Ce Jour-là

Paul Vidal de La Blache

Géographe français (1845-1918)

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Paul Marie Joseph Vidal de La Blache ou Vidal-Lablache, né le 22 janvier 1845 à Pézenas (Hérault) et mort le 5 avril 1918 à La Seyne-sur-Mer (Var), est un géographe, cartographe et professeur de géographie français.

Géographe émérite français, il atteint une visibilité nationale en 1903 grâce à ses travaux sur les découpages régionaux dans le Tableau de la géographie de la France, ouvrage fondateur de la géographie moderne, qui est le premier volume de la grande Histoire de France d’Ernest Lavisse.

Il s'oppose farouchement à l’école allemande de géographie politique et s’oppose au déterminisme géographique (ou déterminisme naturel), qu’il considère comme insuffisant. Son œuvre vise donc à compléter cette théorie, jusqu’à poser les bases du possibilisme géographique, une notion complètement inverse, développée entre autres dans les travaux d'Élisée Reclus.

Dans la seconde moitié du XXe, l’école de la géographie française est très influencée par la géographie dite vidalienne ; les vidaliens accordent une importance à définir la « région », son découpage sur la base d’éléments naturels mais qui doivent correspondre à des réalités humaines, historiques et sociales.

Ses cartes notamment de la France seront utilisées dans les écoles et l’enseignement.

Il est un des fondateurs de la revue Annales de géographie, socle du renouvellement de la géographie française à la fin du XIXe siècle.

La famille de Paul Vidal de La Blache est originaire du hameau de La Blache, au sud du territoire de la commune de Malrevers, dans le Velay. À l'origine, elle se nomme uniquement Vidal, et prend le nom de son hameau, sans particule.

Son père, Antoine, né le 4 mai 1810, étudie au collège de Narbonne jusqu'à ses 17 ans, lorsqu'il est envoyé par son père en pensionnat à Paris. Il obtient en juin 1830 un baccalauréat ès Lettres. Il devient enseignant de philosophie et rhétorique, à Millau en 1831, Perpignan l'année suivante, Bédarieux en 1833 — année où il obtient une licence —, puis à Toulouse. Le 30 septembre 1840, Antoine Vidal-Lablache est muté au collège de Pézenas. Le 29 juin 1844, le conseil municipal demande la nomination de Vidal-Lablache au poste de principal, pour remplacer M. Lombard, muté à Narbonne. Le 7 septembre 1844, après plusieurs rapports à charge de Lombard contre le professeur de rhétorique, une pétition des notables de la commune, une lettre du maire Félix de Juvénel au ministre, Vidal-Lablache est évincé au profit de M. Baget. Grâce à son frère Frédéric, curé à Bram, il rencontre Irma Bar, fille d'un notable du village, où ils se marient le 13 septembre 1843.

Le 22 janvier 1845, à minuit, Paul Vidal de la Blache naît à Pézenas ; il est baptisé le 4 février à l'église Saint-Jean. La famille déménage à Auch le 3 octobre 1845, où Antoine a obtenu un poste au lycée, puis à Avignon le 30 septembre 1847. Irma accouche de François le 19 juillet 1848. En 1854, lors de sa onzième tentative, Antoine obtient in extremis l'agrégation, et devient professeur de logique au lycée de Rodez le 30 septembre 1856, puis de Carcassonne le 3 octobre 1857 et enfin de Montpellier le 24 septembre 1861. Le 20 octobre 1864, la famille emménage à Nice, où Antoine est nommé inspecteur.

Paul suit son père dans toutes les villes où il est muté. Ainsi, il étudie Avignon, Rodez et Carcassonne. Il obtient d'excellents résultats et son père l'envoie étudier à Paris, en 1858, au lycée Charlemagne. Il y étudie en classe de seconde, de rhétorique, logique puis en classe préparatoire à l'École Normale Supérieure jusqu'en 1863. Il y rencontre le futur historien Ernest Lavisse, de trois ans son aîné mais avec seulement un an d'avance sur lui. Il excelle en lettres et en humanités, et ses notes en sciences sont plutôt basses. Entre 1859 et 1862, il obtient plusieurs prix de Versailles et Paris en latin, français et histoire géographie. Il obtient son baccalauréat ès lettres en 1861.

