Philippe Charlier, né le 25 juin 1977 à Meaux, est un médecin légiste, anatomo-pathologiste, archéo-anthropologue et paléopathologiste français.
Philippe Charlier est né le 25 juin 1977 à Meaux. Son père est médecin de campagne et sa mère est pharmacienne. À 10 ans, il fait sa première fouille près de la maison familiale, et y trouve un crâne.
Titulaire du baccalauréat à 16 ans et demi, il souhaite devenir archéologue, mais il est inscrit en études de médecine par ses parents. Il suit en parallèle des cours d'archéologie et d'histoire de l'art à l'Institut Michelet, tout en passant ses étés sur des sites de fouilles, à Monterenzio Vecchia (Italie) et à Itanos (Crète).
Philippe Charlier est à la fois docteur en médecine, docteur en archéologie et docteur ès-sciences (bioéthique).
Il est maître de conférences des universités, habilité à diriger les recherches. Jusqu'à l'été 2013, Philippe Charlier fait partie du service de médecine légale de l'Hôpital universitaire Raymond Poincaré de Garches (AP-HP UVSQ).
Il était également chercheur au Laboratoire d'éthique médicale de l'université Paris-Descartes.
À l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), il dirige le Laboratoire Anthropologie, Archéologie, Biologie (LAAB) spécialisé dans les domaines de l'anthropologie médico-légale, du diagnostic rétrospectif, de la paléopathologie et de la pathographie.
Initiateur et organisateur des colloques internationaux de pathographie, ses travaux ont porté sur l'étude des restes des enfants de Toutankhamon, de Richard Cœur de Lion, d'Agnès Sorel, de Foulque III Nerra d'Anjou, de Diane de Poitiers, des reliques de Louis IX dispersées partout en France, les authentifiant en collaboration avec d'autres spécialistes, des fausses reliques de Jeanne d'Arc, de la tête présumée d'Henri IV, d'un fragment du cœur momifié de Louis XIV, et en 2017 sur les restes de Hitler. À ce titre, il est surnommé par la presse « l'Indiana Jones des cimetières ». Il a également dirigé les recherches sur des os de René Descartes, sur les reliques de Sainte Thérèse de Lisieux et dites de Sainte Marie-Madeleine à Saint-Maximin-La Sainte-Baume et sur un échantillon du sang de Jean-Paul Marat provenant de la Bibliothèque Nationale de France. Selon le journaliste Jean-Yves Nau, les publications médico-légales de Charlier, contestées, ont un caractère sensationnaliste.
En 2021, membre du conseil scientifique de l'exposition « Napoléon n'est plus » au Musée de l'armée (Invalides), il a travaillé sur la véritable cause de la mort de Napoléon Ier et sur l'analyse de ses masques mortuaires en utilisant les techniques de la médecine légale. Ses travaux ont été publiés dans le catalogue de l'exposition.
Il dirige plusieurs campagnes de fouilles archéologiques : dans la propriété de l'empereur Napoléon à Longwood (île de Sainte-Hélène), dans les catacombes de Paris et dans les palais des rois d'Abomey (Bénin). Depuis 2020, il réalise l'étude scientifique biomédicale (paléopathologique et paléodémographique) de l'ossuaire des Catacombes de Paris.
Il est connu du grand public pour avoir participé à plusieurs émissions de télévision sur l'Histoire, notamment Secrets d'histoire sur France 2, Sous les jupons de l'Histoire sur Chérie 25, et sur la médecine, notamment Le Magazine de la santé et Enquête de Santé sur France 5. Il a co-écrit et présenté une série documentaire, Enquête d'ailleurs, co-produite et diffusée par Arte en 2013 et 2015.
En 2014 et 2023, il a dirigé l'examen canonique des cœurs momifiés d'Anne-Madeleine Remuzat et Pauline Jaricot, et réalisé la reconnaissance anatomique des reliques de Saint-Léonard-de-Noblat dans le cadre des ostensions limousines.
Il a été nommé, en octobre 2018, directeur du département de la recherche et de l'enseignement au Musée du quai Branly - Jacques-Chirac. Il y a développé l'usage des techniques biomédicales (scanner, analyses microscopiques et génétiques) pour l'étude des objets d'art extra-occidental.
En 2019, il est élu au conseil d'administration de l'Inalco, qu'il quitte en 2024.
En 2022, il est nommé membre puis président du Conseil d'orientation stratégique du Réseau des Écoles françaises à l'étranger.
Il est membre de la Société de Géographie, de la Société des Explorateurs Français, de la Société des Africanistes, et de la Société Française d'Histoire de la Médecine.
En 2020, avec Michel Cymes et S. Deo, il publie dans Éthique, médecine et politiques publiques, une proposition tendant à modifier le nom du syndrome d'Asperger en syndrome de Wing dans la mesure où Hans Asperger avait participé sous l'égide du régime nazi au programme eugéniste d'élimination des enfants anormaux. De même, ils proposent de remplacer le nom de la lèpre, associé selon eux à la relégation sociale et au colonialisme, par celui de maladie de Hansen.
Depuis 2021, il dirige la collection Terre Humaine fondée en 1955 par Jean Malaurie et précédemment dirigée par l'académicien et, comme lui, médecin, Jean-Christophe Rufin. Il est également éditeur en chef de la revue Ethics, Medicine and Public Healthpubliée chez Elsevier.