsi en fin de saison l'équipe avec laquelle il a commencé sa carrière professionnelle.
2009-2011 : chez Omega Pharma-Lotto
2009 : Paris-Tours et le Tour de Lombardie
La saison 2009 de Philippe Gilbert commence par un abandon au Grand Prix la Marseillaise. Lors de Paris-Nice, il est contraint à l'abandon au cours de la cinquième étape en raison de douleurs musculaires. Il mettra ces douleurs sur le compte d'une mauvaise adaptation au matériel de sa nouvelle équipe.