On lui refuse l'entrée à l'École Normale Supérieure en 1862 à cause de son jeune âge. Le 20 janvier 1863, son père écrit à Jean-Baptiste Philibert Vaillant, ministre de l'instruction publique : « Comment lui faire employer son temps avec utilité ? Je n'aurai d'autre alternative que de l'exposer à l'oisiveté de la province ou que de l'engager à suivre à Paris un cours de droit qui l'éloignerait de ses goûts et du but de ses travaux ». Finalement, Désiré Nisard, directeur de l'École Normale Supérieure, permet que Paul soit admis au concours qui se déroule du 1er au 8 juillet, alors qu'il n'atteint toujours pas la limite d'âge. Il est reçu deuxième des 16 candidats admis sur 74. Rue d'Ulm, il rencontre Alfred Nicolas Rambaud, Gabriel Monod, Paul Gaffarel et Albert Duruy.

C'est là que se développe sa passion pour l'histoire : une note interne du 19 septembre 1865 dit « après de nombreux

et assez brillants succès dans nos épreuves littéraires, s'est tourné vers

l'étude de l'histoire, attiré de ce côté par une vocation un peu tardive mais sincère ». En 1866, plus jeune candidat à l'agrégation, il obtient le premier rang en histoire-géographie. À l'époque, histoire et géographie ne sont pas séparées par une frontière institutionnelle forte : la géographie est alors faiblement structurée sur le plan académique, d'abord perçue comme une « servante de l'histoire ».

Dès son agrégation, il demande à être affecté à l'École française d'Athènes. En attendant le départ prévu en début d'année, il est nommé professeur d'histoire au lycée de Carcassonne le 10 septembre 1866. Depuis Bram, où il est en vacances, il écrit au directeur de l'instruction publique : « il est inutile que je me rende au poste qu'un récent arrêté m'a assigné à Carcassonne. Il ne serait, ce me semble, avantageux ni pour la classe ni pour moi-même d'entreprendre des fonctions destinées à expirer dans une courte échéance ». Néanmoins, à cause du manque de professeurs d'histoire, il enseigne à Carcassonne jusqu'au 31 décembre.

Le 16 janvier, Victor Duruy le nomme à Athènes. On lui acquitte 800 francs pour le voyage qu'il effectue en février. Il visite l'Italie de février à avril, et arrive à Athènes en mai. Il visite pendant l'été les îles Égéennes, la mer de Marmara et la mer Noire, et, pendant l'automne, le Péloponnèse. À l'été 1868, il rentre en France et loge chez son père, devenu inspecteur à Toulouse. Pendant cet été, il se fiance avec Laure Mondot, fille de Casimir Mondot, collègue et ami de son père. Sur le retour vers Athènes, il passe par Milan le 1er septembre et séjourne à Venise du 13 septembre au 10 octobre, pour arriver le 27 octobre. Il entretient dès lors une relation épistolaire avec sa fiancée et sa belle famille. En 1869, il embarque sur le Forbin pour effectuer un voyage dans le nord de la mer Égée, et admire les minarets de Salonique le 23 mars 1869 et s'émerveille de Smyrne. En juin, il monte sur un bâtiment de la marine qui vogue vers la Syrie. Il visite Beyrouth, Damas, les ruines de Baalbek et Jaffa. Dans une lettre à sa fiancée datée du 11 septembre, il se dit « pèlerin de la Terre Sainte ».

Il effectue en 1869 ses premières publications, dans le bulletin de l'École française d'Athènes : « tablette judiciaire du tribunal des Héliastes », « monnaie byzantine inédite » et « catalogue des monnaies antiques des Iles Ioniennes », et dans la revue archéologique : « statuette cypriote du musée d'Athènes » et « inscriptions de Théra (Santorin) ». Il rédige un mémoire de deuxième année sur Hérode Atticus, rhéteur grec né en 101 et mort en 177, éducateur de Marc Aurèle et important mécène. Émile-Louis Burnouf, directeur de l'école, transmet le texte à l'académie des inscriptions et des Belles-Lettres, qui est salué par Félix Désiré Dehèque.

En octobre 1869, il visite l'Égypte : Le Caire, Memphis, Alexandrie et Port-Saïd, où il assiste à l'inauguration du canal de Suez. Il rentre à Athènes le 1er décembre, pour en repartir définitivement avec 1 600 francs en poche pour rentrer en France. Il séjourne à la villa Médicis à Rome à partir du 13 décembre. Il y rencontre le sculpteur Louis-Ernest Barrias, l'architecte Gustave Adolphe Gerhardt et le peintre Henri Regnault, et repart le 20 janvier 1870 pour Marseille.

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