Paul Biya, né Paul Barthélemy Biya'a bi Mvondo le 13 février 1933 à Mvomeka'a (département du Dja-et-Lobo), est un homme d'État camerounais. Il est Premier ministre de 1975 à 1982 et président de la république depuis 1982.
Il gravit les échelons sous le président Ahmadou Ahidjo, exerçant les fonctions de chargé de mission à la présidence (1962-1965), de directeur de cabinet et de secrétaire général du ministère de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Culture (1965-1967), de directeur de cabinet civil (1967-1968) et de ministre secrétaire général de la présidence (1968-1975).
Chef de gouvernement à partir de 1975, il prend la tête du pays à la suite de la démission surprise d'Ahmadou Ahidjo en 1982. Il consolide son pouvoir après une tentative de coup d'État de la garde présidentielle en 1984, éliminant alors ses rivaux. Il maintient des relations étroites entre le Cameroun et la France — l'un des anciens mandataires de la Société des Nations sur le pays — et avec le Royaume-Uni.
Il introduit des réformes politiques dans les années 1980 puis, sous de fortes pressions, accélère la mise en œuvre du multipartisme. Élu sans opposition en 1984 et 1988, il remporte d'assez peu l'élection présidentielle de 1992, avant d'être réélu avec une large majorité en 1997, 2004, 2011, 2018 et 2025. L'opposition et des gouvernements occidentaux mentionnent des irrégularités à chaque élection.
À 93 ans, Paul Biya est aujourd'hui le plus vieux chef d'État au monde et le deuxième président de la république en fonction depuis le plus longtemps.
D'ethnie « Fang-Beti-Boulou », Paul Barthélemy Biya’a Bi Mvondo voit le jour le 13 février 1933 dans un village du Sud du Cameroun, en pleine forêt équatoriale, une zone placée sous mandat français.
Il est le fils d'Anastasie Eyenga Ellé et d'Étienne Mvondo Assam, un catéchiste qui voit en lui un futur prêtre et l'oriente d'abord à l'École catholique de Nden, puis aux séminaires d'Édéa et Akono.
En 1961, il contracte un premier mariage avec Jeanne-Irène Biya, morte en 1992. Franck Emmanuel Biya est leur unique fils.
Paul Biya épouse en secondes noces Chantal Pulcherie Vigouroux, de 37 ans sa cadette, et adopte ses deux enfants, issus d'une précédente relation. De ce mariage naissent Paul Junior Biya et Anasthasia Brenda Eyenga (« Brenda »).
Après des études secondaires au lycée Général-Leclerc à Yaoundé, il étudie successivement, à Paris, au lycée Louis-le-Grand, à l’université de la Sorbonne, à l’Institut d’études politiques, où il obtient une licence en droit public en 1961, et à l’Institut des hautes études d’outre-mer alors que sa famille l'avait prédestiné pour la prêtrise. Il ne participe à aucune forme de militantisme politique au cours de ses années d'étude. Paul Biya était citoyen français lorsqu'il était étudiant, il a possiblement renoncé à sa nationalité française à son retour au Cameroun pour occuper des postes gouvernementaux[réf. nécessaire].
Chargé de mission à la présidence
Il est recommandé en octobre 1962 par Louis-Paul Aujoulat à Ahmadou Ahidjo, qui le nomme chargé de mission à la présidence de la République. En janvier 1965, il est nommé directeur de cabinet du ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Culture (William Eteki Mboumoua). En juillet 1965, il occupe le poste de secrétaire général dudit ministère.
Secrétaire général de la présidence
En décembre 1967, il est nommé directeur du cabinet civil de la présidence de la république. En janvier 1968, tout en conservant ce même poste, Paul Biya est nommé secrétaire général de la présidence de la république. En août de la même année, il occupe uniquement la fonction de secrétaire général de la présidence de la république avec rang de ministre.
En juin 1970, Paul Biya est promu ministre d'État, secrétaire général de la présidence de la république.
Le 30 juin 1975, il est nommé Premier ministre par le président Ahmadou Ahidjo.
Une loi du 29 juin 1979 fait du Premier ministre Paul Biya le successeur constitutionnel du président Ahmadou Ahidjo.
Celui-ci démissionne le 4 novembre 1982 et entre rapidement en conflit avec son successeur.