Paul (ou Pávlos) de Grèce (en grec moderne : Παύλος της Ελλάδας puis Παύλος Ντε Γκρες), parfois appelé Pávlos Glücksbourg (en grec moderne : Παύλος Γλίξμπουργκ), est né le 20 mai 1967 à Tatoï, près d'Athènes, à l'époque où la Grèce était encore une monarchie. Fils aîné de l’ex-roi Constantin II, il lui succède comme prétendant au trône le 10 janvier 2023.
Né un mois après la mise en place de la dictature des colonels, qui chasse sa famille de Grèce en décembre 1967, Paul passe l'essentiel de sa jeunesse en exil en Italie, au Danemark, au Royaume-Uni et aux États-Unis. Formé militairement à l'académie de Sandhurst et diplômé en relations internationales à l'université de Georgetown, le prince réalise ensuite une carrière dans la finance, entre Londres et New York. En 1995, il épouse une richissime Américaine du nom de Marie-Chantal Miller, avec laquelle il a cinq enfants, nés entre 1996 et 2008.
Libre de rentrer dans sa terre natale depuis la victoire judiciaire de sa famille face à Athènes devant la Cour européenne des droits de l'homme (2002), Paul maintient sa résidence à l'étranger et ne passe que quelques jours par an en Grèce. Ayant récupéré la nationalité grecque en 2026, il renonce officiellement à toute revendication dynastique et adopte comme patronyme une version translittérée du nom français « de Grèce ». Peu populaire dans son pays d'origine, le prince cherche, malgré tout, à se positionner en commentateur de la vie politique et se montre actif sur les réseaux sociaux. Passionné par la navigation à voile, il reste toutefois plus connu pour ses liens avec le gotha européen et la jet set internationale.
Le prince Paul est le fils aîné et le deuxième enfant du roi Constantin II de Grèce (1940-2023) et de son épouse la princesse Anne-Marie de Danemark (1946). Par son père, il est donc le petit-fils du roi Paul Ier de Grèce (1901-1964) et de la princesse Frederika de Hanovre (1917-1981) tandis que, par sa mère, il descend du roi Frédéric IX de Danemark (1899-1972) et de la princesse Ingrid de Suède (1910-2000).
Neveu des reines Sophie d'Espagne (1938) et Margrethe II de Danemark (1940), Paul est également apparenté à la plupart des autres monarques du vieux continent en sa qualité de descendant de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), surnommée la « grand-mère de l'Europe », et du roi Christian IX de Danemark (1818-1906), surnommé le « beau-père de l'Europe ».
Le 1er juillet 1995, Paul épouse, à la cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie de Londres, la roturière anglo-américaine Marie-Chantal Miller (1968), fille de Robert Warren Miller (1933) et de son épouse équatorienne María Clara Pesantes (1940). De ce mariage, naissent cinq enfants :
María Olympía de Grèce (née à New York, le 25 juillet 1996), princesse de Grèce et de Danemark ;
Konstantínos Aléxios de Grèce (né à New York, le 29 octobre 1998), prince de Grèce et de Danemark ;
Achíleas Andréas de Grèce (né à New York, le 12 août 2000), prince de Grèce et de Danemark ;
Odysséas Kímon de Grèce (né à Londres, le 17 septembre 2004), prince de Grèce et de Danemark ;
Aristídis Stávros de Grèce (né à Los Angeles, le 29 juin 2008), prince de Grèce et de Danemark.
Le prince Paul voit le jour au palais de Tatoï, près d'Athènes, un mois après le coup d'État militaire ayant débouché sur la Dictature des colonels, le 20 mai 1967. Sa naissance fait perdre à sa sœur Alexia, alors âgée de deux ans, le statut d'héritière du trône hellène.
Le 29 juin 1967, lors de son baptême, dans la cathédrale de l'Annonciation d'Athènes, le diadoque reçoit pour parrains sa grand-mère, la reine douairière Frederika, et l’ensemble des membres de l'Armée grecque. Une telle situation n’est pas exceptionnelle dans l'histoire de la dynastie hellène puisque plusieurs autres membres de la famille royale (comme la princesse Catherine ou le roi Constantin II lui-même) ont également reçu les militaires pour parrains. Malgré tout, cette décision n’est pas anodine dans la mesure où la Grèce vit, depuis le coup d'État du 21 avril 1967, sous une dictature militaire et que le choix des parents de Paul peut être considéré comme une forme de reconnaissance de la junte au pouvoir. C'est d’ailleurs ainsi qu’est perçue la cérémonie à l'étranger et aucun membre de la dynastie danoise, à laquelle appartient la mère de l'enfant, n'est autorisé à assister au baptême du fait de l'opposition du gouvernement de Copenhague au régime en place à Athènes.
De l'exil de la famille royale à l'abolition de la monarchie
Le 13 décembre 1967, le roi Constantin II organise un contre-coup d’État pour restaurer la démocratie en Grèce. Cependant, sa tentative échoue et la famille royale trouve refuge à l'étranger tandis qu'une régence, présidée par le général Zoitákis, est mise en place à Athènes. Âgé de seulement quelques mois, le prince Paul quitte sa terre natale et ne revoit pas son pays avant le 12 février 1981, date à laquelle il est autorisé à rentrer une journée en Grèce pour assister aux funérailles de sa grand-mère, la reine douairière Frederika.
Chassée de Grèce, la famille royale s'installe plusieurs années à Rome, en Italie. Dans un premier temps, elle réside à l'ambassade de Grèce car, même exilé, Constantin II conserve son statut royal. Puis, Paul, ses parents, sa sœur Alexia et son frère Nikólaos (né en 1969), s'installent dans un hôtel particulier, situé au no 13 de la Via di Porta Latina.
Après le référendum grec du 29 juillet 1973 et la mise en place d'une république dominée par les militaires, la situation financière de l'ancienne famille royale se complique et Constantin II choisit de quitter l'Italie pour le Danemark. Mais, après presque une année passée au palais d’Amalienborg, le monarque détrôné et sa famille établissent finalement leur résidence au Royaume-Uni, à Chobham puis à Hampstead.
À la chute du régime des colonels, en juillet 1974, l'abolition de la monarchie est confirmée. Un nouveau référendum, organisé en décembre, confirme en effet l'adoption du régime républicain par la Grèce. En outre, l'exil de l'ancienne famille royale est maintenu par les autorités, qui voient en Constantin II et ses proches des facteurs d'instabilité. C'est la raison pour laquelle les titres de Paul ne sont plus, aujourd'hui, que des titres de courtoisie qui ne jouissent d'aucune reconnaissance officielle en Grèce.