Ce Jour-là

Philippe Buchez

Homme politique, historien et sociologue français, fondateur du journal L'Atelier

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Philippe Joseph Benjamin Buchez, né le 31 mars 1796, à Matagne-la-Petite (Belgique), mort le 11 août 1865 à Rodez, est docteur en médecine (1825), homme politique, historien et sociologue français, sa doctrine inspire la fondation du journal L'Atelier par un groupe d'ouvriers.

Buchez naît en 1796 à Matagne-la-Petite, alors dans le département des Ardennes (aujourd'hui en Belgique, dans la province de Namur), mais ses parents habitent Paris. Il reçoit une éducation dans la foi catholique par sa mère Marie-Anne Buchet qui était une femme pieuse. Il l’apprécie beaucoup mais elle meurt le 8 juillet 1811 alors qu’il a seulement 15 ans.

Son père, Jacques-Philippe Buchez, occupe un emploi de surnuméraire aux fermiers généraux avant 1789. Il est nommé au Directoire du district de Couvin puis révoqué le 20 vendémiaire an VI (11 octobre 1797). En octobre 1798, il participe à la création de l’administration de la régie de l’octroi. En 1809, sous l’Empire, Jacques-Philippe Buchez est nommé chef de bureau à l’Administration des droits réunis à la division des octrois. Au retour des Bourbons, il perd la place de fonctionnaire qu'il avait puisqu'il est rétrogradé. Le 14 septembre 1816, le père de Philippe Buchez meurt, il se retrouve alors sans père et sans mère à l’âge de 20 ans.

Philippe Buchez réalise ses études secondaires dans des petites pensions. A l’âge de 15 ans, il rentre dans la vie professionnelle. Il devient stagiaire non rémunéré à l’Administration des droits réunis. Il travaille dans le service administratif dirigé par son père. Buchez suit les cours d'histoire naturelle au Jardin des plantes, en même temps qu'il est employé à l'octroi. Le contact avec la philosophie engendre une crise intellectuelle et religieuse chez lui. Il est marqué par la lecture de l’Origine de tous les cultes, ou Religion universelle de Charles-François Dupuis, c’est un ouvrage irréligieux qui le conduit à rompre avec la religion.

La mort de ses parents et de ses grands-parents, lui ont fait hériter d’une petite fortune ce qui lui permet de vivre modestement et de reprendre les études. Il s’inscrit à la Faculté de médecine de Paris, alternant dissections à l'amphithéâtre et discussions politiques. En 1822, il met de côté son activité politique pour se consacrer pleinement à ses études. Il passe le bac en 1824, comme il est devenu obligatoire pour devenir médecin et qu’il ne l’avait pas. Il soutient sa thèse en 1825. Il se spécialise sur l’anatomie et la physiologie du système nerveux. Il publie quatre ouvrages en sciences médicales entre 1825 et 1843.

Durant son emploi au sein de l’octroi sous l’Empire, Philippe Buchez se lie d’amitié avec trois collègues : Saint-Amand Bazard, Nicolas Joubert et Flotard. Philippe Buchez se porte volontaire en 1814 pour la défense de Paris, au moment de la première Restauration. Cette action politique a pour conséquence son éviction de l’administration. Il est réintégré à la suite des demandes de grâce de son père.

La répression politique qui suit la restauration de la Monarchie indigne Buchez et ses compagnons. Ils s’engagent dans la voie de la lutte contre le régime monarchique. Ils mènent ce combat au nom du patriotisme et de la liberté.

Le pouvoir politique ferme 17 universités des lettres en 1815. C’est au sein des universités de droit et de médecine que l’on retrouve les foyers les plus virulents de la contestation politique. Buchez ayant repris des études de médecine sur cette période, il se retrouve à l’intérieur des foyers de la contestation politique. Les trois anciens collègues de Buchez ont également repris leurs études, ils sont tous les trois (Bazard, Joubert et Flotard) en droit. Les quatre compagnons vont prendre la tête de ces mouvements séditieux estudiantins. Leur prestige est issu du fait qu’ils sont plus âgés que la moyenne étudiante et qu’ils sont des anciens combattants. Ils se donnent pour mission d’organiser la jeunesse intellectuelle. Flotard, Bazard et Buchez fondent en juillet 1820, « la Société diablement philosophique ».

