Ce Jour-là

Phil Spector

Producteur et auteur-compositeur américain (1939-2021)

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Harvey Phillip Spector, dit Phil Spector, né le 26 décembre 1939 dans le Bronx à New York et mort à l'hôpital pénitentiaire de Stockton (Californie) le 16 janvier 2021 à l'âge de 81 ans, est un producteur et auteur-compositeur américain, actif principalement de 1958 à la fin des années 1970. Au moment de sa mort, il purgeait depuis 2009 une peine de prison de dix-neuf ans, ayant été reconnu coupable du meurtre de l'actrice Lana Clarkson, perpétré chez lui dans son manoir d'Alhambra (Californie) début février 2003.

Créateur de la technique de production du « wall of sound » (mur de son), Spector est un pionnier des groupes vocaux féminins dans les années 1960, produisant plus de 25 succès du Top 40 américain dans la période 1960-1965, dont Da Doo Ron Ron par The Crystals. Il est le coauteur et le producteur de la chanson You've Lost That Lovin' Feelin' des Righteous Brothers, considérée par l’organisation Broadcast Music, Inc (BMI) comme la plus diffusée aux États-Unis au XXe siècle.

Il travaille avec de nombreux artistes, dont Ike and Tina Turner, John Lennon et George Harrison, produisant l’album Let It Be des Beatles, All Things Must Pass de George Harrison ou encore Imagine de John Lennon. Il est également producteur d'un album des Ramones. En 1989, Phil Spector intègre le Rock and Roll Hall of Fame en tant que l'un des « plus grands producteurs de l'histoire du rock ».

En 2009, il est condamné pour meurtre et finit ses jours en prison.

Harvey Phillip Spector naît dans une famille juive de la classe moyenne, à New York, dans le quartier du Bronx. Son grand-père a émigré de Russie avec le patronyme « Spekter », puis a anglicisé son nom en « Spector » une fois installé aux États-Unis. Ses parents, Benjamin et Bertha Spector, ouvrier ferronnier et femme au foyer, se marient en 1934.

Le père de Phil Spector, Ben, se suicide le 20 avril 1949, sans la moindre explication. En 1953, la famille (Bertha, Harvey et sa sœur Shirley) déménage à Los Angeles (Californie), où sa mère trouve un emploi de couturière. Introverti et solitaire, l'adolescent gringalet fait des études médiocres mais brille en éducation musicale grâce aux différents instruments (accordéon, guitare) dont il a appris à jouer depuis sa plus petite enfance.

Il commence sa carrière en 1958 en tant que chanteur du groupe The Teddy Bears. Il écrit et produit notamment la chanson To Know Him Is to Love Him, titre inspiré de l'épitaphe gravée sur la tombe de son père « To Know Him Was to Love Him », qui devient no 1 des ventes aux États-Unis, alors qu'il n'est âgé que de 19 ans. En 1959, la chanson Oh Why, composée par Spector pour les Teddy Bears, connaît le succès en France sous le titre (Sag) Warum, adaptée et interprétée par Camillo Felgen.

Il passe ensuite rapidement derrière les consoles, devient compositeur et commence à produire. En 1961, avec Lester Sill, il crée la maison de disques Philles Records. En 1962, Spector rachète les parts de Sill pour devenir propriétaire unique, devenant à 21 ans l'un des plus jeunes directeurs de label des États-Unis. Il connaît alors une série de succès avec Les Ronettes — dont il épousera la chanteuse Ronnie Bennett —, The Crystals, Darlene Love, The Righteous Brothers. Chaque chanson produite à l'époque par Phil Spector est inévitablement un succès, il devient rapidement richissime, alors qu'il est à peine âgé de 25 ans.

Il utilise à cette époque les talents de compositeurs, les binômes Jeff Barry et Ellie Greenwich ou Barry Mann et Cynthia Weil, qui écrivent pour ses groupes des chansons qui restent des classiques de la musique pop, maintes fois reprises.

Il compose le titre Little by Little avec les Rolling Stones — qui utilisent le pseudonyme Nanker Phelge —, titre qui apparaît dans le premier album des Rolling Stones en 1963.

Sa technique d’enregistrement en mono d’un grand orchestre incluant violons, cuivres, guitares, batteries et percussions donne un son immédiatement reconnaissable, que l’on retrouve sur les versions originales des chansons Be My Baby, Then He Kissed Me, Da Doo Ron Ron, He's a Rebel, Baby I Love You ou Unchained Melody. Ses techniques de production ont immédiatement une grande influence, notamment sur les Beatles et les Beach Boys. En réenregistrant plusieurs fois les instruments complètement seuls avant de les doubler, tripler, quadrupler et réverbérer pour leur donner de l'amplitude, au mixage par la suite, Spector donne plusieurs couches de son aux musiques qu'il travaille afin de créer un espace sonore encore plus riche, souvent inspiré de la musique classique, ce qui lui vaut d'être surnommé « le Richard Wagner de la pop » par le journaliste musical Nick Kent dans son livre The Dark Stuff : l'envers du rock. En retravaillant les chansons de cette façon, il s'est fait le co-auteur de plusieurs morceaux, et s'est ainsi assuré une multitude de revenus supplémentaires. La compilation Back to Mono (en) (1958-1969), que Spector a lui-même supervisée, contient la plupart des productions de l'époque-phare de sa carrière.

Après l’échec commercial de l’album River Deep, Mountain High de Ike & Tina Turner en 1966, il se retire provisoirement de la profession, ne faisant plus que des apparitions occasionnelles.

En 1969 il fait une brève apparition dans le film Easy Rider de Dennis Hopper.

1970-1973 : collaboration avec les Beatles, Harrison, et Lennon

En début de carrière, les Beatles ont inclus la chanson To Know Him Is to Love Him, transposée en To Know Her Is to Love Her, dans leur répertoire sur scène. Le titre figure sur le double album vinyle Live! at the Star-Club in Hamburg, Germany; 1962 paru en 1977, sur les bandes de l'audition Decca (1962), et sur l'album Live at the BBC, avec toujours John Lennon au chant.

En mars 1970, à la demande d'Allen Klein, puis de John Lennon et George Harrison, Phil Spector produit Let it Be, le dernier album des Beatles, à partir d'enregistrements à l'origine réalisés live en studio en janvier 1969, à la place de George Martin et au grand dam de Paul McCartney. Celui-ci, qui n'a jamais apprécié la surcharge orchestrale de Spector, sera à l'origine de Let It Be… Naked, la version épurée de l'album parue en 2003.

Spector produit ensuite, en 1971, deux albums de George Harrison, All Things Must Pass en 1970 et The Concert for Bangladesh.

Phil Spector collabore également avec John Lennon sur plusieurs singles et sur trois albums : Plastic Ono Band en 1970, Imagine en 1971, et Some Time in New York City en 1972. Fin 1973, Spector et Lennon commencent à travailler sur l'album Rock 'n' Roll, mais l'ambiance chaotique des séances d'enregistrement met un terme à leur collaboration. Trouvant l'entourage de Lennon trop envahissant, Spector menace tout le monde avec une arme et emporte les bobines d'enregistrement. Lennon les récupère quelques mois plus tard et termine lui-même l'album, qui sort en 1975. Pendant les séances de l'album, Lennon a enregistré une dernière fois To Know Her Is to Love Her, qui sera finalement inclus en 1986 dans l'album posthume Menlove Ave.. Le chanteur qualifie Spector de « plus grand producteur de disques de tous les temps ».

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