Ce Jour-là

Paul Aurélien

Premier évêque de la ville de Saint-Pol-de-Léon et saint breton originaire de la Grande-Bretagne

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Paul Aurélien ou Pol Aurélien, en latin Paulus Aurelianus et en breton Paol Aorelian, aussi appelé Paul de Léon ou Pol de Léon, mais aussi saint Paul Aurélien, né à la fin du Ve siècle au pays de Galles et mort à la fin du VIe siècle sur l'île de Batz (actuel département du Finistère), est le premier évêque du diocèse de Léon au VIe siècle.

Saint sauroctone (terrasseur de dragon), son histoire est principalement connue par l'hagiographie bretonne, notamment par la Vita sancti Pauli Aureliani, rédigée en 884 par un moine de l'abbaye de Landévennec nommé Wromonoc ou Uurmonoc.

Traditionnellement présenté comme l'un des sept saints fondateurs bretons, saint Paul Aurélien est fêté le 12 mars, jour de décès indiqué par sa Vita.

L'époque et la vie de Paul Aurélien, qui appartiennent « aux temps les plus obscurs de l'histoire de la Bretagne », sont difficiles à appréhender en raison de la rareté des sources historiques.

En 1991, à l'occasion des 1 500 ans de sa naissance, supposée avoir eu lieu en 492, année indiquée par une hagiographie tardive (1637) du dominicain breton Albert Le Grand, mais non confirmée par les historiens, la municipalité de Saint-Pol-de-Léon a organisé une série d'événements commémoratifs, notamment un colloque international, Sur les pas de Paul Aurélien, en association avec le Centre de recherche bretonne et celtique et le Comité Paul Aurélien.

Les actes de ce colloque, publiés en 1997, sont la source principale de cet article.

Le pays de Léon jusqu'à l'arrivée de Paul Aurélien

Une présence humaine est attestée dès le Paléolithique.

À l'âge du fer, les habitants du Léon commercent par mer avec l'Italie et avec les peuples due Nord-Ouest de l'Europe. L'âge du fer est aussi celui de l'installation à l'ouest du Rhin de peuples celtes (nommés Gaulois par les Romains) ; dans le pays de Léon, il s'agit du peuple des Osismes.

Il est probable qu'à l'époque de la conquête de la Gaule par Jules César (-58/-52), le territoire est organisé en une ou plusieurs unités territoriales (pagi) des Osismes, comme l'indique la Vita d'Aurélien, et que cette organisation s'est perpétuée après la conquête, mais l'absence de sources ne permet de déterminer précisément cette organisation.

Le pays de Léon se trouve sur le territoire de la cité gallo-romaine des Osismes (chef-lieu : Carhaix/Vorgium), qui fait d'abord partie de la province romaine de Lyonnaise (créée par l'empereur Auguste), puis de la province de Lyonnaise Troisième (chef-lieu : Tours/Caesarodunum) à partir de 300.

Le paysage de l'époque est agricole avec un habitat plutôt dense, comprenant des fermes pouvant être proches et quelques villae. La production dépasse le niveau de l'autosubsistance et permet des échanges dont on retrouve la trace dans le confort et la décoration des habitations ainsi que dans l'importation de denrées produites hors du territoire. Les fouilles montrent qu'à l'époque de l'empire romain, des améliorations ont eu lieu dans l'habitat, preuve de l'enrichissement d'une partie du peuple osisme.

Comme dans le reste de la Gaule, où on remarque l'importance des petites villes et des voies de communication (terrestres, fluviales ou maritimes), ce territoire comporte un centre urbain, Vorganium (aujourd'hui au lieudit Kérilien, commune de Plounéventer), qui s'apparente à un centre urbain régional, du fait notamment de « l'étoile que dessinent autour de la ville les voies venant de Carhaix, Morlaix, Saint-Pol, Plouguerneau, Saint-Mathieu et Landerneau », de la présence d'un théâtre et d'ateliers de traitement du bronze et du fer. Ces voies denses sont celles qu'utilisent Paul Aurélien et ses compagnons après avoir débarqué à Lampaul-Plouarzel et pris la direction de Saint-Pol-de-Léon.

Les fouilles ont aussi montré l'importance des ports dans les échanges avec notamment la découverte de restes de contenants comme des « fragments de céramique sigillée de Gaule du sud ou du centre, d'amphores à vin (d'Italie, de Catalogne, de Gaule du sud) ».

Notre connaissance du Léon romain atteste la « romanisation des techniques et des modes de vie », mais nous ne savons pas ce qu'il en est des habitants, notamment en ce qui concerne la pratique linguistique. Le gaulois est peut-être resté en usage dans la population rurale, le latin étant utilisé par les fonctionnaires romains et les notables gaulois (les décurions de la cité des Osismes). Sur le plan religieux, « tout permet de croire que les Gaulois qui peuplaient le Léon romain avaient conservé leurs coutumes et croyances ancestrales et n'avaient adopté, des nouvelles pratiques et mentalités, que celles qui n'attentaient pas à leurs traditions pérennes ». La présence romaine n'est donc pas conflictuelle.

Époque de la crise de l'empire (à partir de 250)

Les premières évolutions négatives ont lieu à partir de 250, venant à la fois de l'intérieur de l'empire (bandes de pillards) et des frontières (incursions notamment de Germains). Le changement est assez rapide, les trésors enfouis et une nouvelle utilisation des villae par des habitants n'hésitant pas à faire du feu contre des décorations en peinture sont les prémices de l'effondrement économique à la fin du IIIe siècle.

Le pouvoir central intervient en faisant construire des remparts pour protéger les villes. L'armée romaine établit des forteresses sur le littoral pour résister aux pirates. Ceci correspond avec « la description que nous donne Wrmonoc de l'oppidum de Saint-Pol ». Ce dispositif comportait des groupes de paysans soldats, certainement pour une bonne part des Bretons[pas clair], pour contrôler les espaces importants laissés entre les places fortifiées.

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Paul Aurélien | World in Stories