Ce Jour-là

Paulette Goddard

Actrice américaine

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Paulette Goddard est une actrice américaine, née le 3 juin 1910 à New York et morte le 23 avril 1990 à Ronco en Suisse.

Elle est l'actrice principale des Temps modernes, de Charlie Chaplin, qu'elle rencontre en prévision du tournage puis qu'elle épouse secrètement l'année de sortie du film (1936), et dont elle divorce six ans plus tard. Elle s'est remariée en 1958 avec Erich Maria Remarque, le célèbre auteur du roman À l'ouest rien de nouveau sur la Première Guerre mondiale.

Elle a été pressentie, sans être retenue, pour incarner le personnage de Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent.

Paulette Goddard naît le 3 juin 1910 à New York (plus précisément à Whitestone, dans le quartier du Queens) sous le nom d’état civil de Marion Levy ou de Pauline Marion Levy, de Joseph Russell Levy (1880-1954) — lui-même fils d'un prospère cigarettier juif de Salt Lake City — et d’Alta Mae Goddard (1887-1984), une protestante épiscopalienne d'origine anglaise.

Joseph Russell Levy, dirigeant d’une chaîne de salles de cinéma des frères Warner, est souvent en déplacement professionnel et est régulièrement accompagné de son épouse, laissant alors leur fille sous la garde de ses grands-parents ou de proches. Très tôt, les époux Levy se séparent et Paulette est élevée par sa mère.

Paulette Goddard fait ses études primaires notamment à Caldwell dans le New Jersey, puis à Pittsburgh en Pennsylvanie. Après avoir séjourné au Canada, Paulette et sa mère s’installent en 1923 à Great Neck dans la banlieue de New York.

Ses parents divorcent finalement en 1926 et sa mère, qui se remarie à deux reprises, suit ensuite sa fille tout au long de sa carrière et de sa vie amoureuse ; sa mère meurt ainsi en Suisse en 1983, sur les bords du lac Majeur, dans la villa dont Paulette Goddard avait hérité de son dernier mari, l’écrivain Erich Maria Remarque.

À l’âge de 13 ans et après quelques petits emplois, dont celui de mannequin, Paulette Goddard débute comme Ziegfeld Girl chez Florenz Ziegfeld dans plusieurs de ses célèbres revues.

Elle choisit alors d'adopter le prénom Paulette — probablement un diminutif de son premier prénom « Pauline », si celui-ci est avéré — et de l'accoler au nom de sa mère, Goddard. Mariée en 1927 à l'âge de 16 ans, à Edgar James, un riche industriel, elle en divorce dès 1929 (ou en 1932)[réf. souhaitée]. Par la suite, elle se dirige vers Hollywood et décroche des petits rôles souvent non crédités chez Hal Roach avec Laurel et Hardy et Samuel Goldwyn, où elle joue les Goldwyn girls aux côtés de Betty Grable, Lucille Ball et Jane Wyman dans Le Roi de l'arène, Roman scandals ou Kids millions. Toujours non créditée, elle figure dans des films de prestige signés George Fitzmaurice, Rouben Mamoulian, Raoul Walsh, avec en vedettes Rod La Rocque et Barbara Stanwyck ou Gary Cooper et Sylvia Sidney, côtoyant ailleurs Charley Chase ou Eddie Cantor.

C’est la rencontre avec Charlie Chaplin qui va la propulser au rang de star. Rencontrée en 1932, Paulette Goddard va inspirer à Charlie Chaplin le rôle de la gamine des Temps modernes. Pour le film, elle prend des cours de chant, de danse et répète inlassablement des scènes du film jusqu’à l’épuisement. À sa sortie, Les Temps modernes est assez mal accueilli par la critique et c’est de ce film que date l’hostilité persistante dont Charlie Chaplin ne cesse plus de faire l’objet en Amérique.

