Le Parti social-nationaliste syrien (PSNS), en arabe : الحزب السوري القومي الاجتماعي, connu aussi sous le nom donné par la France de Parti populaire syrien (PPS) ou de Parti saadiste ou encore au Liban de Parti nationaliste (حزب القومي), est un parti politique nationaliste actif au Liban, en Syrie et dans une moindre mesure en Jordanie.
Le PSNS a été fondé par opposition au mandat français en Syrie et au Liban, défendant l'indépendance et la création d'un État-nation de la Grande Syrie comprenant l'ensemble du Machrek.
Le PSNS a eu un rôle majeur dans l'histoire du Liban depuis son indépendance. Il est responsable de deux tentatives de coup d’État : en juin 1949 et le 31 décembre 1961. Il combat pendant la guerre civile libanaise et l'invasion israélienne du Liban au sein du Mouvement national libanais et du Front de la résistance nationale libanaise. Il a ensuite fait partie de l'Alliance du 8-Mars et est proche du Hezbollah. Engagé en faveur de la laïcité, il s'oppose au système confessionnel en place au Liban. Il est par ailleurs hostile au sionisme et à l’État israélien.
En Syrie, le PSNS a été interdit en 1955 après l'assassinat du colonel baasiste Adnan al-Malki mais est resté organisé clandestinement et toléré par l’État à partir des années 1960. Le PSNS a été légalisé en Syrie en 2005 et a rejoint le Front national progressiste dirigé par le parti Baas. Le parti soutient le gouvernement baasiste pendant la guerre civile syrienne, disposant d'une branche armée, les Aigles de la tornade (démantelés en 2019), combattant aux côtés des Forces armées syriennes contre les forces rebelles et l’État islamique. Depuis la prise de pouvoir de Ahmed al-Charaa à la suite de la chute d’Assad, le PSNS est entré dans la clandestinité et est soupçonné de prendre part à l'insurrection contre le nouveau régime.
Depuis une scission intervenue en 1957, il existe de facto deux partis se réclamant comme le Parti social nationaliste syrien : l'un dit « central » et l'autre, minoritaire, dit « Intifada », surtout présent en Syrie. S'il n'est pas suivi de précision, le sigle PSNS désigne communément le parti « central ».
En 1919, Antoun Saadé, un Libanais né d'un père journaliste, commence à s'intéresser, dès l'âge de 15 ans, au nationalisme syrien, à la suite de la Première Guerre mondiale et du morcellement de l'Empire ottoman avec l'accord Sykes-Picot. Dix ans plus tard, il retourne au Liban et suit des études à l'Université américaine de Beyrouth.
En novembre 1932, il fonde clandestinement le PSNS. Celui-ci est un parti laïque, allant jusqu'à défendre l'égalité des sexes. Il se veut l’emblème d’un nationalisme anticolonial, réfractaire par essence aux frontières mandataires, et démocratique. Son premier objectif est la lutte contre le mandat français au Liban et en Syrie et il entend clairement s'opposer à la volonté des autorités françaises de morceler la Syrie historique en plusieurs États : le Grand Liban, l’État des Alaouites, le Djebel druze, l’État de Damas, l’État d’Alep et le Sandjak d’Alexandrette.
Le parti connaît trois ans de clandestinité. Saadé est emprisonné plusieurs fois et en 1938. Il est contraint de quitter le Liban pour le Brésil.
Le caractère laïc et non-sectaire du parti attire de nombreux sympathisants issus des communautés minoritaires chrétienne, druze et chiite, bien que de nombreux sunnites en soient membres également.
Indépendance du Liban (1943) et de la Syrie (1946)
Entre 1943 et 1945, le PSNS joue un rôle majeur dans les protestations populaires et des milices menacent constamment les troupes françaises. En 1943, le PSNS participe à l'indépendance du Liban. L'indépendance s'est passée calmement, à l'exception d'un mort libanais, un membre du PSNS, Saïd Fakhr ad-Dïn. Après une brève interdiction, le parti est reconstitué en 1944 sous le nom de « Parti populaire syrien » ou PPS. Le PSNS participe activement à la vie électorale libanaise et parvient à faire élire plusieurs membres au Parlement lors des élections de mai 1947.
En Syrie, le PSNS joue aussi un grand rôle lors de l'indépendance du pays en 1946.
En mai 1948, face aux groupes armés sionistes qui formeront l’armée israélienne, le PSNS forme sa propre milice en Palestine mandataire : la Tornade rouge (al-Zuba‘ al-ahmar).
En 1949, le PSNS est très populaire, son organisation et sa direction lui permettent d'être présent à peu près dans tous les milieux sociaux ainsi que dans les forces armées. Au début des années 1950, le parti pouvait disposer d'une milice de 50 000 hommes au Liban et en Syrie. Le parti recrutait principalement chez les chrétiens non maronites, les chiites et les druzes. Les sunnites lui reprochaient d'entretenir le flou sur le panarabisme.
En Syrie, le colonel Housni al-Zaim fait un coup d'État et renverse le président Choukri al-Kouatli avec l'aide des États-Unis, certains accusent le PSNS d'y avoir aussi participé.
Au Liban, Saadé, hostile au gouvernement de Riad El Solh et aux Phalanges libanaises, se sent menacé. En juin 1949, il décide de monter une insurrection contre le gouvernement, qui échoue. Plus de 3 000 militants du PSNS sont arrêtés et il est forcé de se réfugier à Damas. Le président syrien Housni al-Zaim livre Saadé au gouvernement libanais. Il est jugé devant un tribunal militaire pour complot contre la sécurité de l'État et est emprisonné, jugé et exécuté le 8 juillet 1949. De nombreux militants de toutes origines – Libanais, Palestiniens et Syriens y participent – sont également exécutés par l’armé libanaise dans les mois qui suivent.
En Syrie, le colonel Sami al-Hinnaoui, membre du PSNS, veut venger la mort de Saadé ; il arrête le colonel Zaim et le fait exécuter. Quelques jours plus tard, la femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnaoui lui indiquant que la mort de son mari a été vengée. Toujours par vengeance, le Premier ministre Riad El Solh est assassiné le 16 juillet 1951. Il faut attendre 1953 pour que le parti soit de nouveau autorisé au Liban.
Durant la crise de 1958 au Liban, le PSNS est vu par les Américains comme un parti de droite pro-occidental car il est anticommuniste et opposé au nationalisme arabe. Le parti livre une bataille contre le Parti Baas dans les montagnes et participe au gouvernement.