Jean-Claude Jouhaud, dit Pascal Sevran, né le 16 octobre 1945 dans le 12e arrondissement de Paris et mort le 9 mai 2008 à Limoges (Haute-Vienne), est un animateur, producteur de télévision, parolier, chanteur et écrivain français.
Il a écrit de nombreuses chansons, notamment pour Dalida (Il venait d'avoir 18 ans).
Entre 1984 et 2007, il anime les émissions La Chance aux chansons, Surprise Party, Sevran en chantant, puis Chanter la vie et Entrée d'artistes (d'abord sur TF1, puis sur France 2 à partir de 1991). Il écrit également quinze livres, dont son journal intime, dont le dernier volume a été publié après sa mort.
Jean-Claude Jouhaud naît à Paris. Il est le fils de Jean-Jacques Jouhaud (1920-2002), chauffeur de taxi natif de Nexon en Haute-Vienne, et de Régina Rodriguez (1919-2013), couturière espagnole, née dans le village de Casillas de Flores à Salamanque, tous deux communistes. Il ne montre que très peu de goût pour les études et s'intéresse davantage à la chanson. Il poursuit sa scolarité à l'école communale d'Antony. Il publie ses premiers écrits, des poèmes, dans Heures claires, mensuel féminin proche de la Confédération générale du travail et du Parti communiste français.
Au début des années 1960, il fréquente avec assiduité l'émission télévisée du Petit Conservatoire de Mireille, où il apprend l'art du spectacle. Il est alors garçon-coiffeur. Le mari de Mireille, l'écrivain et philosophe Emmanuel Berl, le prend sous son aile et guide son parcours intellectuel, le présentant au tout Paris, ce qu'il relate dans son livre Tous les bonheurs sont provisoires.
Écrivain, chanteur et parolier
En 1965, sous le pseudonyme de Pascal Régent, il tente une carrière de chanteur en sortant le 45 tours Puisque nous sommes cousins mais ne rencontre aucun succès. Pascal Sevran a toujours déclaré, tant lors d'émissions télévisées que dans ses livres, qu'il aurait rêvé d'être chanteur comme son idole Gilbert Bécaud. Il écrit ensuite les paroles de la chanson Les garçons de la rue pour Daniel Beretta. Il choisit alors un pseudonyme, se servant du nom de la ville de Sevran. Son deuxième 45 tours en 1968, Le garçon, ne rencontre pas davantage de succès. Il décide alors de devenir journaliste à Ici Paris. Il publie des premiers ouvrages anecdotiques comme La Dame en bleu, Lucienne Boyer m'a raconté ou Le Comte de Saint-Germain, aujourd'hui.
Pascal Sevran entre en littérature avec Le Passé supplémentaire, roman paru chez Orban en 1979, récompensé par le prix Roger-Nimier. En 1980, il sort Vichy dancing, suivi en 1982 d'Un garçon de France, adapté à la télévision par Guy Gilles. La carrière d'animateur de télévision absorbera ensuite Pascal Sevran. Il enregistre plusieurs 45-tours (Les Petits Français, disques Orlando), des albums (Succès français, 1991, À la française, 1993) ; se produit sur scène (notamment à l'Olympia) et il est plusieurs fois décoré (officier des Arts et des Lettres, chevalier puis officier de la Légion d'honneur, etc.).
Il est aussi l'auteur ou coauteur de paroles de chansons, notamment d'Il venait d'avoir 18 ans, Femme est la nuit, Ma vie je la chante, Comme disait Mistinguett pour Dalida.
Ses équipiers d'écriture étaient notamment Serge Lebrail et Claude Carmone mais aussi, ponctuellement, Jean Delleme, Pierre Delanoé, Bernard Droguet, Michel Jouveaux, Jeff Barnel, Evert, Sylvain Lebel, Dominique Lozoc'h, Michel Rivgauche, Bruno Desmet (Zinzin), D'Lozack, G. Debot, Pascal Auriat.
