Le Parti socialiste européen (PSE) est un parti politique européen regroupant les partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes d'Europe. Son groupe politique est le deuxième en taille au Parlement européen après les élections de 2019 (154 députés en juillet 2019). Selon la tradition européenne, il peut participer à des majorités de circonstance avec le Parti vert européen et le Parti de la gauche européenne, comme avec le Parti populaire européen et Renew Europe. Le PSE est lié à l'Internationale socialiste.
Mouvement socialiste en Europe
Depuis le milieu du XIXe siècle il existe des partis socialistes, sociaux-démocrates ou travaillistes en Europe. Ils ont toujours eu des liens entre eux. C'est ainsi qu'il y a plus de cent ans, en août 1904, le congrès de l’Internationale socialiste (essentiellement européenne) réuni à La Haye est la première étape de l'unité des socialistes français, réalisée l’année suivante.
Lorsque certains pays ont été sous le joug de régimes totalitaires, les relations nouées entre les différents pays ont permis à la solidarité entre socialistes de fonctionner. C’est ainsi que la gauche française aide, clandestinement les socialistes espagnols pendant la guerre civile, que les Suédois accueillent les sociaux-démocrates allemands ou autrichiens qui luttent contre le nazisme ou qu’à nouveau la France sert de base à la reconstruction de la gauche espagnole, portugaise ou grecque pendant les années 1960 et 70.
Les sociaux-démocrates perçoivent l’Europe comme autre chose qu’un vaste marché sans règles. Depuis toujours, la tradition ouvrière et internationaliste de la social-démocratie a conduit la gauche européenne à mettre en pratique une forme de gouvernement qui a dominé toute l’Europe pendant plus d’un demi-siècle. C’est l’État-providence.
Ce qui caractérise la gauche européenne, c’est sa diversité. En Grande-Bretagne, les syndicats ouvriers ont construit un parti pour les représenter, c'est le travaillisme. En Allemagne ou dans les pays scandinaves, les partis sociaux-démocrates ont créé tout un ensemble de structures pour défendre les droits des travailleurs dans toute la société. En France et dans les pays méditerranéens, les partis socialistes et les syndicats n'ont quant à eux pas de liens organiques.
En Europe de l'Est, les partis actuels sont soit les héritiers d’anciens partis sociaux-démocrates d’avant la Seconde Guerre mondiale, soit les successeurs des partis staliniens de l’ère soviétique. En réalité, la tradition démocratique que l’on a vu s’exprimer à Berlin et en Pologne, en Hongrie ou en Tchécoslovaquie entre 1948 et 1981 venait elle-même d’un mouvement ouvrier dynamique depuis la deuxième moitié du XIXe siècle. Souvent dans les pays de l'est, les mouvements socialistes et sociaux-démocrates sont clairement séparés. Alors que les formations socialistes traditionnelles ont, après la Seconde guerre mondiale, fusionné avec les partis communistes, les partis sociaux-démocrates se sont maintenus dans la clandestinité, et certains d'entre eux en exil se sont regroupés au sein de l'Union socialiste d’Europe centrale et orientale. Cet éclatement de la gauche modérée va plus loin lorsque existent dans certains pays comme la Hongrie des formations dites « libérales de gauche » (SzDSz).
1974-1992 : la Confédération des partis socialistes de la Communauté européenne
Ancêtre du PSE, la Confédération des partis socialistes de la Communauté européennes (CPSCE) est fondée en 1974. Les socialistes sont ainsi les premiers à s'unir au niveau de la Communauté. Elle ne dispose pas de statuts, les partis membres de l'Internationale socialiste dans les pays de la Communauté européenne deviennent automatiquement membres de la Confédération. Les rôles-clés au sein de la Confédération sont assumés par les directions nationales et non par les élus socialistes au Parlement européen, à l'exception du chef de groupe.
Elle a comme premier président l’Allemand Wilhelm Dröscher (de). La France y a un statut de poids lourd. Dès sa fondation, la confédération travaille à l’élaboration d’un programme commun qui doit servir de base aux engagements des socialistes européens pour les élections de 1979. C’est Michel Rocard qui est chargé d’en rédiger la partie consacrée à la politique économique. La rédaction d'un véritable programme commun se révèle toutefois difficile et c'est finalement un Manifeste qui est approuvé en juin 1978. C'est également en 1978 que Robert Pontillon devient président de la CPSCE. En janvier 1979, la CPSCE publie un Appel à l'électorat qui souligne un certain nombre de principes communs, tels que le droit au travail ou le contrôle démocratique de l'économie.
Au moment des élections européennes de 1979 est le seul des trois groupements de partis de la Communauté européenne à avoir des membres dans les neuf pays membres. En mai 1979, Paris accueille le Printemps des socialistes européens qui rassemblent deux cents candidats et vingt mille personnes. François Mitterrand et Willy Brandt militent à ce moment pour un parti capable de transcender les clivages partis nationaux, avec un vrai pouvoir d’impulsion.
L’année suivante, le mot d’ordre pour le travail des socialistes, c’est « les socialistes contre la droite », pour lutter contre les partis qui recyclent les survivants des dictatures qui viennent de s’effondrer en Grèce, au Portugal ou en Espagne et contre la montée des droites dures en France, en Allemagne, dans les pays scandinaves ou en Grande-Bretagne.
Au début des années 1980, les socialistes européens luttent contre le thatchérisme qui se pratique en Grande-Bretagne et qui influence quelques autres pays. Mais plus le temps passe et plus l’inadaptation d’une structure qui n’est qu’un cadre de coordination se fait sentir. La victoire de la gauche aux élections européennes fit du groupe socialiste, le premier groupe au Parlement européen.
En 1989-1990, l’Histoire s’accélère et les socialistes entendent être à la hauteur des événements. La chute du Mur de Berlin, la réunification de l’Allemagne, la désagrégation du bloc soviétique, qui entraîne la disparition des régimes staliniens en Europe centrale et orientale conduisent la social-démocratie à penser plus loin. Le renforcement d’une Europe qui n’est encore qu’économique devient prioritaire.
1992-1997 : du Parti des socialistes européens au Parti socialiste européen
En 1992, la signature du traité de Maastricht fait entrer l’Europe politique dans une nouvelle phase qui rend indispensable la transformation de la CPSCE. Le nouveau traité prévoit la constitution de partis européens pour les élections. Le congrès des 9 et 10 novembre de la même année, qui se tient à La Haye, donne naissance, après neuf mois de négociations au Parti des socialistes européens. Le nouveau parti accueille en plus des membres de l’ancienne confédération, les partis suédois, finlandais et le PDS italien. Le premier président du PSE est le Belge Willy Claes. Le nouveau parti adopte la parité dans ses instances et les partis observateurs y ont plus de droits.
Les élections européennes de 1994 confirmèrent la place du PSE comme premier parti au Parlement européen. Claes quitte bientôt la présidence du PSE, laissant la place à l’Allemand Rudolf Scharping en 1995. Puis le britannique Robin Cook a succédé à Rudolf Scharping en 2001 à la tête du PSE qui est désormais dénommé Parti socialiste européen.
Les buts que le PSE s’est fixés sont :