Paul-Loup Sulitzer, né le 22 juillet 1946 à Boulogne-Billancourt (Seine) et mort le 5 février 2025 à l'île Maurice, est un homme d'affaires et écrivain français, inventeur d'un genre littéraire : le « western financier ». Ses livres sont traduits dans plus de quarante langues et vendus à plus de quarante millions d'exemplaires.
Son père, Jules Sulitzer, né le 15 décembre 1901 à Brăilaet mort le 8 septembre 1956 à Ramatuelle, immigré juif roumain et ancien résistant décoré de la croix de guerre, cofondateur des remorques Titan, meurt lorsqu’il a dix ans. Sa mère, Cécile Braunstein, est née le 23 octobre 1909 à Bucarest, en Roumanie et est morte le 9 mars 1991 dans le 13e arrondissement de Paris.
Paul-Loup Sulitzer a une sœur, hôtelière à Gassin dans le golfe de Saint-Tropez de 1967 à 1992 (Le Mas de Chastelas).
À 16 ans, Paul-Loup Sulitzer abandonne ses études au lycée Janson-de-Sailly, enchaîne les petits boulots et reste six mois dans un kibboutz en Israël.
Il entre dans une entreprise de transport au Moyen-Orient. Selon son éditeur, il devient à 19 ans le plus jeune PDG de France et fait fortune en vendant des gadgets (notamment à Pif Gadget, ainsi que des porte-clefs qui seront très prisés dans les années 1960 et 1970), repérés au Royaume-Uni et fabriqués en Extrême-Orient.
En 1968, il intègre une holding puis s'établit comme consultant financier. La même année, il apparait dans le long métrage Les Poneyttes réalisé par Joël Le Moigné. Le film est resté inédit en salles, malgré une première organisée à l'Olympia.
En 1980, Paul-Loup Sulitzer propose aux éditions Denoël qu’on l’associe à un écrivain pour produire un « western financier », un roman d’aventures de finance-fiction. C'est le début de sa carrière d'« écrivain ». Loup Durand, journaliste et écrivain, accepte de servir de plume à l’expert, lequel choisit de réinjecter astucieusement son à-valoir dans la publicité du livre. Les journalistes parlent de « système Sulitzer » pour évoquer la façon dont l'écrivain produit ses livres. Bénéficiant des techniques de marketing les plus poussées, Money rencontre un large public. Ce premier roman contient quelques éléments autobiographiques mais la trame du roman est similaire à celle du Comte de Monte-Cristo. Suivront Cash ! (1981) — prix du Livre de l'été — et Fortune (1982), suites des exploits et revers financiers de Franz Cimballi, un homme d’affaires.
Après ces thrillers d’un genre nouveau, le duo publie chez Bernard Fixot en 1983 Le Roi vert, une épopée romanesque qui connaît un succès public considérable et qui sera traduite dans une quarantaine de pays.
À compter de ce moment, les romans se succèdent, au rythme d’un par an : Popov (1984), qui dépeint l’espionnage économique soviétique, Hannah (1985) et L’Impératrice (1986), inspirés du destin d'Helena Rubinstein.
Désormais à la tête d'une fortune d'au moins 30 millions de francs, il vit luxueusement dans un hôtel particulier parisien de la rue de Varenne et roule en Ferrari. Il met en scène médiatiquement ses signes extérieurs de richesse.
En 1987, Pierre Assouline, directeur du magazine Lire, relayé par Bernard Pivot dans Apostrophes, dévoile le « système Sulitzer-Durand » (Sulitzer travaille avec une équipe), avec l’aide de Robert Laffont. Sulitzer riposte en livrant dans la presse les noms de ses collaborateurs, reconnaissant être un « metteur en livre » et non un « auteur ».
En 1994, il publie Le Régime Sulitzer, après avoir perdu 26 kilos.
Paul-Loup Sulitzer déclare au cours d'une interview qu'« un type qui ferme une usine fait plus de mal qu'un cowboy qui entre dans un ranch avec un pistolet ». Son éditeur invente alors l'expression « western financier », genre auquel Sulitzer restera attaché en tant qu'inventeur.
En 1995 survient la mort de Loup Durand, qui n’a jamais admis nettement avoir collaboré à l'écriture de certains romans de Paul-Loup Sulitzer. Sa mort n’empêche pas le système de perdurer, avec des tirages toutefois moins élevés.
Au total, ses 35 ouvrages auraient été tirés à 42 millions d’exemplaires.
En 2003, il lance un journal économique, Savoir s'enrichir.
Souffrant des suites d'un accident vasculaire cérébral en 2004, il emménage chez un ami dans le 17e arrondissement de Paris après avoir quitté quelques années plus tôt son appartement de 400 mètres carrés dans le 16e arrondissement, saisi et vendu aux enchères.
En 2007, il publie Puits de Lumière, un thriller consacré à l'assassinat de Kennedy. Le thriller suivant, Le Roi Rouge (2008), s'inspire de la vie d'Arcadi Gaydamak et de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola, pour laquelle l'écrivain a été cité. Il reproduit dans le roman une grande part du mécanisme de pots de vin qui caractérise cette affaire.