Ce Jour-là

Pauline Marois

Première ministre du Québec de 2012 à 2014

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Pauline Marois (/pɔ.lɪn ma.ʁwa/), née le 29 mars 1949 à Québec, est une femme politique québécoise. Première ministre du Québec du 19 septembre 2012 au 23 avril 2014, elle est la première femme à occuper cette fonction.

Issue d'un milieu modeste, Pauline Marois étudie en service social à l'Université Laval, complète un MBA à HEC Montréal et milite au sein d'organismes communautaires et au Parti québécois, formation politique d'obédience sociale-démocrate et souverainiste.

Présente sur la scène politique québécoise durant plus de trente ans, elle est cheffe du Parti québécois de 2007 à 2014. Durant sa carrière, elle dirige neuf ministères québécois, étant ainsi la personne ayant occupé le plus de fonctions ministérielles de l'histoire du Québec.

Elle occupe quelques postes dans des cabinets ministériels avant d'être élue pour la première fois députée lors des élections générales de 1981. Elle devient ministre dans le gouvernement de René Lévesque à l'âge de 33 ans. Après deux défaites personnelles, dans La Peltrie aux élections générales de 1985 et dans Anjou lors d'une élection partielle en 1988, elle est élue l'année suivante dans la circonscription de Taillon, un siège qu'elle occupera pendant dix-sept ans.

Avec le retour au pouvoir du Parti québécois en 1994, les premiers ministres Parizeau, Bouchard et Landry lui confient plusieurs responsabilités importantes, dont les postes de ministre des Finances, de présidente du Conseil du Trésor, de ministre de la Santé et de ministre de l'Éducation. Elle est la troisième femme à avoir occupé le poste de vice-première ministre du Québec après Lise Bacon et Monique Gagnon-Tremblay.

Après deux tentatives infructueuses en 1985 et en 2005 et une courte retraite de la vie publique, elle devient, sans opposition, la septième chef du Parti québécois, en juin 2007. Trois mois plus tard, elle est élue députée de la circonscription de Charlevoix. Devenue chef de l'opposition officielle après les élections de 2008, Pauline Marois réussit à se maintenir en poste malgré de vives tensions internes en 2011 et au début de 2012.

Elle mène son parti à la victoire lors des élections générales québécoises de 2012 en remportant 54 des 125 sièges à l'Assemblée nationale et forme un gouvernement minoritaire. Elle devient la première femme à occuper le poste de première ministre du Québec. Invoquant un « blocage » des travaux législatifs par les partis d'opposition, elle déclenche des élections générales après dix-huit mois au pouvoir dans le but d'obtenir une majorité parlementaire. Elle est défaite dans sa propre circonscription lors de l'élection de 2014, qui voit le Parti libéral de retour au pouvoir, et quitte ses fonctions de cheffe du Parti québécois et la vie politique active.

Pauline Marois est née le 29 mars 1949 à l'Hôpital Saint-François d'Assise, dans le quartier Limoilou de Québec. Elle est la fille de Grégoire Marois, un mécanicien chez International Harvester, une entreprise spécialisée dans l'entretien de la machinerie lourde et des camions à Québec et de Marie-Paule Gingras, une fille de paysans devenue institutrice. Aînée de cinq enfants, elle grandit dans une maison de briques de deux étages construite par son père à Saint-Étienne-de-Lauzon, un village maintenant fusionné à la ville de Lévis, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent en face de la capitale.

Dans son autobiographie, parue en 2008, Marois se rappelle l'« intuition profonde » de ses parents et les regrets de son père qui, bien qu'il n'ait complété qu'une quatrième année, a toujours insisté pour que ses enfants aient accès à une éducation de qualité, quitte à faire des sacrifices. Ses trois frères, Denis, Robert et Marc, ainsi qu’elle-même et sa sœur Jeannine ont tous obtenu des diplômes universitaires.