En 1991, il joue au cinéma dans le film Les Secrets professionnels du Dr Apfelglück, qui se révèle une expérience sans lendemain.
Il revient au livre en 1995 avec Tous les bonheurs sont provisoires, chez Albin Michel. En 1998, il fait paraître Mitterrand, les autres jours, récit de son amitié avec l'ancien président de la République française.
À partir de l'an 2000, il publie chaque début d'année un volume de son journal intime, ce qui lui vaut de conquérir un vaste public. Le 8e et dernier tome de son Journal s'arrête le 5 janvier 2008.
Dans ses journaux, Pascal Sevran parle de sa grande admiration pour Jacques Chardonne et Marcel Jouhandeau. Au sujet de ce dernier, dans La vie sans lui à la date du 30 avril 1999, il rencontre l'hostilité des habitants en se rendant à Guéret et en l'évoquant puis dans le tome 3 de son journal, On dirait qu'il va neiger, il y retourne le 31 décembre 2000 et s'indigne que dans sa ville natale, Jouhandeau soit ignoré et qu'aucune rue ne porte son nom.
Nostalgique d'une époque qu'il estime disparue, Pascal Sevran évoque dans ses livres des auteurs comme Paul Morand, Henry de Montherlant, Alain Paucard, Paul Léautaud, Pierre Drieu la Rochelle, Jean Giono, Jean Dutourd, Jean Giraudoux, Jean d'Ormesson, Roger Nimier, André Gide et son amitié avec Brigitte Bardot (dont il relate la rencontre le 17 décembre 2001 dans le quatrième volume de son journal) et Alain Delon qui assista à ses obsèques où il lut un texte. Dans ses ouvrages, il se définit comme réactionnaire, notamment lorsque L'Obs le qualifie ainsi le 6 avril 2002. Il cite aussi ses amitiés avec Charles Trénet, Dalida, Sheila, Renaud, Georgette Plana, Anny Gould, France Gall, Patrick Bruel, Roger Hanin et dit qu'il aurait rêvé d'être Gilbert Bécaud. Il côtoie Michel Drucker, Thierry Ardisson ou Marc Olivier Fogiel, qui l'invitent régulièrement à leurs émissions.
Pascal Sevran, malgré son chagrin, continue d'écrire. Dans le volume La Vie sans lui (2001) de son journal intime, il raconte la mort de son compagnon Stéphane Chomont, le 16 octobre 1998, et le deuil qui a suivi. Cet épisode de son journal intime est aussi son best-seller : 104 000 exemplaires vendus, tandis que les huit autres volumes avoisinent les 60 000 ventes.
Il souhaite intituler le neuvième volume de son journal intime Soudain l'été dernier, ainsi qu'il l'écrit le 17 septembre 2007, mais se rend compte que ce n'est pas possible car c'est le titre d'une pièce de Tennessee Williams. L'ouvrage ne comporte que 195 pages, Sevran ayant cessé d'écrire le 30 mars et repris la rédaction seulement le 1er août 2007, en raison de son cancer qu'il n'évoque jamais. Ce dernier volume du journal intime sera publié après la mort de Sevran, en janvier 2009, sous le titre choisi par son éditeur : Les petits bals perdus, Journal posthume. Il comporte, en fin d'ouvrage, le texte de trois pages lu le 13 mai 2008 par Philippe Besson à ses obsèques.
Pascal Sevran explique volontiers dans ses livres qu'il n'aime pas le soleil et les belles saisons, qu'il est au contraire en quête de pays froids, de pluie et de neige. Il séjourne d'ailleurs fréquemment à Montréal, au Canada, et chante lors de croisières en mer du Nord. Avec son journal, il reprend la tradition des diaristes qui l'ont précédé : Marcel Jouhandeau, Mathieu Galey, Jean-Patrick Manchette, Renaud Camus... dans un genre littéraire qui après lui a séduit Yann Moix, Patrick Sansano ou Mathieu François du Bertrand.