Le Parti démocratique des peuples (en turc : Halkların Demokratik Partisi (HDP), en kurde : Partiya Demokratîk a Gelan) est un parti politique turc situé politiquement à gauche, et issu du mouvement politique kurde. Attaché à l'écologie politique, il défend par ailleurs les droits des Kurdes, des femmes et des LGBT.
Représenté à la Grande Assemblée nationale de Turquie, il se veut « représenter la société turque dans sa diversité » et rester dans la continuité du mouvement protestataire de 2013 (manifestations du parc Gezi).
Le HDP est parfois comparé au parti SYRIZA par la presse francophone. En 2018, après les vagues de purges menées par le président Recep Tayyip Erdoğan, près de 26 000 militants et sympathisants du HDP sont incarcérés.
En préparation des élections générales de 2011, une multitude de petits partis et de candidats indépendants de gauche et pro-kurdes se sont réunis pour former le Bloc du travail, de la démocratie et de la liberté (en) afin d'avoir des chances de passer le seuil électoral de 10% nécessaire aux partis pour être représentés à la Grande Assemblée nationale. En octobre 2011, ces partis se sont réunis avec de plus petits mouvements et associations pour former le Congrès démocratique des peuples. En 2012, le Congrès a créé un nouveau parti, le HDP pour qu'il soit sa tête d'affiche politique . Lors du congrès de fondation tenu le 27 octobre 2013, les partis constituants du Congrès démocratiques des peuples, dont le HDP est à la tête, sont les suivants :
Le Parti de la paix et de la démocratie (Barış ve Demokrasi Partisi) ;
Le Parti révolutionnaire socialiste des ouvriers (Devrimci Sosyalist İşçi Partisi) ;
Le Parti socialiste des opprimés (en) (Ezilenlerin Sosyalist Partisi) ;
Le Parti de la démocratie socialiste (en) (Sosyalist Demokrasi Partisi) ;
Le Parti de la refondation socialiste (en) (Sosyalist Yeniden Kuruluş Partisi) ;
Le Parti de la gauche verte (Yeşil Sol Parti) ;
Le Parti du travail (Emek Partisi).
Le Parti de la paix et de la démocratie (Barış ve Demokrasi Partisi, BDP) est renommé Parti démocratique des régions (Demokratik Bölgeler Partisi, DBP). Ce dernier soutient le HDP lors des élections nationales mais maintient des élus et des candidats aux élections à l'échelle régionale.[réf. souhaitée]
Lors des élections municipales de 2014, le HDP recueille près de 920 000 suffrages, soit près de 12 %. Neuf conseillers municipaux et un conseiller de province sont élus[réf. souhaitée].
Élections législatives de juin 2015
Pour qu'une formation politique soit représentée à la Grande Assemblée nationale de Turquie, elle doit récolter plus de 10 % des suffrages exprimés. La présence du HDP au parlement turc est donc un des principaux enjeux de l'élection. Si elle a lieu, elle entraverait très probablement la réforme constitutionnelle défendue par l'AKP visant à établir les institutions d'un régime présidentiel, la majorité requise pour amender la Constitution turque étant des deux tiers.
Allemagne : Die Linke et Les Verts qui éditent des tracts en trois langues (allemand, turc et kurde).
France : Europe Écologie Les Verts et La France insoumise apportent leurs soutiens au HDP, dont une des formations fondatrices est le parti écologique turc Parti de la gauche verte (Yeşil Sol Parti). Le Parti de gauche apporte son soutien au HDP qu'il considère être en Turquie la « seule force politique en mesure de briser l’hégémonie politique du parti AKP, du président Recep Tayyip Erdoğan et de son gouvernement ». Le PCF apporte son soutien au HDP considérant que « le HDP constituerait une victoire et un immense espoir de paix pour les peuples de Turquie et du Moyen-Orient ».
Le HDP dépasse le seuil de 10 % et obtient 80 sièges avec près de 13 % des suffrages exprimés, il fait donc partie des quatre formations politiques qui constituent la 25e législature. Des manifestations de joie ont lieu dans des villes à population kurde, notamment à Diyarbakır.