Paul Coze, né le 29 juillet 1903 à Beyrouth (Liban) et mort le 2 décembre 1974 à Phoenix (États-Unis) est un peintre, illustrateur, ethnologue et écrivain français, qui participa à la fondation des Scouts de France et contribua à la reconnaissance des cultures amérindiennes.
La jeunesse de Paul et la fondation du scoutisme en France
Paul Coze est né à Beyrouth le 29 juillet 1903, de père français, Édouard Coze (1861-1942), ingénieur, et de mère russe, Sonia Dabiša-Kotromanić (dite aussi Sophie Wassillevna Dabija-Cotromanitch, 1870-1919), princesse russo-moldave descendante d’un roi de Serbie.
Son père avait été envoyé à Beyrouth — alors ville de l'Empire ottoman — pour y construire une usine à gaz. En 1912, il fut envoyé à Alexandrie, en Égypte comme directeur de la Banque ottomane.
L'Égypte étant à cette époque sous mandat britannique, le jeune mouvement scout — fondé par Lord Robert Baden-Powell en 1908 — y était déjà implanté, favorisé par la rotation des unités avec la métropole. À Alexandrie, la communauté italienne avait, à l'imitation des Britanniques, sa propre troupe de boys scouts. C'est à leur contact que Paul et son jeune frère Marcel (1904-1990), admiratifs, demandèrent à intégrer l'unité. En 1912, ils prononçaient leur promesse, puis décidèrent de fonder leur propre troupe française. Une première patrouille, le « Coq » vit le jour bientôt rejointe par celle du « Chêne », fonctionnant toutes les deux avec les Italiens.
En 1914, à cause de la Première Guerre mondiale, la famille Coze regagna la France et s'établit dans le 16e arrondissement de Paris. Les deux frères ne rêvaient que d'une chose, vivre le scoutisme. Ils trouvèrent un appui en la personne du chanoine Cornette, vicaire de Saint-Honoré d'Eylau, leur paroisse. Le 2 octobre 1916, Paul Coze tenait une conférence sur le scoutisme devant des paroissiens et leurs enfants. Ainsi fut fondée l'une des toutes premières troupes scoutes catholiques en France, Les Entraineurs de Saint-Honoré d'Eylau, avec Édouard de Macedo, leur chef. Environ quatre ans plus tard, la Fédération des scouts de France naissait et les Entraineurs devenaient alors les troupes Saint-Louis.
L'essor du scoutisme et la découverte de la culture amérindienne
Depuis son enfance, Paul Coze avait rêvé à la lecture des romans de Mayne-Reid ou de Fenimore Cooper aux mystères des terres de l'Ouest, peuplées par des tribus indiennes fières et sauvages.
Une rencontre allait déclencher en lui une véritable vocation qui allait faire du jeune homme un spécialiste de la culture amérindienne. En 1920, au cours d'un camp inter-fédéral près de Compiègne, il fait la connaissance d'un Peau-rouge, instructeur dans une patrouille scoute américaine, qui lui transmet l'art d'utiliser le bois, de se camoufler, de lire une piste, etc. Paul Coze est pris alors d'une soif dévorante de connaissance des Amérindiens et de leur culture, fasciné par la richesse de la philosophie et de la spiritualité amérindienne, transmise de génération en génération par des chants et des danses d'une beauté magique.
Il est le premier détenteur du badge de bois au cours du premier camp-école de Chamarande en 1923 et devient commissaire national des Scouts de France au jamboree mondial de 1929 à Birkenhead.
Paul Coze conserva des responsabilités au sein du nouveau mouvement, qui connut une extension rapide sous l'impulsion du père Sevin. Premier rédacteur de la revue Scout, il embaucha et encouragea Pierre Joubert comme dessinateur en 1927.
Les arts décoratifs : l'illustrateur et le peintre
Étudiant à l'École nationale des arts décoratifs de Paris, Paul Coze imagine un spectacle peau-rouge avec des costumes, des danses et des chants devant des parents et amis médusés mais curieux. Un certain nombre se joignent à lui et créent le Club Wakanda (« Grand Esprit » en sioux). Ensemble, ils s'instruisent sur les Amérindiens et montent de nouveaux spectacles.
Au milieu des années 1920, il illustre des romans scouts, comme ceux de Pierre Delsuc et devient directeur artistique de l'éditeur Henry Étienne, 53 rue Réaumur.
Peintre animalier, spécialiste des chevaux et des félins, Paul Coze se rend régulièrement au cirque pour y puiser ses sources d'inspirations. À cette occasion, il fait la connaissance d'Os-Ko-Mon, un Peau-Rouge vedette d'un numéro équestre. Le rejoignant dans sa loge, Coze lui amène un tambour et lui demande lui chanter un air authentique. Os-Ko-Mon lui apprend qu'il a tout oublié. Paul Coze lui laisse le tambour et il est surpris de recevoir, quelques jours plus tard, la visite du Peau-Rouge. Os-Ko-Mon s'installe, le tambour à la main et doucement, puis avec force, chante une mélopée d'une étrange beauté, plus émouvant que tout ce que Paul Coze avait imaginé ; en s'exerçant avec le tambour, il s'était souvenu de chansons entières.
Os-Ko-Mon retrouve peu à peu la mémoire et enseigne non seulement des chants à Paul Coze mais aussi des danses traditionnelles et des coutumes sacrées. Il lui apprend à réaliser une authentique coiffure amérindienne avec des plumes d'aigles. Parcourant tout Paris à la recherche de ces plumes rares, il déniche à un prix dérisoire tout un stock qu'avait commandé Buffalo Bill pour son spectacle Wild West de 1905.
Sur les traces des Peaux-Rouges
Paul Coze fait son service militaire en 1923 à Mayence, en Allemagne, dans un régiment d'artillerie. Blessé dans un incendie de la caserne, il est réformé et pendant sa convalescence, il découvre une série d'articles sur l'extermination des Indiens d'Amérique. Paul correspond avec l'auteur, René Thévenin et lui propose de collaborer pour écrire un livre. L'ouvrage, Mœurs et histoire des Peaux-rouges (Payot, 1928) est immédiatement couronné par l'Académie française.