Pascal Rannou, né le 2 mars 1958 à Laval, est un critique littéraire et écrivain français.
Fils d'un maire de Loqueffret, il obtient l'agrégation de lettres modernes en 1991, puis enseigne au lycée Lavoisier de Mayenne. Il a aussi été chargé de cours de stylistique à l'Université Rennes-II et à l'Université de Paris 1-Panthéon-Sorbonne.
Docteur en littérature, il a effectué sa thèse sur Tristan Corbière. En 2006, il en publie une version remaniée aux éditions Honoré Champion et obtient l'année suivante le prix Henri de Régnier, décerné par l'Académie française.
Romancier, essayiste, poète et critique, c'est un spécialiste et un défenseur de la littérature bretonne. Chroniqueur littéraire pour ArMen, il dirigea le numéro spécial des Cahiers de l'imaginaire consacré à Auguste de Villiers de L'Isle-Adam. Pascal Rannou est membre du comité de lecture des Cahiers Tristan Corbière. Il publie des articles et études sur Julien Gracq, Guillevic, Jean-Loup Trassard, Édouard et Tristan Corbière, Michel Mohrt, Saint-Pol-Roux, Pierre-Jakez Hélias, Le Clézio, Baudelaire, Flaubert, Jean Rohou etc.
Il a été proche l'Union démocratique bretonne, a régulièrement écrit dans Le Peuple breton et a participé aux rencontres littéraires du mouvement à Bécherel en 2004.
Son roman Sentinelles de la mémoire est consacré à la guerre d'Indochine. Le second, Un Tyran du bocage, est une satire du monde enseignant. Georges Guitton évoque dans Ouest-France un « récit désopilant » où l'auteur « n'épargne rien ni personne au gré de scènes très vivantes ». Yves Loisel évoque dans Le Télégramme « une satire virulente de la vie scolaire ». Noire, la neige est une fiction autobiographique consacrée à la chanteuse et trompettiste Valaida Snow. « Le livre de Pascal Rannou se dévore, même si les épisodes sont irréguliers », écrit Laure Albernhe dans Jazzman. Jacques Aboucaya apprécie dans Jazz magazine « la reconstitution fidèle d'une période à maints égards trépidante ». Pour Gérard Pernon dans Ouest France, « Écrit sur un rythme rapide, Noire, la neige se lit avec plaisir ». Yves Loisel évoque dans Le Télégramme « un roman dur et fort, en même temps qu'un bel hommage au jazz et à ses grands musiciens ».
La thèse de Pascal Rannou, De Corbière à Tristan, publiée chez Champion en 2006, recueille des appréciations positives dans la critique universitaire et intellectuelle, en France et à l'étranger.
En 2020, Pascal Rannou publie La Littérature bretonne de langue française, ouvrage qu'il a dirigé et dont il a rédigé la moitié. Pour Grégoire Leménager dans L'Obs, ce manuel de littérature bretonne « propose un cadrage théorique tout en nuance et passe en revue de nombreux cas singuliers ». Dans la revue Europe, Jean-Pierre Dupouy écrit que « le volume se présente comme un ensemble de courtes monographies [...] À la fois claires, synthétiques, vigoureuses, avec un dosage judicieux de rigueur historique et d’engagement subjectif de l’auteur, elles constituent une source de documentation aussi passionnante que digne de confiance ». Yann Mortelette, sur le blog de Pierre Assouline, "La République des livres", estime que cet ouvrage, qu'il qualifie de "vaste synthèse", "comble un vide important".
En 2024, il co-dirige l'ouvrage intitulé La Littérature en langue bretonne des origines à nos jours avec Cédric Choplin, Tristan Loarer, Myriam Guillevic, où il écrit des articles sur P.-J.Hélias, Youenn Gwernig, Roparzh Hemon, Jakez Kerrien, Jakez Riou, Kristian Braz, Mikael Madeg, Paol Keineg...
En 2025, il contribue au Dictionnaire des monts d'Arrée, dirigé par François de Beaulieu, qu'il relit, corrige, amplifie, et où il rédige des articles sur Fanch Abgrall, Pierre-Jakez Hélias, Charles Le Goffic, Anatole Le Braz, Youenn Gwernig, Yves Le Febvre, Loqueffret, etc.
Il est le père de Gwendal et Maël Rannou.
Les Trajectoires lumineuses, préface d'Eugène Guillevic, L'Authenticiste, Brest, 1996. Poèmes publiés dans les revues Arpa, Encres vives, Spered Gouezh, Ar Men, etc.
Sentinelles de la mémoire, Coop Breizh, Spézet, 1999.
Un Tyran du bocage, Éditions L'Harmattan, Paris, 2002.
Noire, la neige, Parenthèses, Marseille, 2008.
Le Châtiment du visionnaire, dans les Cahiers de l'Imaginaire, no 15-16, 1984.
Histoire de Clo et Un Amour au mois d'août, dans L'Authenticiste, no 1 et 2, Brest, 1994.
Un Requiem breton, dans Plurial no 5, Presses universitaires de Rennes, 1995.