Ce Jour-là

Paul Van Zeeland

Homme d'état belge

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Le vicomte Paul Guillaume van Zeeland, né le 11 novembre 1893 à Soignies et mort le 22 septembre 1973 à Bruxelles, est un avocat, homme politique catholique et homme d'État belge. Juriste, économiste, professeur, banquier et conseiller politique, il est à l'origine de nombreuses réformes économiques et de structures. Il préside les deux premiers gouvernements de Rénovation nationale dans lesquels il exerce les rôles de premier ministre et de ministre des Affaires étrangères de 1935 à 1937. Plus tard, il exerce à nouveau uniquement le rôle de ministre des Affaires étrangères de 1949 à 1954.

Origines, études et carrière professionnelle

Paul van Zeeland est issu d’une famille aisée dont les ascendants sont originaires du Brabant-Septentrional aux Pays-Bas. Son grand-père vient s’installer en Belgique, à Soignies, pour des raisons religieuses au cours du XIXe siècle. Il est un des fils de l’union de Louis-Léopold van Zeeland et de Marie-Félicie Ynaert et le septième d’une fratrie de huit frères et sœurs.

Ses parents, en particulier sa mère. lui transmettent le goût de l’ambition et de la réussite, si bien que celui-ci devient un élève brillant et modèle. En effet, il effectue ses études au collège Saint-Vincent et termine en tête de classe avec une moyenne de plus de 96 % [source ?]. Il poursuit son parcours universitaire de manière tout aussi admirable que son parcours scolaire en suivant un bachelier en philosophie thomiste et en décrochant la plus grande distinction des études de philosophie et lettres qu’il suivait simultanément.

Ses études sont interrompues par l’avènement de la Première Guerre mondiale lors de laquelle il fait partie de la « compagnie universitaire de Louvain », se fait prisonnier de guerre pendant plus de quatre ans et est déporté dans plusieurs villes en Allemagne. Il tente de s’échapper trois fois.

La fin de guerre lui permet de reprendre ses études là où il les avait laissées et d’obtenir un doctorat en droit avec la plus grande distinction en 1920. Il poursuit ensuite une formation en sciences politiques et diplomatiques. Ses compétences pluridisciplinaires et sa faculté à briller dans tous les domaines seront les facteurs de la réussite de son futur parcours en politique. Il saisit sa chance pour partir étudier à l’étranger en obtenant une bourse de la Commission for Relief of Belgium (CRB), ce qui lui donne le privilège de se rendre à Princeton, aux États-Unis, pour présenter sa thèse, consacrée à la réforme monétaire, sous la direction du professeur Edwin Kemmerer. Ses connaissances du système monétaire américain constituent pour celui-ci un atout incontestable à cause l’importance des États-Unis et de leur monnaie, le dollar, à la sortie de la guerre. Léon H. Dupriez, un professeur de Van Zeeland, mesure combien l’Amérique est désormais destinée à jouer un rôle important dans la vie internationale et à quel point dès lors les connaissances de ce dernier lui seront utiles sur la scène internationale.

Van Zeeland effectue alors un stage dans une banque, ce qui lui permet d’observer de près le fonctionnement du système bancaire. Lorsqu'il revient en Europe, il a gagné en reconnaissance et est considéré comme un spécialiste de l’économie (en particulier de l’économie américaine, de toute évidence). Il fait figure de pionnier dans la littérature sur l’économie en publiant en 1922 « La réforme bancaire aux Etats-Unis d’Amérique de 1913 à 1921. Le système de réserve fédérale ». Par le biais de cette publication, il en profite également pour critiquer certains aspects de cette structure économique américaine mais également d’autres structures économiques étatiques qui lui déplaisent comme la trop grande dépendance de la finance à la politique.

Il entre à la Banque nationale en 1924 et en sera nommé directeur en 1926, puis « vice-gouverneur » en 1931. Ses compétences dans les questions économiques et monétaires dans les relations internationales lui permettent de faire partie des délégations belges aux grandes conférences économiques européennes et internationales.

Van Zeeland épouse le 18 août 1926 la baronne Renée Dossin de Saint-Georges, fille du lieutenant-général baron Émile Dossin de Saint-Georges, commandant de la 2e division d’armée en 1914-1918.

À partir de 1928, il décide de partager ses savoirs avec les étudiants belges en enseignant le cours d’analyse financière à l’Université de Louvain. Il participe également à la création de l'Institut de recherches économiques et sociales, dont il devient le directeur. Son réseau de relations et le nombre de ses expériences, notamment internationales, ne cessent de croître au fil des années, de même que sa réputation.

Lors de ses jeunes années, Van Zeeland n'avait conçu des ambitions politiques jusqu'au jour que le roi Albert Ier le convoqua pour un entretien pour discuter de problématiques monétaires. Petit à petit, au fil des rendez-vous et des sujets de conversations, le roi, en tant que professeur, enseigna à Van Zeeland les rouages de la vie politique.

C'est en juin 1934, à la suite de l'alliance temporaire des jeunes socialistes et libéraux que, le gouvernement ayant été mis en minorité, Charles de Broqueville dut démissionner en vue charger de constituer un nouveau gouvernement. À la suite du retrait de la vie politique de grandes figures comme Hymans, Janson et Lippens, Gustave Sap obtint le poste de ministre des Finances. Il avait une forte personnalité et se vit imposer deux ministres sans portefeuille : Jules Ingenbleek et Paul van Zeeland. Six semaines après la formation du gouvernement, Paul van Zeeland déposa sa démission en ne pouvant plus supporter de voir adopter des mesures économiques opposées à celles préconisées par le plan de redressement économique et monétaire qu'il avait établi dès son arrivée au cabinet

Van Zeeland I du 25 mars 1935 au 13 juin 1936, coalition catholique-libérale-socialiste

Le 13 novembre 1934 le gouvernement de Broqueville est démissionnaire. Georges Theunis est alors chargé de composer une nouvelle équipe composée de libéraux et de catholiques, mais elle démissionne le 19 mars 1935. Le 23 mars 1935, Paul van Zeeland se voit confier par le jeune souverain Léopold III la lourde charge de former un gouvernement tripartite. Le 25 mars est donc annoncée la composition de son gouvernement comptant quinze membres, dont trois ministres sans portefeuille.

Durant son mandat, le premier ministre et ministre des affaires étrangères a pour seul objectif le redressement économique de la Belgique, et son programme comprend notamment la prolongation des pouvoirs spéciaux, la stabilisation du franc par une dévaluation (qui permet à la Belgique de voir ses exportations reprendre et entraînera une reprise de l'activité économique), le contrôle du crédit bancaire et la création d'un Institut central hypothécaire.

La première grande réforme du gouvernement Van Zeeland est la dévaluation de 28 % de sa valeur du franc belge afin de mettre un terme à la crise de déflation dont souffrait la Belgique.

Cette opération fut considérée comme un succès par la plupart.

La deuxième réforme est, le 19 avril 1935, la création de l'Office de Redressement Économique (OREC).

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