Ce Jour-là

Patrick Balkany

Homme politique français

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Patrick Balkany, né le 16 août 1948 à Neuilly-sur-Seine, est un homme politique français.

Il est membre du Rassemblement pour la République (RPR), dont il est un des fondateurs, puis de l'Union pour la majorité présidentielle qui devient peu après l'Union pour un mouvement populaire (UMP), et enfin du parti Les Républicains (LR). Il exerce, de 1983 à 1995, puis de 2001 à 2020, soit pendant trente et un ans, la fonction de maire de Levallois-Perret. Entre 1988 et 2017, il est plusieurs fois élu député de la 5e circonscription des Hauts-de-Seine (recouvrant Clichy et Levallois-Perret). Entre 1982 et 1988, il est conseiller général des Hauts-de-Seine.

Impliqué dans plusieurs affaires politico-financières, il est condamné en 1997 à deux ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts. À partir de 2013, il est poursuivi, avec son épouse et première adjointe, Isabelle, pour une affaire de déclarations mensongères de patrimoine et de blanchiment de fraudes fiscales. En 2019, il est condamné à trois ans de prison ferme pour fraude fiscale, et il est emprisonné à la prison de la Santé, puis placé sous surveillance par un bracelet électronique cinq mois plus tard pour raisons de santé ; le jugement est confirmé en appel en 2020. Également condamné à dix ans d’inéligibilité, il est démis de son mandat de maire. Il est de nouveau incarcéré en février 2022 pour ne pas avoir respecté les contraintes de sa détention à domicile. Il est libéré en août 2022 après un second aménagement de peine.

Patrick Balkany naît le 16 août 1948. Il est le fils de Gyula Balkány (1912-1995) et de Gisèle Frucht (1921-2000). Son père est un immigré juif hongrois qui a fui la Hongrie en 1937 pour la Belgique où, dès l'occupation de son pays, il entre en résistance étant spécialisé dans les faux-papiers. Gyula Balkány est arrêté en 1941 à Paris, interné à Drancy, puis déporté, en 1942, dans plusieurs camps, dont Auschwitz. Il en sort vivant et revient en France après la guerre. Il récupère et revend du matériel américain trop lourd à rapatrier et investit ses gains dans une ligne de vêtements féminins et une chaîne de magasins de prêt-à-porter de luxe, les magasins Réty, dont la boutique principale est située 54, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Sa mère est la fille d'une famille de tailleurs juifs lettons et ukrainiens.

En 1976, Patrick Balkany épouse Isabelle Smadja. Ils ont deux enfants, Alexandre (en 1980) et Vanessa (en 1976), tous deux gérants de diverses sociétés.

À plusieurs reprises, Patrick Balkany fait l'objet d'accusations pour agression et harcèlement sexuels. En 1996, sa nouvelle compagne dépose plainte pour « viol et menace avec armes », et en 2011, Marie-Claire Restoux, ancienne championne de judo et ex-suppléante de Balkany à l'Assemblée nationale, l'accuse publiquement de harcèlement sexuel.

Son fils Alexandre Balkany est mis en examen en 2017 pour blanchiment de fraude fiscale.

En juin 2017, celui-ci est également placé en garde à vue à la suite de violences conjugales, dont l'affaire est classée sans suite.

Le 5 septembre 2019, une altercation a lieu entre deux militants de la Ligue de défense noire africaine (LDNA) et Patrick Balkany. Le 25 novembre, les deux militants sont condamnés pour « acte d'intimidation envers un élu public » à six mois de prison ; ils annoncent faire appel de cette décision.

Non-bachelier, après des études dans une école internationale suisse, Patrick Balkany reprend l'entreprise familiale de prêt-à-porter Réty, créée et gérée par son père jusqu'en 1975. Il est le trésorier d'une association de cinéastes amateurs, l'Équipe de cinéma indépendant, fondée par Jean-François Davy. Il s'essaie au métier d'acteur entre 1965 et 1967, tenant plusieurs rôles secondaires au cinéma et à la télévision. On le voit ainsi dans Soleil noir de Denys de la Patellière et J'ai tué Raspoutine de Robert Hossein. Entre 2001 et 2010, il joue son propre rôle dans des séries télévisées, faisant notamment une apparition dans Commissaire Moulin.

En 1970, il a 22 ans et effectue son service militaire au palais de l'Élysée (juste à côté de la boutique familiale) au cabinet de Georges Pompidou, où il se lie avec le secrétaire général Michel Jobert, qui sera son témoin de mariage.

Proche de Michel Jobert, Patrick Balkany est membre fondateur du comité central du RPR en décembre 1976. Lors des élections législatives de 1978, il brigue un siège de député dans la première circonscription de l'Yonne, où il avait été envoyé par Jacques Chirac, et obtient 10 % des voix, contraignant le secrétaire général de l’UDF, Jean-Pierre Soisson, à un ballotage.

Implantation à Levallois-Perret et gestion municipale

À la suite de son échec à Auxerre, Patrick Balkany s'implante à Levallois-Perret, où il ouvre une permanence. En 1981, après la dissolution de l'Assemblée nationale par François Mitterrand, il se présente aux élections législatives où il est battu en obtenant 46 % des voix contre le député-maire communiste de Levallois-Perret, Parfait Jans. Un an plus tard, en 1982, lors des élections cantonales, il emporte le siège de conseiller général du canton de Levallois-Perret-Sud et devient vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine. En 1983, sa liste emporte la majorité dès le premier tour aux élections municipales à Levallois-Perret avec 51,1 % des voix.

Durant ses deux premiers mandats, il contribue à la profonde mutation de Levallois-Perret, en transformant les zones industrielles déliquescentes ou en friche (occupant près d'un quart de la superficie de la ville) en quartiers résidentiels et de bureaux. Ces changements, qui vaudront à Patrick Balkany le surnom de maire-bâtisseur, affectent l'urbanisme de la ville en développant l'immobilier privé et les équipements publics de proximité, et en remodelant la sociologie de ses habitants. Selon certaines évaluations, sa gestion finit cependant par faire de la ville une des plus endettées de France.

Lors de la campagne présidentielle de 1995, il soutient la candidature d'Édouard Balladur, qui est battu par Jacques Chirac. Lors des élections municipales qui suivent, il perd contre le chiraquien Olivier de Chazeaux.

Après sa condamnation en 1997 à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d'intérêts, Patrick Balkany s'installe à Saint-Martin pour diriger la radio RCI 2 et Régie Caraïbe Production, gérant la publicité de la radio. Selon ses propos, il cherche « la paix » et à se « faire oublier ».

Patrick Balkany effectue son retour sur la scène politique de Levallois-Perret à l'occasion des élections municipales de 2001. Sans étiquette, il remporte le scrutin face au maire sortant soutenu par le RPR et l'UDF, la liste de la gauche plurielle, ainsi qu'une liste divers droite. Le préfet des Hauts-de-Seine saisit alors le tribunal administratif de Paris pour contester son élection au conseil municipal de Levallois-Perret, ce dernier étant selon lui inéligible.

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