Ce Jour-là

Paul Splingaerd

Diplomate belge

Anúncio

Paul Splingaerd, né à Bruxelles le 12 avril 1842 et mort à Xi'an, Shaanxi (Chine) le 26 septembre 1906, est un Belge devenu mandarin chinois de haut rang, de la fin de la dynastie Qing.

Il part pour la Chine à l'âge de 17 ans, et y accompagne tout d'abord une mission en Mongolie de la nouvelle Congrégation du Cœur Immaculé de Marie [CICM] ; puis il se lance dans le commerce des fourrures et du poil de chameau, avant d'entrer au service de Li Hongzhang - un homme d'État de tout premier plan à la fin de la dynastie Qing - pour le compte duquel il s'occupe des douanes dans le Gansu. En remerciement de ses services, Li Hongzhang le nomme mandarin à « bouton rouge », au sommet de la hiérarchie des hauts fonctionnaires de l'Empire chinois. Il termine sa carrière en Chine comme agent de Léopold II et conseiller du gouvernement du Gansu.

Son nom officiel en Chine est Lin Fuchen (林辅臣) mais il est connu sous d’autres noms dont 斯普林格尔德 qui est la translittération en chinois de son nom belge. On trouve par ailleurs de nombreuses références à lui sous le nom de « Splingaert » et de « Ling Darin 林大人», mais il est connu sous une dizaine d'autres noms dont Lin Tafu, alias Lin Taren, alias Lin Balu, alias Lin Bao Luo, alias Lin-Ta-Jen, alias Линь Фу Чен, alias сплингерд, alias Geert Springfield, alias Splingerd, alias Splingart, alias Springraed, alias Splingerdel, alias Spelingeret, alias Lin Dze Me, selon la langue et la traduction phonétique qui en a été faite.

Enfant déposé dans un tour d'abandon de Bruxelles, il est élevé dans un village du Brabant flamand, Ottenburg, successivement dans les familles Depré et Vandeput. Élevé à la ferme, il est infra-scolarisé et ne bénéficie d'aucune culture générale. Il restera quasi illettré toute sa vie. C'est lors de son service militaire à Bruxelles qu'il rencontre l'aumônier général Théophile Verbist qui veut former un ordre missionnaire. À la fin de son service, Paul trouve un emploi de domestique, mais il est vite récupéré par Verbist au même titre. Paul Splingaerd restera dans les premiers locaux de la nouvelle congrégation à Scheut (Anderlecht - Bruxelles) pendant deux ans.

En 1865, Verbist lui propose de l'accompagner en Mongolie comme aide-laïc. Sans attache familiale, Paul Splingaerd accepte et change ainsi sa destinée. C'est ainsi qu'il se joint à la première mission en Mongolie des prêtres de la nouvelle Congrégation du Cœur Immaculé de Marie – les Scheutistes. Bien qu'il n'y ait eu que quatre prêtres et lui, cet événement est rapporté dans des dizaines de livres écrits sur cette époque. Sur leur route vers la Chine, ils passèrent par Rome et furent reçus en audience privée par le pape Pie IX qui conversa avec le jeune Paul.

Il apprend à parler chinois avec une rapidité étonnante, sans livre et simplement par l'écoute. Après la mort du fondateur, Théophile Verbist, (en 1868) il part de Xiwanzi (西彎子 Mongolie-Intérieure, actuellement dans la province du Hebei), où la mission était établie et quitte les prêtres pour la délégation prussienne de Pékin (北京) où il joue les transporteurs de fonds. C'est à l'occasion d'un de ses voyages vers Tientsin qu'il est amené à tuer un commerçant russe du nom de Tchernaief qui lui cherchait noise alors qu'il transportait de l'argent et ceci pour se défendre. Cette affaire fit grand bruit à l'époque dans les milieux diplomatiques, car Paul Splingaerd n'était pas couvert par un passeport personnel et risquait la décollation. Il est cependant acquitté par la justice.

C’est à cette époque qu’il entre en rapport avec le célèbre géologue allemand, Ferdinand von Richthofen qui cherche un guide-interprète et qui est mandaté par la Chambre de Commerce de Shanghai et sponsorisé par l'American mining Compagnies pour une tournée de prospection au travers la Chine. Splingaerd accepte de l'accompagner, sans doute un peu pour se faire oublier. Les deux hommes parcourent en sept voyages la plus grande partie de la Chine pendant 42 mois pour y relever les sites de houille, de minéraux, de flore, etc. (1868-1872). Splingaerd guide le savant et le protège, cherchant les échantillons et les classant. Il s'initie ainsi à la minéralogie et à la géomorphologie. Cette connaissance lui sera précieuse tout au long de sa carrière. Dans ses cahiers de voyage, von Richthofen ne tarit pas d'éloge pour son compagnon, insistant sur son courage et ses facultés de communication avec les autochtones.