Épuisé par le tournage, le couple embarque en février 1936 pour une croisière en Extrême-Orient et, au cours du voyage, les amants se marient, une union qui reste secrète et donne lieu plus tard à une polémique pendant les préparatifs du casting du film le plus célèbre du cinéma, Autant en emporte le vent. En effet, en 1938, le producteur David O. Selznick recherche sa Scarlett pour le film en question et toutes les actrices en vue se mettent sur les rangs pour décrocher le rôle. Paulette Goddard est l’une des actrices pressenties. Elle passe un bout d’essai et tourne deux scènes sous la direction de George Cukor. Selznick est séduit et l’envoie à La Nouvelle-Orléans pour travailler son accent du Sud. Le producteur s’est presque décidé à la choisir quand la rumeur se répand que Paulette Goddard et Charlie Chaplin ne sont pas réellement mariés ; alors, sans preuve irréfutable de leur acte de mariage, le rôle tant convoité lui échappe.

Mais elle sait rebondir : George Cukor lui propose un rôle dans son film suivant : Femmes où elle interprète avec énergie le rôle de Miriam. Remarquée à nouveau par la Paramount Pictures, la compagnie lui fait signer un contrat et Paulette Goddard devient une des plus grandes stars de la firme pendant dix ans.

Tout de suite, Paulette rencontre un triomphe avec Le Mystère de la maison Norman, une comédie débridée, remake d’un classique du film d’horreur avec un Bob Hope qui inaugure toute une série de films à succès à la Paramount.

L’année 1940 est prolifique ; elle retrouve Bob Hope pour Le Mystère du château maudit, avec les mêmes ingrédients que pour le précédent et les mêmes résultats au box-office. Charlie Chaplin fait appel à elle pour jouer le rôle d’Hannah, une jeune fille juive, dans Le Dictateur, brillante satire anti-hitlérienne. Néanmoins, le couple divorce deux ans plus tard.

Elle tourne également Swing Romance, une comédie musicale avec Fred Astaire, lequel vient de se séparer de sa partenaire de prédilection Ginger Rogers. Autre succès, la même année, avec un film à gros budget de Cecil B. DeMille qui rapporte à la Paramount les plus grosses recettes de l’année : Les Tuniques écarlates, face à la star Gary Cooper. Paulette retrouve ensuite par deux fois De Mille dans des superproductions aux recettes garanties : Les Naufrageurs des mers du Sud en 1942, avec à la clé, tempêtes, naufrages, trésor, calamar géant, combat sous-marin, le tout sublimé par le flamboyant Technicolor ; puis Les Conquérants d'un nouveau monde en 1947, dans lequel elle retrouve Gary Cooper. Épopée à gros budget (à peu près cinq millions de dollars) dédiée aux premiers colons américains, Paulette y affronte la déportation coloniale, les Indiens, les feux, les explosions, et un Cecil B. DeMille décidé à lui faire subir les pires tourments.

En 1944, elle obtient une nomination pour l’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Celles que fiers nous saluons, film consacré aux infirmières de la Seconde Guerre mondiale. Elle contribue également à l’effort de guerre en participant aux tournées destinées à soutenir le moral des troupes, ainsi qu'aux films de divertissement avec une pléiade de stars dans leur propre rôle, tels que Au pays du rythme ou Duffy's Tavern.

Parmi ses meilleurs films on peut encore citer Par la porte d'or, mélodrame avec Charles Boyer et Olivia de Havilland en co-vedettes ; La Duchesse des bas-fonds, un film d’époque inspiré par le mythe de Pygmalion, les deux signés Mitchell Leisen (un de ses réalisateurs de prédilection), et Le Journal d'une femme de chambre. Paulette Goddard produit ce dernier film avec son troisième mari, l’acteur Burgess Meredith, rencontré sur le tournage de Swing Romance (ils se sont mariés en 1944). Grâce à eux, le réalisateur Jean Renoir jouit pour ce tournage d’une entière liberté. Avec cette tragi-comédie adaptée très librement du roman d'Octave Mirbeau, Jean Renoir se démarque de ses films précédents, plus lyriques, et marque le début d’une période plus stylisée et laconique.

Souvent partenaire de James Stewart et de Gary Cooper, mais plus fréquemment de Ray Milland et Fred MacMurray, Paulette Goddard est ailleurs opposée à Claudette Colbert et Veronica Lake ; elle figure également parmi les héroïnes des films de King Vidor, John Huston et de George Stevens (ces deux derniers n'ont pas été crédités sur La Folle Enquête).

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