Ce Jour-là

Paul Strauss

Personnalité politique française

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Paul Strauss, né le 23 septembre 1852 à Ronchamp (Haute-Saône) et mort le 22 février 1942 à Hendaye (Basses-Pyrénées), est un journaliste et homme politique français. Conseiller général, sénateur et ministre, durant toutes ces fonctions et pendant près de cinquante ans, il est toujours préoccupé par les questions sociales, de l'hygiène et de l'Assistance publique.

Il est directeur de la Revue philanthropique de 1887 à 1934, président de l'Association des journalistes républicains, à la suite de Arthur Ranc et vice-président du Conseil supérieur de l'Assistance publique.

Paul Strauss porte un vif intérêt aux questions sociales : protection de la mère et de l'enfant, ainsi que des personnes âgées ; habitat social ; hygiène et santé. Il inspire la loi du 12 avril 1906, parfois appelée loi Strauss, qui complète la loi Siegfried du 30 novembre 1894 sur les habitations à bon marché.

Paul Strauss est le fils d'Isidore Strauss (1819-1906), négociant drapier juif de la Haute-Saône, et de Zélie Schwob (1825-1908), de la famille Schwob d'Héricourt.

L'enfance de Paul Strauss est ignorée, puisqu'il reste très pudique sur cette période de sa vie, y compris dans ses mémoires (Souvenirs, 1934). Les premières informations connues débutent par sa montée à Paris en octobre 1869, qui représente une opportunité d'ascension sociale. Il reste à Paris jusqu'en juillet 1870.

L'engagement politique de Paul Strauss est précoce, liée à son arrivée à Paris, alors qu'il n'a que 17 ans et débute par la lecture de journaux d'opposition au Second Empire, notamment Le Réveil, La Marseillaise, Le Rappel et participe à plusieurs réunions publiques. Ce sont ces lectures qui forment son engagement politique, en écoutant notamment Adolphe Crémieux, Léon Gambetta et en rencontrant par exemple Gustave Courbet et Eugène Varlin, qui sont toutes des personnalités qui représentent une contestation au régime en place.

Lors de la journée du 4 septembre 1870, Paul Strauss est à Lure en vacances et exprime dans ses Souvenirs le regret de ne pas avoir été à Paris lors de cet évènement.

Cette apparition d'un engagement politique et de convictions politiques précoces, notamment la détestation du Second Empire, l'anticléricalisme et la défense de la liberté, entrent en contradiction avec un engagement de patriote. Malgré cela, il s'engage militairement dès l'âge de 17 ans lors de la Guerre franco-allemande de 1870. Le 19 octobre 1870, il est enrôlé dans la garde nationale de Lure. Cet engagement le conduit à effectuer des missions de reconnaissances en tenue civile, peu avant le Siège de Belfort, qui sont des échecs et il revient, lui et ses camarades, auprès de sa compagnie et est affecté à la défense de Besançon. C'est à ce moment qu'il raconte dans son récit Souvenirs, avoir rencontré Léon Gambetta et Giuseppe Garibaldi.

Le 18 novembre 1870, Paul Strauss rejoint, à sa demande, le 4e bataillon de la garde nationale de Haute-Saône et est promu au grade de Caporal-fourrier. L'ordre de retraite du Haut-Doubs le surprend. Il arrive, accompagné de ses camarades en Suisse, le 1er février 1871 et est désarmé. Il arrive malgré tout à s'évader et entreprend un long périple à pied et en train pour parvenir jusqu'à Lure. Il est alors contraint d'y rester, dans une commune sous domination allemande, car le sous-préfet refuse les passeports pour Paris.

« Hélas ! La Commune éclate, le sang coule, la guerre civile ajoute ses horreurs à celles de la guerre France-Allemagne (Souvenirs, 1934, page 20) »

En mai 1871, il regagne Paris et découvre une ville sortant « des ruines fumantes des Tuileries, de la cour des Comptes, de l’Hôtel de Ville » (Souvenirs, page 38). Son récit témoigne d'un traumatisme de la Guerre et la Commune, il est parmi ceux qui considèrent Gambetta comme une « légende » ayant fondé la République.

Dès 1872, avec des étudiants, jeunes professeurs et apprentis journalistes, Paul Strauss participe à la création du journal mensuel La Joute, qui ne connaît que quelques numéros. Dans ce journal, de jeunes étudiants en droit ou en médecine, républicains et anticléricaux prônent l'amnistie, l'instruction obligatoire, le service égal pour tous. Ces revendications font écho avec le programme de Belleville de Léon Gambetta lors de son discours en 1869.

Paul Strauss débute en politique au sein des réseaux républicains. Il est de ceux qui ont eu le même parcours de vie et qui se côtoient, notamment la montée à Paris, la rédaction au sein de journaux républicains, la création de réseaux d'amitiés, une critique et un combat contre l'Empire. L'historien Jérôme Grévy nomme ces réseaux la « nébuleuse gambettiste », composé de six cercles de réseaux, plus ou moins proches, rassemblés autour de Léon Gambetta.

Il fréquente alors les cafés, lieu emblématique de la sociabilité des républicains, ou l'on discute et débat d'un article de journal, des débats parlementaires. Dans ses Souvenirs, Paul Strauss cite le Café Voltaire ou encore le Café Procope et nomme les cafés de la rive droite, fréquentés par le groupe gambettiste, comme la Brasserie des Martyrs, le Café de Madrid (...). La rive droite sera le lieu d'entrée au sein de la politique pour Paul Strauss, puisque comme l'évoque Jérôme Grévy, la « rive droite, la gare Saint-Lazare étant le point de départ et le point d’arrivée des trains des parlementaires », et le lieu des sociabilités de la classe politique républicaine.

Paul Strauss, le 30 août 1873, rejoint un corps d'infirmier afin de faire son service militaire par devancement d'appel. Il est alors, parallèlement, étudiant en médecine et engagé au sein du journalisme politique, et est poursuivi par le gouvernement à cause d'un article pour Le Radical. Cette poursuite du gouvernement s'inscrit dans la crise du 16 mai 1877 et amène le Gouvernement à user des moyens de pressions pour combattre les républicains.

Cet article, il le rédige et le signe le 26 mai 1877, sous le pseudonyme de « Paul Bouquet », car « strauss » en allemand signifie « bouquet ». Il est jugé et condamné par la 11e chambre correctionnelle de Paris pour « complicité dans les délits d’offense envers la personne du président de la République et d’apologie de faits qualifiés de crimes par la loi ».

Paul Strauss ne se présente pas à l'audience, il est déclaré déserteur par l'armée le 2 août 1877 et condamné à trois ans d'emprisonnement puis est radié le 2 février 1878. À la suite de cette condamnation, la publication du Radical est suspendue et Paul Strauss préfère fuir son pays qui le traque car républicain.

Il va fuir et s'exiler à Strasbourg, puis à Bruxelles. Durant cet exil, il entreprend l'écriture de son premier livre, publié en 1878, Le suffrage universel auprès de la librairie socialiste d'Henry Kistemaeckers.

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