À la fin de son contrat avec le baron (1872), il devient commerçant et trafique des fourrures, de la laine et du poil de chameau qu’il va chercher en Mongolie en ramenant des biens de la côte. Il crée la firme Splingaerd-Graesel, soutenu financièrement par Jardine Matheson & Co. Il s’établit à Kalgan (Zhangjiakou 張家口 - Hebei) puis à Guihuacheng (Huhehote - 呼和浩特 - La Ville Bleue), au-delà de la Grande Muraille. Mais c'est un commerce saisonnier, qui nécessite de longs voyages. Paul Splingaerd se montre trop généreux avec les personnes qu'il côtoie, et se fait voler par ses employés et sous-traitants pendant les transports, ce qui ajoute au risque représenté par les brigands ; il ne semble donc pas exceller en tant que commerçant. Il cherche un emploi plus stable, d'autant qu'il a maintenant charge de famille.

Paul Splingaerd était entré en relation avec le vice-roi du Petcheli (北直隶), le grand Li Hongzhang (李鴻章), dès l'époque de Richthofen, et est donc connu de lui. Le ministre le nomme officier des douanes grâce à l’appui de l’allemand Gustav Detring, commissaire des douanes maritimes chinoises, et Paul Splingaerd entame ainsi sa carrière de mandarin (1881). Il est en poste dans la ville de Suzhou (dans le Gansu, et non dans le Jiangsu), aujourd’hui connue en tant que Sùzhōu Qū, à trois mois de caravane de la côte, pour percevoir l’impôt et les taxes. Cette fonction de douane découlait des accords sino-russes dits de St-Petersbourg (24 février 1881 julien) qui imposaient aux Chinois d'établir un poste frontière sur cette branche de la Route de la soie. Il y restera 14 ans avec sa femme Catherine Li-Tchao qu’il épouse en 1873 et qui lui donne 13 enfants ; il pratique bénévolement la médecine et la chirurgie et introduit le vaccin contre la variole, qui tue les enfants et défigure les jeunes femmes qui en échappent. Disposant d'un palais de fonction (yamen), d'un secrétariat et de serviteurs, sa position est proche d'une sinécure. C'est la raison pour laquelle Li Hongzang l'envoie régulièrement à l'ouest (dans le Xinjiang), vers Ürümqi, en mission de prospection ou même dans le Gansu. À Suzhou, Paul reçoit généreusement tous les Européens de passage et contrôle les caravanes de marchandises. C'est ainsi qu'il se débrouille en russe et en turc, outre le mongol.

En 1896, il quitte cette fonction pour pourvoir à l’éducation de ses enfants qu'il place à Shanghai chez les Sœurs Auxiliatrices et les Frères maristes afin de les européaniser, leur langue maternelle étant le chinois, et devient inspecteur aux mines de Kaiping (1896), non loin de Tientsin (Tianjin 天津) qui est a quelques jours de navigation de Shanghai où il a laissé ses enfants aînés.

Doté d’une remarquable capacité pour apprendre rapidement les langues, d’un sens de la communication et de la négociation avec les Chinois hors du commun, il finit par être utilisé par le roi de Belgique Léopold II pour aider les différentes missions que celui-ci envoie en Chine dans le cadre de son ambition de trouver des débouchés pour l’industrie belge (voire de coloniser le Gansu). Splingaerd se voit nommé chevalier de l’Ordre de la Couronne (Belgique-1898) et devient Commissaire de l’État indépendant du Congo (1900), tandis que Li Hongzhang (李鴻章) le porte au sommet du mandarinat en lui accordant le bouton rouge et la plume de paon.

Survient la révolte des Boxers en 1900 alors qu’il était en mission dans le Gansu avec le colonel belge Fivé ; jugeant trop dangereux de se diriger vers Xi'an pour atteindre Pékin, Splingaerd conduit les membres de la mission vers le transsibérien, traversant le désert de Gobi. Bien qu'aidé par la chrétienté locale et par le prince Alashan Wang (le frère du roi de Mongolie), son ami depuis plus de vingt ans, ce périple au travers d'un désert froid et aride affecte sa santé. Les officiers belges continuent seuls vers Irkoutsk (Иркутск).

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Paul Splingaerd | World in Stories