Paul Desmarais, né le 4 janvier 1927 à Sudbury (Ontario) et mort le 8 octobre 2013 à Sagard (Québec), est un homme d'affaires milliardaire canadien.
De 1968 à 1996, il était PDG de Power Corporation du Canada, entreprise canadienne qu'il a rendue active dans les domaines des services financiers, des communications et des pâtes et papiers. Il a cédé la direction de Power Corporation à ses deux fils, Paul fils et André, en 1996. Il a continué à siéger au conseil d’administration, est devenu président du Comité exécutif et est demeuré actionnaire de contrôle de Power Corporation.
Paul Guy Desmarais est le fils de Jean-Noël Desmarais, un avocat et homme d'affaires de Sudbury, et de Lébéa Laforest, et le petit-fils du bûcheron et pionnier du Nord de l'Ontario, Noël Desmarais, qui a donné son nom à Noëlville maintenant partie de la municipalité de French River. Marié en 1953 avec Jacqueline Maranger, alors infirmière, Desmarais et elle ont eu ensemble deux fils, Paul jr (1954) et André (1956), ainsi que deux filles, Louise (1959) et Sophie (1962).
La famille Desmarais possède un grand domaine familial, à Sagard, entre Saint-Siméon et Petit-Saguenay : le domaine Laforest, rendant hommage à la lignée patronymique de sa mère. Ce domaine couvre plus de 75 km2.
À l'étranger, la famille Desmarais est également propriétaire de maisons secondaires à Palm Beach, en Floride et à New York. Paul Desmarais était le 4e homme le plus riche du Canada en 2007.
Il fait partie des 10 hommes les plus riches du Canada (8e en 2008).
À la tête de Power Corporation, Paul Desmarais était à la source d'une importante collection d'œuvres d'art. Contrairement à la plupart des collections d'entreprises qui visent l'art international, Paul Desmarais voulait se concentrer sur la production nationale et ainsi encourager le milieu des arts local. « C'est ainsi que nous nous efforçons d'encourager la production et le marché artistique de notre pays. » À ce titre, une exposition est organisée au Musée des beaux-arts de Montréal en 1989 consacrée aux œuvres de la collection, notamment les artistes Jean-Paul Riopelle, Cornelius Krieghoff, James Morrice, Paul-Émile Borduas, Stanley Cosgrove, le Groupe des Sept, etc.
Paul Desmarais était également mécène pour le Musée des beaux-arts de Montréal. Il a contribué au financement de l'important pavillon auquel il donne le nom de son père, Jean-Noël Desmarais. Il a fait également don de plusieurs œuvres au musée, notamment un tableau d'Alfred Pellan et d'Hubert Robert, une commode en marqueterie de Jean-Pierre Latz et des bronzes de Pierre-Philippe Thomire.
Comme un signe de son lien à l'Université d'Ottawa, un immeuble de 12 étages a été nommé en son honneur en raison de sa contribution de 15 millions de dollars à l'université. La bibliothèque de l'université Laurentienne (dans sa ville natale de Sudbury) porte le nom de son père, Jean-Noël Desmarais.
De son côté, l'épouse de Paul Desmarais, Jacqueline Desmarais, a encouragé les jeunes chanteurs d'opéra canadiens avec la Fondation Jacqueline Desmarais.
Au décès de M. Desmarais, Le premier Ministre du Canada, Stephen Harper, a souligné que M. Desmarais était « one of Canada’s most successful businessmen » et qu'on se souviendrait de lui pour son leadership, sa philanthropie et son engagement dans la communauté. Plusieurs institutions, qui ont bénéficié de l’implication de M. Desmarais, lui ont également rendu hommage. Notamment l'Université McGill : « He was someone who felt an obligation to contribute to our broader society in many different ways and we were all the richer for that ».
L'Université de Montréal a, quant à elle, nommé un pavilion en son honneur, le Pavillon Paul-G.-Desmarais.
Né d'une famille francophone établie en Ontario (franco-ontarien), il est diplômé de l’Université d'Ottawa. Il rejoint Osgoode Law School avant de retourner à Sudbury en 1951 lorsqu'il achète l'entreprise de transport par autobus de son père, Sudbury Bus Lines, alors en quasi-faillite et qu'il paie symboliquement 1 $ CA.
Après quelques années, son entreprise contrôle une grande partie du marché québécois et ontarien du transport par autobus. Il acquiert par la suite des lignes de bus supplémentaires dans la région d'Ottawa et de Québec.
En 1968, trois ans après son acquisition de la société holding Trans-Canada Corporation Fund (TCCF), Desmarais fait une offre d'échange des actions de celle-ci avec celles de Power Corporation du Canada, dont le siège social est à Montréal. Paul Desmarais en devient bientôt (en 1970) l'unique président et chef de la direction, en tant qu'actionnaire majoritaire. Il s'associe aussi à Claude Pratte, beau-fils d'Onésime Gagnon, en 1968 pour former Prades.
« […] Plusieurs des principales entreprises de Power Corporation se heurtent à des difficultés [en 1968], soit à cause de la dégradation de la conjoncture, soit pour avoir commis des erreurs.
La valeur de Consolidated Bathurst, qui est née en 1966 de la fusion des deux principales participations de Power dans les pâtes et papiers, s’effondre comme celle de tout son secteur au Canada sous l’effet du marasme mondial, des excédents de capacité et de l’escalade des charges. Dominion Glass, un fabricant de contenants en verre, est en perte de vitesse. Canada Steamship Lines, un groupe de transport maritime et de constructions navales, éprouve des conflits syndicaux. Inspiration Limited, la filiale de construction, subit un ralentissement de la demande et essuie des pertes sur deux importants contrats. Enfin, alors même que la Financière Laurentide parvient à surmonter la crise de confiance envers le secteur financier canadien, causée par la faillite d’Atlantic Acceptance au milieu des années 1960, elle doit omettre les dividendes de ses actions privilégiées et ordinaires. La brusque chute du bénéfice de Power n’est alors compensée que par la vente à profit de certains actifs, notamment la participation dans Congoleum-Nairn et les actions de la Banque Royale, de British Newfoundland Corporation et d’International Utilities.
Dans ce contexte particulièrement difficile, Peter Thomson et son conseil d’administration acceptent, au début de 1968, un échange d’actions avec La Corporation de Valeurs Trans-Canada (Trans-Canada), un holding de 75 millions de dollars contrôlé par le financier Paul Desmarais, qui assume aussitôt la direction de Power Corporation. […] En 1968, le portefeuille de Trans-Canada comprend la totalité des actions de Transport Provincial, un important service d’autocars interurbains, une participation majoritaire dans L’Impériale, Compagnie d’Assurance-Vie, de Toronto, une position récemment acquise de 25 % dans le Groupe Investors, une société de fonds communs de placement de Winnipeg (celle-ci détient environ 25 % du capital du Montréal Trust), et un champ de course, une station de radio et des immeubles.