Paul Claudel, né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère (département de l'Aisne), mort le 23 février 1955 à Paris (16e arrondissement), est un dramaturge, poète, essayiste et diplomate français, membre de l'Académie française. Il est le frère de la sculptrice Camille Claudel, le gendre de l'architecte Louis Sainte-Marie Perrin, et le beau-père du diplomate Jacques-Camille Paris.
Claudel a étudié le droit et la philosophie avant de se tourner vers l'écriture. Ses premiers poèmes ont été publiés en 1890, et en 1893, il a écrit sa première pièce de théâtre à succès La Ville.
Il a également travaillé comme diplomate pour le gouvernement français, ce qui l'a amené à voyager dans de nombreux pays, dont la Chine, où il a écrit une série de poèmes inspirés par sa rencontre avec la culture chinoise.
En plus de ses poèmes, Claudel a écrit de nombreux drames, dont Le Soulier de satin et L'Annonce faite à Marie. Ses œuvres ont été traduites dans de nombreuses langues et ont été jouées dans le monde entier.
Origines familiales et jeunesse
Paul Louis Charles Claudel est issu d'une famille de la bourgeoisie provinciale.
Son père, Louis-Prosper Claudel, né en 1826 à La Bresse (département des Vosges), mort en 1913, est receveur de l'Enregistrement puis conservateur des hypothèques à Nogent-sur-Seine. Il épouse en 1862 Louise Athénaïse, née Cerveaux.
Par son père, on remonte sa généalogie jusqu’à Jacques Elophe Claudel né vers 1500 et mort en 1530.
Conduit par sa carrière en Picardie, son père y trouve une épouse et entre dans une famille de notables enracinés dans l’Aisne.
Par sa mère, il descend de Charlotte de Vertus, issue d’une famille de vignerons. La famille de Vertus prétend, sans preuves, descendre directement d'un fils illégitime de Philippe Antoine, bâtard de Vertus, gouverneur de Blois et de Coucy qui meurt des mains du bourreau le 18 juillet 1445. Ce dernier était le fils naturel de Philippe d'Orléans (1396-1420), comte de Vertus, fils de Valentine Visconti et de Louis Ier d'Orléans, fils de Charles V le Sage.
Paul est le seul de la fratrie à naître dans le village de Villeneuve-sur-Fère, dans l'ancien presbytère du village (devenu depuis 2018 la Maison de Camille et Paul Claudel). La famille y était accueillie depuis 1866 par le curé, oncle de Madame Claudel.
Paul est le frère cadet de Louise Claudel, pianiste née en 1866, et de la sculptrice Camille Claudel, laquelle réalisera en 1884 son buste « en jeune Romain ».
Il grandit à Villeneuve-sur-Fère jusqu'en 1879, puis à Wassy entre 1879 et 1881. De 1882 à 1886 il vit à Paris avec sa mère et ses sœurs au 135bis, boulevard du Montparnasse, puis de 1886 à 1892 au 31, boulevard de Port-Royal.
Il fait ses études au lycée Louis-le-Grand, y obtient son baccalauréat de philosophie en 1885, puis s’inscrit à l’École libre des sciences politiques pour y préparer une licence de droit. Il en est diplômé en 1885 (section administrative). Il passe le concours d'entrée dans le corps diplomatique en 1890. Il est reçu et commence sa carrière en 1893.
Claudel, selon ses dires, baignait, comme tous les jeunes gens de son âge, dans le « bagne matérialiste » du scientisme de l'époque. Il se convertit au catholicisme, religion de son enfance, en assistant en curieux aux vêpres à Notre-Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël.
« Les enfants de la maîtrise […] étaient en train de chanter ce que je sus plus tard être le Magnificat. J’étais moi-même debout dans la foule, près du second pilier à l'entrée du chœur à droite du côté de la sacristie. Et c'est alors que se produisit l'événement qui domine toute ma vie. En un instant mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d'une telle force d'adhésion […] que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d'une vie agitée, n'ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. »
L'auteur clé de sa conversion catholique est Arthur Rimbaud, qu'il découvre peu avant l'évènement de décembre 1886 — à la fois par Les Illuminations mais surtout Une saison en enfer — et qui changera, comme il l'a souvent raconté, le cours de sa vie.
Son œuvre est profondément marquée par la foi chrétienne, à la suite de la révélation en 1886.