Giovanni Battista Montini, né le 26 septembre 1897 à Concesio (royaume d'Italie) et mort le 6 août 1978 à Castel Gandolfo (Italie), est un prélat catholique italien et saint de l'Église catholique, élu pape le 21 juin 1963 sous le nom de Paul VI (en latin Paulus VI, en italien Paolo VI). En qualité d'évêque de Rome et chef d'État du Vatican, il est le 262e pape de l'Église catholique jusqu'à sa mort.
Comme souverain pontife il succède à Jean XXIII et s'attache à poursuivre et conclure le concile Vatican II, amorçant ainsi une profonde mise à jour (aggiornamento) de l'Église. Paul VI joue un rôle central dans la réforme de la Curie romaine, la création du synode des évêques, la modernisation de la liturgie (notamment l'introduction des langues nationales dans la messe), et la publication de plusieurs encycliques majeures comme Ecclesiam Suam (1964), Populorum progressio (1967) sur le développement des peuples, et Humanæ vitæ (1968) sur la régulation des naissances.
Premier pape à voyager hors d'Europe depuis 1870, il marque l'histoire par ses nombreux déplacements apostoliques sur tous les continents : Terre sainte, Inde, ONU à New York, Fátima, Colombie, Ouganda, Extrême-Orient, etc. Il s'engage aussi résolument dans le dialogue œcuménique, levant en 1965 l'excommunication mutuelle entre Rome et Constantinople datant du schisme de 1054, et rencontrant de nombreux chefs d'Églises chrétiennes.
Son pontificat, traversé par les bouleversements des années 1960-1970, est marqué par le souci de l'ouverture au monde moderne, la défense de la doctrine catholique et la promotion du dialogue, mais aussi par des tensions internes, certains jugeant ses réformes trop timides, d’autres trop audacieuses.
Paul VI est béatifié par le pape François le 19 octobre 2014, puis canonisé le 14 octobre 2018. Sa fête liturgique est célébrée le 29 mai, date de son ordination sacerdotale.
Issu d'une famille catholique d'origine montagnarde, Giovanni Battista Enrico Antonio Maria Montini est le fils de Giorgio Montini (1860-1943), directeur du journal catholique Il cittadino di Brescia, plusieurs fois parlementaire, et de Giuditta Alghisi (1874-1943).
Après avoir achevé ses études de droit en 1882, Giorgio Montini prend la direction du journal catholique de la ville de Brescia, Il Cittadino di Brescia. Représentant dans sa province du Mouvement catholique (Movimento cattolico), il fonde des cuisines économiques, un dortoir Saint-Vincent pour accueillir les déshérités, et un « Secrétariat du peuple » destiné à donner des conseils juridiques et administratifs aux paysans et aux ouvriers.
Giuditta Alghisi est originaire de Verolavecchia, un village situé au sud de Brescia. Ayant perdu ses parents très jeune, elle fut placée sous l'autorité d'un tuteur et envoyée dans un pensionnat religieux à Milan. Elle épouse Giorgio Montini le 1er août 1895 à 21 ans, quinze jours à peine après sa majorité.
Giovanni Battista Montini naît le 26 septembre 1897 à Concesio. Il est baptisé à l'église de Pieve di Concesio le 30 septembre de la même année.
Il a deux frères : l'aîné, Lodovico (né le 8 mai 1896, décédé en 1989), devient député puis sénateur de la Démocratie chrétienne, et le puîné, Francesco (décédé le 8 janvier 1971), médecin.
Comme le veut la coutume pour les familles bourgeoises de Brescia, il est confié à une nourrice. C'est Clorinda Zanotti, une mère de quatre enfants vivant à Sacca di Nave (près de Concesio), qui s'occupe de lui pendant quatorze mois.
Giorgio Montini meurt en janvier 1943. Giuditta meurt en mai 1943, quelques mois après son mari.
En 1902, Giovanni Battista commence sa scolarité au collège Cesare-Arici de Brescia, tenu par des jésuites. Il y fait la connaissance d'Andrea Trebeschi, avec qui il entame ses premières grandes actions[Lesquelles ?] pendant la Première Guerre mondiale. Il fréquente également en parallèle la congrégation des oratoriens de Santa Maria della Pace, inspirée par Philippe Néri.
De santé fragile, il est handicapé par une croissance trop rapide et souffre de problèmes cardiaques, ce qui le contraint à suspendre sa scolarité au bout de deux ans. Sa mère le fait alors étudier à la maison.
L'année suivante (en 1905), Montini reprend l'école. Ses études, quoique décousues, sont assez brillantes, si bien que ses camarades le surnomment « le bûcheur ». Il doit suspendre à nouveau ses études en 1910, toujours pour des raisons de santé. Ses parents décident alors de le retirer définitivement du collège et de lui faire donner des cours particuliers, afin qu'il puisse présenter l'examen de fin d'études secondaires en candidat libre.
Dès le collège, il rejoint l'association Manzoni, du nom de l'auteur italien Alessandro Manzoni, qui rassemble des élèves et des étudiants catholiques.
En 1913, il présente un examen d'études secondaires au lycée d'État de Chiari puis passe sa maturità classica, l'équivalent italien du baccalauréat français, en juin 1916. Il est admis au séminaire à la rentrée suivante.
Séminariste sans passer par le séminaire