Ce Jour-là

Paul Morand

Écrivain et diplomate français

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Paul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris 8e et mort le 23 juillet 1976 à Paris 15e, est un écrivain, diplomate et académicien français.

Populaire durant l'entre-deux-guerres, il est l'auteur d'environ 80 ouvrages qui touchent à tous les genres littéraires. Il inspire après 1945 une nouvelle génération d'écrivains, les Hussards.

Opérant un virage ouvertement antisémite dès les années 1930, collaborationniste durant la Seconde Guerre mondiale, il est ambassadeur de l'État français de Vichy.

Morand posa quatre candidatures à l'Académie française, jusqu'à être accepté en 1968, Charles de Gaulle ayant notamment mis son veto, avant de le lever la dernière fois.

Son père, Eugène Morand (1853-1930), occupe à Paris, notamment grâce à l'entremise de son beau-frère Abel Combarieu, secrétaire général et directeur du cabinet civil de la présidence de la République, plusieurs fonctions liées à l'art : conservateur du Dépôt des marbres en 1902, directeur de l'École nationale supérieure des arts décoratifs en 1908. Il fréquente également des poètes, dont le cercle des Amis de Mallarmé, des artistes et sculpteurs, dont Auguste Rodin, pendant la jeunesse de Paul. On lui prête cette simple réponse à la sempiternelle question : « Que voulez-vous faire de votre fils ? — Un homme heureux. ». Il meurt en 1930.

La mère de Paul, née Marie-Louise Charrier le 13 mai 1867, issue d'une famille de négociants et de magistrats parisiens, est une femme douce, très catholique. Elle entretient avec son fils une relation faite d'affection et d'admiration, qui aura un rôle majeur dans la vie du diplomate écrivain. Veuve en 1930, elle fait de fréquents séjours estivaux chez son amie Suzanne Lalique, au Prieuré de la Mothe. Paul l'y rejoint souvent, se liant avec les invités habituels, écrivains, tel Jean Giraudoux, ou jeunes peintres dont le fidèle Raymond Legueult, qui fut un élève apprécié d'Eugène Morand aux Arts-Déco. Elle meurt en 1947.

Le jeune Paul apprend l'anglais très tôt et se rend à Londres à plusieurs reprises durant son adolescence (1902, 1903, 1904, 1908, 1909, 1913). Il visite aussi Venise et l'Italie du Nord, et chaque été séjourne pendant un mois près du lac de Côme.

Il entre au collège Jules-Ferry de Paris, puis au lycée Chaptal.

Dans Propos Secrets, Roger Peyrefitte mentionne Morand à propos du « scandale Fersen » dans lequel plusieurs de ses jeunes condisciples du lycée Carnot paraissent avoir été victimes de pédophilie ; il publie la lettre (non datée) que celui-ci lui adressa à la suite de la publication de L'Exilé de Capri (1959) — que Morand rebaptisa Uranus 1900 — qui lui avait rappelé « certains épisodes de son enfance » — sans dire lesquels.

Il rate l'oral de philosophie de son baccalauréat en 1905. Jean Giraudoux devient son précepteur et le jeune Paul se transforme tout d'un coup en élève assidu. Il intègre l'École libre des sciences politiques, dont il est diplômé en 1905 (section diplomatique). Il termine premier au concours du Quai d'Orsay. Son oncle Abel Combarieu introduit Morand aux Affaires étrangères (service du Protocole) en 1912. Tout en débutant dans la carrière administrative, où il reçoit l'appui de Philippe Berthelot, il fréquente les milieux littéraires, fait la connaissance de Jean Cocteau et de Marcel Proust — qui vient d'ailleurs le rencontrer chez lui — et s'essaie à la poésie en composant une Ode à Marcel Proust.

Attaché à l'ambassade de Londres, il rentre à Paris et est affecté au cabinet du ministre des Affaires étrangères pendant la Première Guerre mondiale. Il est ensuite en poste à Rome et à Madrid. Son amitié avec Philippe Berthelot lui permet de faire des missions diplomatiques qui sont en fait à but littéraire. Après son mariage, il se fait mettre en congé illimité mais réintègre la Carrière en 1939 : il est nommé à Londres pour diriger la Mission économique française.

Ses premiers textes publiés sont des poèmes, notamment Lampes à Arc en 1919. Mais il fait sa véritable entrée en littérature en 1921 avec la parution de son premier ouvrage en prose, Tendres Stocks, un recueil de nouvelles préfacé par Proust.

Au cours des années 1920-30, il écrit de nombreux livres, récits de voyage, romans brefs et nouvelles (Ouvert la nuit, Lewis et Irène…), qui frappent par la sécheresse du style, le génie de la formule et la vivacité du récit, mais aussi par la fine description des pays traversés par l'auteur ou ses personnages, généralement de grands bourgeois cultivés aux idées larges.

Joséphine Baker, qui triomphe alors avec ses « danses nègres » au music-hall, lui aurait inspiré le personnage de la danseuse afro-américaine Congo initiée aux rites vaudou dans le Harlem des années 1920, qui apparaît dans une des huit nouvelles de Magie noire (1928)[réf. souhaitée].

Durant la même période, il pratique le journalisme, notamment pour Le Figaro. Il exerce aussi le métier d'éditeur en dirigeant chez Gallimard la collection « Renaissance de la nouvelle », où paraît en 1938 Nouvelles orientales de Marguerite Yourcenar. Il est également membre du comité de direction de l'association du Foyer de l’abbaye de Royaumont.

Le 3 janvier 1927, à Paris, il épouse la riche aristocrate roumaine d'origine grecque Helena Chrissoveloni, princesse Soutzo (1879-1975). Les Morand donnent à cette époque de somptueuses réceptions dans leur hôtel parisien du no 3 de l'avenue Charles-Floquet, dont le salon d'une surface de près de 100 mètres carrés, ce qui faisait dire à Maurice Martin du Gard qu'« il paraissait désert quand il ne s’y trouvait que vingt personnes », ainsi qu'au château des Mesnuls, propriété du frère d'Hélène, banquier cultivé et polyglotte.

Parmi les faits marquants de la vie de Morand, on note son attitude durant la Seconde Guerre mondiale et sa proximité avec le régime de Vichy, de même que son antisémitisme, lequel transparaît déjà dans certains de ces textes publiés avant guerre, comme France-la-doulce.

À Londres, son anglophobie et son antisémitisme imprègnent son Journal de Guerre (tome I) : « Ma doctrine n’a jamais varié : cette guerre fut une folie, nous serons battus, nous aurons la commune puis le fascisme […]. Je ne sais pas quelle figure prendra la défaite, mais elle sera. […] Tout nous préparait : les Juifs apparaissant comme des asticots dans ce qui gâte » (14 mai 1940). Le 1er août 1940, Morand, rallié au nouveau régime, prend l’initiative de se rendre à Vichy et dénonce, dans son dernier rapport, ses collègues anglophiles de l’ambassade. Le gouvernement de Vichy ne le récompense cependant pas pour son ralliement.

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