Un passage piéton (ou passage pour piétons ou parfois passage clouté, malgré la disparition des clous) est une partie de la route, aménagée afin de permettre aux piétons de circuler en sécurité sur la chaussée, généralement pour la traverser. Il est conçu pour maintenir les usagers groupés dans un espace visible par les automobilistes et où ils peuvent circuler ou traverser en toute sécurité vis-à-vis du trafic routier.
Toutefois, en France, 30 % ou un tiers[réf. nécessaire] des accidents mortels impliquant un piéton ont lieu sur ce type de passages.
Les passages piétons sont souvent positionnés à des intersections, mais ils peuvent également être créés à des points différents, en dehors desquels il pourrait être dangereux de traverser. On en trouve ainsi souvent à proximité des écoles ou d’endroits fréquentés par des enfants. En outre, les passages piétons peuvent contribuer à limiter la vitesse des automobilistes.
Les passages piétons peuvent être simplement matérialisés par une signalisation horizontale sur la chaussée pour les routes à faibles trafics. Cependant, dans les zones avec un trafic important, ils sont accompagnés de panneaux de signalisation lumineux ou à diodes ou de lampes clignotantes dans certains pays. Pour certains panneaux de signalisation, il est nécessaire de presser sur un bouton pour activer le panneau. Ces panneaux peuvent également s’intégrer dans un ensemble de feux tricolores existants ou bien être autonomes si le passage n’est pas positionné au droit d’un carrefour.
Pour les routes à très fort trafic, des passerelles ou des tunnels piétonniers peuvent être aménagés. Des passerelles couvertes (appelées skyways ou skywalks) reliant par voie aérienne deux ou plusieurs immeubles, sont souvent installées dans les zones où les fortes intempéries sont fréquentes et où les flux piétons et véhicules sont importants.
Des marques spéciales — généralement des bandes — sont souvent apposées sur le revêtement tant pour informer les piétons que pour faire ralentir les automobilistes. Ces marques varient selon les pays. Aux États-Unis, il y a beaucoup d’incohérences, même si les différences entre aménagements sont relativement mineures. Au Royaume-Uni, il y a plusieurs types de marques, bien identifiées.
Des refuges pour piétons ou des petits îlots au milieu de la chaussée peuvent être ajoutés à l’aménagement pour sécuriser la traversée lorsque celle-ci est longue.
Dans certains pays[Lesquels ?] existe le principe de la « ruée piétonne » (aussi dénommée Barnes Dances), où l’ensemble des feux sont arrêtés pour permettre aux piétons de traverser dans toutes les directions en même temps.
Des passages surélevés pour piétons existaient déjà il y a plus de 2 000 ans, comme on peut le constater à Pompéi. Ils permettaient aux piétons de traverser les rues à chaque carrefour, en passant de trottoir à trottoir, ceux-ci étant assez élevés (30 cm ou plus), pour empêcher les chars de quitter la chaussée.
Le premier signal lumineux est apparu, en décembre 1868, dans la rue Bridge Street de Londres. L'inventeur en était John Peake Knight (en), un ingénieur ferroviaire, qui le conçut dans le but d'améliorer la sécurité des nombreux piétons traversant à cet endroit. Le signal consistait initialement en un sémaphore articulé manœuvré manuellement par un policier. Le sémaphore fut ensuite enrichi de lumières vertes et rouges pour le rendre visible de nuit, à l'aide d'un éclairage au gaz. Malheureusement, à la suite d'une fuite de gaz, le policier fut brûlé et l'idée ne progressa plus pendant cinquante ans[réf. nécessaire].
En 1934, pour renforcer la visibilité des passages piétons, Leslie Hore-Belisha, le ministre britannique des transports introduit des balises clignotantes à qui on a donné son nom, les Belisha beacons.
Les passages piétons installés au milieu du XXe siècle étaient des « passages cloutés ». En France, après des essais de passages piétons matérialisés par des bandes rouges en 1923, on utilisa en 1925 de gros clous plats en cuivre puis en acier forgé dont la tête faisait environ 10 cm de diamètre, et qui pouvaient être plantés entre les pavés des chaussées. Ils étaient à facettes pour refléter la lumière des phares. Ces clous ont été inventés par François Forissier, des Établissements Paulet, au Chambon-Feugerolles (Loire). Cette mesure prise à Paris se généralisa progressivement à la province. En 1931 cette nouvelle disposition frappe encore l’Alsacien Philippe Husser qui écrit dans son journal à la date du 13 juin : « Les rues de Paris ressemblent à des glaces à cause des clous qui doivent permettre aux piétons de traverser. Les voitures sont obligées de s’arrêter devant ces clous, dès lors que des piétons s’apprêtent à passer. »
À Paris, les passages cloutés passent de 78 en 1928 à 8 000 en 1932.
Les premiers passages zébrés semblent dater de 1949. Ils se sont généralisés ensuite grâce au remplacement des pavés par des surfaces synthétiques plus planes (enrobé et/ou béton) et grâce aux évolutions réalisées en matière de peinture. Bien qu'étant devenu très rares en dehors des centres-villes, les « passages cloutés » sont passés dans le langage courant à travers l'expression « être dans les clous », c'est-à-dire respecter les règles établies et les délais.
Au-delà des classiques passages zébrés, il existe un principe d'aménagement propre à la Belgique : le trottoir traversant. Dans ce type d'aménagement, inscrit au code de la route belge depuis janvier 2004, ce n'est pas la voie de circulation générale mais le trottoir qui est continu.
Depuis le 1er avril 1996, les piétons sont prioritaires et les véhicules doivent s'arrêter, s'ils sont sur le point de s'engager.
Les passages piétons étaient peints en bandes jaunes dans les années 1960, puis blanches à la fin des années 1970.
L'existence de passages prévus à l'intention des piétons n'est pas une obligation, mais lorsqu'ils existent à moins de 50 mètres, les piétons sont tenus de les utiliser en vertu de l'article R412-37 du Code de la route.