Patrick Buisson, né le 19 avril 1949 à Paris et mort le 26 décembre 2023 aux Sables-d'Olonne, est un essayiste, journaliste, documentariste et conseiller politique français.
Engagé à l'extrême droite dès sa jeunesse, il milite par la suite pour l'union des droites. Il est aussi spécialiste des études d'opinion, directeur général de la chaîne Histoire de 2007 à 2018, ainsi que conseiller du président Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.
Fils d'un ingénieur d'Électricité de France engagé d'abord à l'Action française dans les camelots du roi avant d'adhérer au Rassemblement du peuple français du général de Gaulle, Patrick Buisson est élevé dans les idées de Charles Maurras et dans l'anticommunisme. En 1956, à sept ans, les idées de ses parents l'amènent à manifester contre l'entrée des chars soviétiques à Budapest.
Son engagement politique débute au lycée Pasteur à Neuilly-sur-Seine, où, marqué par la guerre d'Algérie, il refuse de respecter une minute de silence après un attentat meurtrier de l'Organisation de l'armée secrète (OAS). Étudiant en histoire à l'université de Nanterre, appréciant notamment Philippe Ariès et Raoul Girardet, il obtient une licence, puis rédige en 1971, sous la direction de René Rémond, un mémoire de maîtrise sur Les Courants idéologiques dans le mouvement de défense de l'Algérie française. En 1976, il prépare sous la direction de Girardet une thèse de doctorat sur Le Mouvement Algérie française, les hommes et les idées, finalement non achevée.
Durant ses études, il devient vice-président de la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), et s'oppose au Mouvement du 22 Mars en 1968 aux côtés d'Alain Renault, qui est à cette époque rédacteur en chef avec François Duprat des Cahiers européens, publication nationaliste révolutionnaire. Également membre du groupuscule néo-fasciste Occident au début des années 1970, il théorise l'importance des idées dans la bataille culturelle en s'inspirant des textes du militant communiste italien Antonio Gramsci.
Analyste et militant politique d'extrême droite, Buisson s'éloigne cependant de la politique active dès la fin de ses études et, après avoir enseigné jusqu'en 1979, se tourne pour l'essentiel vers le journalisme engagé avec Minute (1981-1987), dont il devient le correspondant à l'Assemblée nationale, puis en dirige la rédaction pendant un an.
En 1984, il publie avec Pascal Gauchon, ex-rédacteur en chef de Défense de l'Occident et ancien secrétaire général du Parti des forces nouvelles, le livre OAS, Histoire de la résistance française en Algérie, préfacé par Pierre Sergent, l'un des dirigeants de l'organisation. Dans ce livre, hagiographique, il justifie son combat contre la « trahison » du général de Gaulle et compare le groupe terroriste à la résistance française pendant l'occupation allemande.
La même année, il publie un album photographique sur Jean-Marie Le Pen, coécrit avec Alain Renault, ancien secrétaire national du Front national et contributeur du journal Militant, ainsi que Le Guide de l'opposition, dans lequel il recense les partis, personnes et clubs de droite et d'extrême droite des villes de France, dans la perspective d’une alliance contre la gauche. Jean-Marie Le Pen lui propose d'être candidat en vue des élections législatives de 1986 mais il décline.
Il œuvre alors au rapprochement de « toutes les droites », déclarant que « Le Pen, le RPR et le PR, c'est la droite. Souvent, c'est une feuille de papier à cigarettes qui sépare les électeurs des uns ou des autres ». Selon son analyse, « les électeurs du FN sont pour l'essentiel d'anciens électeurs du RPR déçus par le recentrage et l'évolution pro-européenne de Chirac, pour le reste d'anciens communistes nostalgiques du temps où le PC était conservateur, autoritaire et nationaliste ». Selon Le Monde, le rôle de Patrick Buisson a été prépondérant dans l'effacement du « cordon sanitaire » séparant la droite républicaine de l’extrême droite.
Licencié de Minute en 1987, il rejoint brièvement Le Crapouillot puis, la même année, Valeurs actuelles, dont il devient, en 1992, directeur de la rédaction générale pour six années.
Après quinze ans de presse écrite, il s'oriente vers le conseil aux hommes politiques. Il devient conseiller de James Goldsmith et de Philippe de Villiers, dont il dirige la campagne pour les élections européennes de 1994 et l’élection présidentielle de 1995, en axant les discours vers l'aile droite du RPR par l'affirmation du souverainisme. Avec la société Publifact, qu'il a créée en juillet 1982, il vend ses services à Alain Madelin et à François Bayrou.
Il lance en 1996 la revue hebdomadaire Politique Opinion en association avec l'ensemble des directeurs des instituts de sondages, et anime à partir de 2000 la page « Opinion » du Figaro.
Il est créateur et animateur de nombreuses émissions politiques sur LCI dont Le Club de l'opinion (1997-2000), Politoscopie (1999- 2000), puis 100 % Politique (à partir de 2001), en compagnie de David Pujadas. Il est créateur et animateur de Un livre, un débat en 2003.
En 2005, il anime l'émission Questions qui fâchent et coanime, jusqu'en 2007, l'émission hebdomadaire sur LCI intitulée Politiquement Show, et assure également l'émission Questions qui fâchent avec Michel Field.
Il dirige la chaîne Histoire (détenue à 100 % par le groupe TF1) depuis octobre 2007. Selon Le Monde, c'est sa proximité avec le président de la République Nicolas Sarkozy qui aurait permis à la chaîne Histoire de recevoir, entre 2008 et 2009, 270 000 € de la part du ministère de la Culture. À partir de cette date, il est reconduit chaque année pour un an à la tête de la chaîne Histoire par le propriétaire de la chaîne, le groupe TF1, mais démissionne de son mandat de directeur général en septembre 2018.
Ayant prédit la victoire du « non » à 55 % au référendum français sur le traité constitutionnel européen, il est approché en 2005 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, qui fait de lui l'un de ses proches conseillers, équilibrant le gaullisme social d'Henri Guaino, rédacteur des principaux discours de sa campagne présidentielle. Il est alors considéré comme un des artisans de la ligne victorieuse de la campagne de 2007 autour d'un discours « décomplexé » sur l'autorité, la morale, l'immigration, la délinquance, l'assistanat, Mai 68, l'identité nationale.
Sans poste officiel au palais de l'Élysée, à sa demande, il demeure cependant un collaborateur très écouté du nouveau président de la République, et quitte l'antenne de LCI. Dès lors, Patrick Buisson guide les choix de Nicolas Sarkozy, notamment sur la création du ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration ou encore dans la conquête du vote Front national via l'élaboration d'un discours sécuritaire ad hoc.
À la suite de l'échec de Nicolas Sarkozy en mai 2012 à l'élection présidentielle, ses choix idéologiques et ses conseils dans la campagne sont l'objet de diverses appréciations et polémiques. Françoise Fressoz, éditorialiste du journal Le Monde, souligne son « populisme », et selon Stéphane Rozès, la « droitisation » à laquelle il réussit à mener l'UMP, participe à provoquer le « dynamitage » de ce parti à la suite des élections pour le renouvellement de ses dirigeants au congrès de novembre 2012.