Paul d'Astros (Paul Thérèse David d'Astros), né le 15 octobre 1772 à Tourves et mort le 29 septembre 1851 à Toulouse, est un homme d'Église français, évêque, puis archevêque et cardinal.
Prêtre réfractaire, il est à partir d'octobre 1801 à la tête du cabinet de son oncle Jean Portalis, conseiller d'État chargé des cultes, où il participe à la mise en œuvre du concordat de 1801. Il est l'un des rédacteurs principaux du Catéchisme impérial instauré en 1806.
Vicaire général de Paris, il s'oppose à la nomination par Napoléon, sans l'accord du Pape, du cardinal Maury à Paris, ce qui lui vaut trois ans d'emprisonnement au secret de 1811 à 1814. Il est le premier supérieur des Bénédictines de la rue Monsieur.
Évêque de Bayonne, puis archevêque de Toulouse, il s'oppose au mennaissisme, crée des communautés du Sacré-Coeur et des séminaires, défend la liberté d'enseignement. Il est enfin créé cardinal en 1850. C'est un Gallican modéré dans la ligne de Bossuet, surnommé le « saint de Toulouse » à la fin de sa vie.
Paul Thérèse David est le fils de Jean François Louis d'Astros (décédé en 1789), reçu avocat au Parlement de Paris, et notaire royal à Tourves, et de Marie Madeleine Angélique Portalis (décédée en août 1792).
Il est le sixième d'une fratrie de neuf enfants, dont :
Marie Françoise d'Astros (1775-1838), dont l'archevêque Dominique Castellan est l'arrière petit-fils ;
le médecin et écrivain provençal Léon d'Astros, dont il joua le rôle de père de substitution après le décès de leur père.
Il est le neveu par sa mère du juriste, parlementaire et homme d’État provençal Jean Portalis qui fut un des rédacteurs principaux du Code civil.
À l'âge de trois ans (c'est l'usage à l'époque), il est confirmé par Jean-Baptiste de Belloy, alors archevêque de Marseille, dont il sera plus tard le vicaire général à Paris.
À l'âge de huit ans, il reçoit la tonsure cléricale des mains de Jean de Dieu-Raymond de Boisgelin de Cucé, archevêque d'Aix. Il étudie dès 12 ans au collège du Bon-Pasteur de Marseille tout en se destinant au sacerdoce et y commençant ses cours de théologie.
Il retourne ensuite à Tourves dans la maison familiale (du fait du désordre semé par la constituante ou du décès de son père), poursuit ses études ecclésiastiques, et devient le père de substitution de ses deux jeunes sœurs et de son petit frère Léon. C'est à Tourves qu'il apprend le vote de la Constitution civile du clergé. Il refuse de prêter serment, ce qui oblige sa mère à se retirer à Marseille puis Aix avec toute sa famille (son père étant décédé depuis deux ans) où elle décède en août 1792. Revenu à Tourves, il est ensuite réquisitionné pour le siège de Toulon. Il s'y rend mais, sa santé se dégradant, il ne voit pas d'autre option que de déserter au bout de quelque temps.
En 1794, il est arrêté, soupçonné de simple vagabondage, et s'évade la nuit même pour échapper au risque d'un interrogatoire à l'issue incertaine le lendemain.
En 1795, il reçoit à Paris, des mains de Jean-Baptiste-Marie de Maillé de La Tour-Landry, dernier évêque de Saint-Papoul, le sous-diaconat le 25 mai, et le diaconat le 30 du même mois.
Après accord de son évêque, Jean de Dieu-Raymond de Boisgelin de Cucé, archevêque d'Aix, il est ordonné prêtre le 23 septembre 1797 (une vingtaine de jours après le coup d'État du 18 fructidor an V) à Marseille, dans une chambre particulière de la rue Bernard-du-Bois, des mains du dernier évêque de Grasse, François d'Estienne de Saint-Jean de Prunières. Il commence l'exercice de son ministère presbytéral en tant que confesseur dans les diocèses de Marseille, Toulon et Fréjus.
Neveu de Jean Portalis qui le considérait comme un fils et appréciait ses qualités (science et éloquence, droiture et fermeté) ainsi que son tempérament agréable, il participe à 29 ans à l'application du concordat de 1801 auprès de son oncle qui lui confie la direction de son cabinet dès sa nomination du 8 octobre 1801, après l’avoir eu comme secrétaire particulier (poste auquel Joseph Jauffret le remplacera). D’Astros entre rapidement en relation avec plusieurs membres du clergé parisien et l’élite ecclésiastique souvent sulpicienne se rend a son cabinet (dont les abbés Duval, Frayssinous, Boyer, de Coussergues, et Emery) où il recueille ainsi les aspirations de l’Église gallicane. L’abbé d’Astros est notamment chargé par Portalis de la sélection de l'ensemble des évêques. Selon son biographe Caussette, il aurait plutôt penché du côté du Pape. Malgré son grand succès dans les missions qui lui avaient été confiées, il ne demande rien pour lui et se voit continuer son ministère presbytéral auprès du prédicateur René-Michel Legris-Duval.
Il est nommé le 12 avril 1802, chanoine à Notre-Dame de Paris. Le 5 septembre suivant, il reçoit des lettres de grand-vicaire d'honneur écrites de la propre main de Étienne-Alexandre Bernier, évêque d'Orléans, dont il avait été le collaborateur à l'administration des cultes. Il ne néglige pourtant pas l'apostolat et ses efforts convertissent la femme de son cousin germain Joseph-Marie Portalis, initialement luthérienne.
Il est nommé ensuite à la tête de la commission chargée de rédiger le catéchisme de l’Empire en 1803. Le 4 avril 1806, un décret impérial ordonne l'usage d'un unique Catéchisme impérial, qui aurait été presque intégralement rédigé par l'abbé d'Astros, à l'exception de la leçon sur les devoirs dus envers Napoléon et le gouvernement qui a été rédigée par l’évêque Bernier, Portalis et le cardinal Caprara malgré l’avis défavorable d’Astros et de sa commission.