Ce Jour-là

Philip Agee

Philip Burnett Franklin Agee (19 juillet 1935 – 7 janvier 2008) était un agent de la Central Intelligence Agency (CIA) e

Anúncio

Philip Burnett Franklin Agee (19 juillet 1935 – 7 janvier 2008) était un agent de la Central Intelligence Agency (CIA) et écrivain, connu principalement en tant qu'auteur du livre Journal d'un agent secret (en anglais : Inside the Company: CIA Diary), publié en 1975 et relatant son expérience au sein de la CIA. Agee intégra la CIA en 1957. Il fut en poste successivement à Washington, D.C., en Équateur, en Uruguay (mars 1964-août 1966), et au Mexique. Après avoir démissionné de l'agence en 1968, il devint un opposant militant contre les pratiques de la CIA.

Il est mort à Cuba le 7 janvier 2008.

Agee est né à Tacoma Park (Maryland). Il est diplômé de l'université Notre-Dame en 1956.

Présent en Uruguay entre 1964 et 1966, il propose d'envoyer Alejandro Otero, le chef des services de renseignement de la police, à l'Académie internationale de la police à Washington (opéré par l'Office of Public Safety (en)), afin qu'il suive des cours de renseignement qui permettraient, espère Agee, d'éviter l'usage de la torture par la police uruguayenne.

Agee affirma que sa conscience sociale catholique lui avait rendu de plus en plus désagréable son travail vers la fin des années 1960, conduisant à sa désillusion vis-à-vis de la CIA et à sa défense de certains régimes autoritaires en Amérique latine. Lui et d'autres dissidents reçurent un soutien de la part de la Commission Church en 1975-1976, qui jeta un éclairage critique sur le rôle de la CIA dans divers assassinats, affaires d'espionnages et autres activités illégales.

Agee dénonce le massacre de Tlatelolco, perpétré en 1968 à Mexico, comme l'événement décisif l'ayant conduit à décider de quitter la CIA. Par ailleurs, il affirme que la CIA était ravie de son travail, qu'elle lui avait proposé une promotion et que son supérieur fut surpris quand il lui annonça, dès juin 1968, son projet de démission. Le journaliste et « chasseur au long cours d'agents communistes » John Barron affirme, quant à lui, qu'on l'a forcé à démissionner pour diverses raisons, notamment son penchant pour la boisson, ses privautés répétées envers des femmes d'ambassadeurs ainsi que ses problèmes financiers récurrents.

Le 14 novembre 1971, quelques jours avant les élections générales en Uruguay, Agee, qui avait travaillé de 1964 à 1966 en Uruguay, envoya une lettre à l'hebdomadaire Marcha, publiée le 26 novembre 1971, soit deux jours avant les élections, sous le titre « La CIA en Uruguay », rendant publique sa démission de l'agence. Cette lettre avait pour objectif d'alerter l'opinion publique sur de possibles manipulations électorales et politiques de l'agence américaine contre le Front large (coalition de gauche).

Accusations de liens avec le KGB

Oleg Kalouguine, ancien directeur du département de contre-espionnage du KGB, affirme qu'en 1973, Agee entra en contact avec l'espion du KGB en poste à Mexico et lui proposa de lui dévoiler une mine d'informations. Mais le KGB, suspicieux, déclina son offre. Il écrit : « Agee partit alors pour Cuba, qui l'accueillit à bras ouverts… Les Cubains partagèrent les informations d'Agee avec nous. Mais tandis que, assis dans mon bureau à Moscou, je lisais le flot sans fin des révélations d'Agee, je maudis nos agents d'avoir laissé filer une telle source. ». Pendant que Philip Agee écrivait son livre Journal d'un agent secret, le KGB aurait été en contact avec lui par l'intermédiaire d'un correspondant de l'agence de presse Novosti à Londres, Edgar Anatolievitch Tcheporov.

Publication du Journal d'un agent secret

À cause de problèmes juridiques aux États-Unis en 1975, Journal d'un agent secret fut d'abord publié en Grande-Bretagne, au moment où Agee vivait à Londres. Il finit finalement par être publié internationalement, dans 27 langues. Le magazine Playboy (août 1975) publia des extraits de ce livre dans un article intitulé Ce que vous ne savez pas sur la CIA ! L'ancien agent Philip Agee révèle tout (en anglais : What You Still Don't Know About The CIA! Ex-Company Man Philip Agee Tells All).

Agee reconnut que les encouragements des représentants du parti communiste de Cuba furent bénéfiques, alors qu'il doutait être capable de trouver les informations supplémentaires qui lui manquaient.

Le journal The London Evening décrivit le livre comme « un effrayant tableau de corruption, pressions, assassinats et complots ». Le journal The Economist le qualifia de « livre incontournable ». Miles Copeland, un ancien directeur du service de la CIA au Caire, déclara que ce livre était « une description parfaite du travail d'un espion, destinée à être publié partout », ainsi qu'une « description authentique de la manière dont un agent britannique ou américain opère, tout cela présenté avec une précision extrême ».

Aux États-Unis, le chef de la division Hémisphere occidental de la CIA, Ted Shackley, fut chargé d'empêcher la publication de ce livre, qui fut cependant publié six mois plus tard et devint très rapidement un best-seller.

Le Journal d'un agent secret révèle les noms de 250 officiers et agents de la CIA.

La première mission d'Agee hors du territoire américain eut lieu en 1960 en Équateur, et consistait à provoquer une rupture des relations diplomatiques entre l'Équateur et Cuba, quelles que pussent en être les conséquences sur la stabilité de l'Équateur, et ceci en recourant à la corruption, l'intimidation, les écoutes téléphoniques et la fabrication de faux. Agee passa quatre ans à infiltrer les politiciens équatoriens, et affirma que son action avait subvertit et détruit le système politique du pays.

Agee aida à mettre sur écoute les chambres des codes des représentations de la République arabe unie à Montevideo en Uruguay, grâce à deux microphones collés au plafond de la pièce située au-dessous. Agee rapporte que le 12 décembre 1965, lors d'une rencontre avec un officier de police uruguayen au commissariat de police central de Montevideo, il réalisa que les cris qui provenait d'une cellule voisine était ceux d'un Uruguayen qu'il avait signalé à la police comme étant une personne à surveiller. L'officier aurait alors simplement augmenté le volume d'une radio diffusant un match de football, afin de couvrir les cris.

Agee participa également aux opérations de la CIA pendant les Jeux olympiques de Mexico de 1968. Il partit ensuite pour Cuba pour quelques investigations entre mai 1971 et mai 1972, puis commença à travailler pour la CIA à Paris.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Philip Agee | World in Stories