Création de la loge « Les amis de la Vérité »

En juin 1820, avec Saint-Amand Bazard, Pierre Dugied, Flotard et Nicolas Joubert, il fonde la loge maçonnique « Les amis de la Vérité ». Un mois après sa création, ils sont déjà rejoint par trente jeunes (étudiants en droit, en médecine ou commis). La loge connaît un essor rapide, elle compte 1000 membres à son apogée. Cette loge est une société de pensée qui prend ses distances avec le formalisme rituel maçonnique. Son orientation politique est républicaine.

Un complot devant aboutir à une insurrection est monté au cours de l’année 1820 par des civils tels que Joseph Rey, des hommes politiques et également des militaires. Les organisations étudiantes sont mises à contribution. L’insurrection est initialement prévu le 10 août 1820 mais à la suite de tergiversions des organisateurs, elle est finalement fixée à la nuit du 19 au 20 août. Les conjurés se déguisent en gardes nationaux et attendent armés sur les marches de la maison faisant office de quartier général l’ordre du soulèvement. La police prend des mesures préventives pour contrer la rébellion ce qui découragent les dirigeants politiques d’agir. Le complot échoue. Plusieurs militaires sont arrêtés mais aucun étudiant. À la suite du complot, Buchez s’exile en Belgique avec Bazard.

Après le complot du Bazar français, Joubert et Dugied s’exilent en Italie. Ils intègrent les carbonari italiennes, une société secrète ayant participé à la révolution libérale italienne. Au début de l’année 1821, ils rentrent tous sur Paris.

Philippe Buchez, Saint-Amand Bazard, Flottard, Pierre Dugied, Nicolas Joubert et quelques autres, figurent parmi les fondateurs de la Charbonnerie française (qui compte jusqu'à 80 000 membres en 1822). C’est une société secrète qui cherche à renverser le régime monarchique. Buchez devient l'un des principaux animateurs en France, il est chargé de développer l’organisation dans l’Est de la France. Il fonde des groupes à Mulhouse, Belfort, Metz et Strasbourg.

En 1821, il tente de soulever les départements de l'Est, dans les Vosges, pour renverser les Bourbons, mais il est arrêté à Metz le 8 janvier 1822 et conduit à Colmar, où il passe devant les assises. Le procès s'ouvre le 22 juillet 1822. Mais le juge Goldberg qui prend plaisir à causer d'histoire et d'archéologie avec le détenu Buchez, se montre compréhensif, et Buchez est acquitté. D'autres soulèvements sont organisés par la charbonnerie comme à Toulon, Nantes, Saumur et La Rochelle mais aucun n'aboutit.

Reprenant alors ses études médicales, il est reçu docteur en 1824, peu après avoir publié un Précis élémentaire d'hygiène. De même, il devient le principal rédacteur du Journal du progrès des sciences et institutions médicales, où il insère des articles sur l'organisation de la médecine.

Après avoir lu le Nouveau christianisme - Dialogues entre un conservateur et un novateur de Claude-Henri de Rouvroy de Saint-Simon en 1825, Buchez se déclare saint-simonien.

En 1825-1826, il collabore au journal saint-simonien Le Producteur fondé par Olinde Rodrigues et Prosper Enfantin. Il s’occupe des rubriques de philosophie des sciences et de celle de la médecine. On constate à cette époque, que Buchez est positiviste et scientiste. Ce journal disparaît fin 1826 à la suite de difficulté financière.

En 1827, il fonde sa propre revue scientifique, intitulée Journal des Progrès. Il lance un peu plus tard la Revue Nationale qui est l’organe de presse de son école de pensée.

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