Bien que nationalistes et catholiques, ses parents étaient peu impliqués politiquement. Les efforts de sa mère pour implanter la récitation du chapelet en famille ne duraient généralement que deux ou trois jours. Son père, féru d'actualité et sympathique aux thèses du Crédit social et de l'Union nationale, acheta son premier téléviseur dès le début des années 1950, en plus d'être abonné au quotidien L'Action catholique.

Elle fait ses études primaires à l'école de Saint-Rédempteur, le village voisin, où elle excelle en français, en histoire et en géographie. Elle développe également un goût pour la lecture, stimulée par les nombreux livres qu'elle reçoit comme récompense pour ses bons résultats. En 1961, elle est admise au collège Jésus-Marie de Sillery, un établissement privé fréquenté par les enfants de la petite bourgeoisie de Québec, où elle fera son cours classique. Elle décrit cet épisode comme un « choc des cultures » qui marquera définitivement sa pensée et ses choix d'avenir.

Marois prend conscience de son statut social au collège ainsi que dans les maisons cossues de Sillery, où elle accompagne parfois sa mère qui fait des ménages dans des résidences pour payer ses études. Elle se démarque toutefois par son engagement parascolaire et devient présidente de son association d'élèves et par de bons résultats, à l'exception de deux échecs en anglais et en latin, ce qui remet momentanément en question la poursuite de ses études.

En 1968, elle s'inscrit au programme de maîtrise en service social de l'Université Laval. À cette époque, Marois est davantage intéressée par la condition des plus démunis et les enjeux internationaux sans toutefois intervenir sur d'autres enjeux brûlants comme le débat linguistique et la question nationale. Elle participe notamment à la réalisation d'une étude sur les conditions de logement dans la basse-ville de Québec et manifeste contre la guerre du Viêt Nam.

L'année suivante, elle épouse Claude Blanchet, un jeune homme du village voisin qu'elle fréquente depuis le collège. Malgré leurs différences, Blanchet est un entrepreneur qui a acquis sa première station-service à l'âge de 17 ans, tout en poursuivant des études en administration des affaires, le jeune couple jette les bases d'une relation qui dure toujours 50 ans plus tard.

En septembre 1970, elle effectue un stage en milieu de travail à Hull, où elle participe à la remise sur pied de la section régionale de l'Association coopérative d'économie familiale (ACEF) de l'Outaouais — un organisme de défense des consommateurs — pendant que son mari est embauché par Campeau Corporation, un développeur immobilier récemment acquis par Power Corporation. À cette époque, la région est secouée par l'expansion de la fonction publique fédérale et la construction de complexes administratifs sur la rive québécoise de l'Outaouais, « sans tenir compte des besoins et des conditions de logement de la population ».

Ce stage, qu'elle effectue pendant que se déroule la crise d'Octobre, et son retour dans la région après l'obtention de son diplôme au printemps 1971, marque le couple : « J'étais arrivée dans l'Outaouais en m'identifiant comme Canadienne française. Je le quitterais en m'identifiant à jamais comme Québécoise. »

Le couple Marois-Blanchet s'établit à Montréal et Pauline Marois s'inscrit à l'École des hautes études commerciales, affiliée à l'Université de Montréal, où elle complète une maîtrise en administration des affaires (M.B.A.) en 1976. Militante dès les premiers jours du Parti québécois, elle devient l'attachée de presse de Jacques Parizeau, son ancien professeur, en 1978. Elle quitte ce poste après six mois, en mars 1979, considérant qu'on ne « l'utilisait pas à la hauteur de son talent », confiera-t-elle plus tard au biographe de Jacques Parizeau, Pierre Duchesne. Elle devient ensuite chef de cabinet de la ministre à la Condition féminine, Lise Payette, en novembre 1979. Le biographe de René Lévesque, Pierre Godin, affirme que Pauline Marois a hésité avant d'accepter le poste, parce qu'elle ne se sentait pas particulièrement féministe. « Avec moi, tu vas le devenir », lui avait alors répliqué la ministre Payette.

Débuts et ascension politique (1981-2005)

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