Le Parti communiste chinois (PCC; chinois simplifié : 中国共产党 ; chinois traditionnel : 中國共産黨 ; pinyin : Zhōngguó Gòngchǎndǎng ; en anglais, Communist Party of China ; CPC), est un parti politique chinois fondé en 1921. Il dirige la république populaire de Chine (RPC) depuis la fondation de celle-ci en 1949, et constitue de facto le parti unique du pays. Depuis son accession au pouvoir, le PCC contrôle la politique de la Chine à tous les niveaux.
Fin décembre 2024, le parti compte 100,3 millions de membres, ce qui en fait le deuxième plus grand parti politique au monde en termes d'adhésion.
Le premier congrès a lieu dans le plus grand secret, le 23 juillet 1921 au sein de la concession française de Shanghai dans une maison de briques grises de l'actuel Xintiandi appartenant à Li Hanjun un sympathisant de la première heure. Cette bâtisse récente sise au no 76 de la rue Huangpi (50, rue Wantz à l'époque), accueille 13 délégués venus de six provinces et municipalités, représentants un effectif total de 57 adhérents pour l'ensemble de la Chine. Les délégués étaient logés dans une école de filles fermée à cette époque de l'année, et qui était située à proximité.
Les deux plus importants personnages sont Chen Duxiu et Li Dazhao. Chen Duxiu est le principal porte-parole du mouvement du 4 Mai. Mao Zedong fait partie des 13 membres fondateurs en tant que chef de la province du Hunan, mais n’a pris aucune part active aux débats, face aux autres participants impliqués depuis plus longtemps que lui dans la cause révolutionnaire.
La police française étant sur le point d’intervenir, la réunion dut être interrompue en catastrophe. Le Congrès acheva ses travaux peu après à bord d'un bateau naviguant sur le lac Nan (en) en plein centre de la ville de Jiaxing, dans la province du Zhejiang, entre Shanghai et Hangzhou. Le 1er bureau central du Parti qui s'y tient le 31 juillet 1921, désigna Chen Duxiu comme secrétaire général et Zhang Guotao comme directeur de l'Organisation.
Pendant ses premières années d'existence, le PCC est soutenu par l'Internationale communiste et allié avec le Kuomintang de Sun Yat-sen. À la mort de Sun Yat-Sen en 1925, Tchang Kaï-chek, nouveau chef du Kuomintang, se retourne contre son ancien allié. C'est le début de la guerre civile chinoise. La lutte devient très difficile pour les communistes à partir de 1928 lorsque le Kuomintang prend le pouvoir en Chine.
Dans les années suivantes, les communistes chinois mènent une action de guérilla, réussissant à établir la République soviétique chinoise à partir de 1931. Mais en 1934, balayés par les troupes de Tchang Kaï-chek, ils doivent fuir, entamant une longue retraite, la « Longue Marche », au cours de laquelle Mao émerge comme chef incontesté.
La seconde guerre sino-japonaise établit une trêve précaire entre communistes et nationalistes qui ont alors comme souci commun de repousser l'envahisseur japonais et forment le deuxième front uni. Dès la fin de la guerre, le conflit reprend entre les deux partis. C'est durant cette période que s'affirme l'unité doctrinale du PCC, avec un endoctrinement poussé de ses cadres et une discipline stricte à l'encontre des voix discordantes, comme l'écrivaine Ding Ling, qui doit finalement se rétracter. La collégialité au niveau de la direction du parti disparaît au profit du pouvoir personnel de Mao.
Le Parti révolutionnaire du peuple de Mongolie-Intérieure qui avait été fondé en octobre 1925, fusionne avec le Parti communiste chinois le 20 avril 1947, renforçant les rangs communistes en Chine.
L'issue de la guerre civile entre le Kuomintang et le PCC est une victoire communiste, avec la proclamation le 1er octobre 1949 de la république populaire de Chine. Tchang Kaï-chek fuit vers l'île de Taïwan où il refonde la république de Chine à Taïwan en décembre. Kuomintang et PCC restent en conflit non-armé jusqu'en 2005 avec la signature d'accords entre les deux partis.
En 1939, 10 ans avant la prise de pouvoir du Parti communiste chinois de Mao Zedong en Chine, Phuntsok Wangyal a fondé le Parti communiste tibétain alors qu’il était encore à l'école dans le Xikang, province orientale du plateau tibétain. Il avait alors un double objectif : prendre le dessus sur les éléments progressifs pour mettre en place un programme de modernisation et de réforme démocratique, et renverser dans le Xikang le régime de Liu Wenhui, un des seigneurs de la guerre chinois aligné sur le Kuomintang.
Son but était un Tibet indépendant unifié, et la transformation fondamentale de sa structure sociale féodale. Il a été expulsé de Lhassa en 1949 par le gouvernement tibétain du Ganden Phodrang. En 1949, pour rejoindre la guérilla des communistes chinois, Phünwang a dû fusionner son Parti communiste tibétain avec le Parti communiste chinois de Mao Zedong à la demande des militaires chinois, et donc abandonner son projet d'un Tibet communiste indépendant auto-gouverné.
En 1949, après leur victoire militaire, les dirigeants du Parti communiste chinois s’installent dans le Zhongnanhai, une dépendance de la Cité interdite à Pékin. Un important ensemble résidentiel et administratif s'implante, protégé de longs murs rouges. Quelques centaines d’entre eux, avec leurs collaborateurs et leurs familles, y cohabitent.
En 1969, le 9e Bureau politique désigne Lin Biao comme le successeur de Mao. Mais ce nouveau bureau politique est bien loin d'être uni. Trois factions s'y opposent, recevant chacune à son tour le soutien de Mao Zedong. Lin Biao (le successeur officiel) avec son allié Chen Boda, Zhou Enlai (le Premier ministre) et enfin Jiang Qing (la femme de Mao) soutenue par le « groupe de Shanghaï » qui deviendra ultérieurement la bande des Quatre. Ces clans prennent tour à tour la direction du régime communiste jusqu'à la mort du Grand Timonier en 1976. Lin Biao est éliminé en 1971, accusé d'avoir comploté contre Mao Zedong. Puis, après la mort de Mao Zedong en 1976, c'est Jiang Qing et la bande des Quatre qui sont arrêtés alors qu'ils préparaient un coup d'État pour prendre le pouvoir. En 1981, le comité central du Parti communiste chinois estime que Mao Zedong est le responsable de la révolution culturelle, indiquant dans son rapport Résolution sur l'histoire du Parti : « La révolution culturelle, qui se déroula de mai 1966 à octobre 1976, a fait subir au Parti, à l'État et au peuple les revers et les pertes les plus graves depuis la fondation de la RPC. Elle fut déclenchée et dirigée par le camarade Mao Zedong… ».
Le Parti communiste chinois est composé de 11 millions de cadres, de 80 millions de membres répartis dans 3,9 millions d'organisations de base. La sinologue Marie-Claire Bergère indique que le parti présente toujours une « organisation pyramidale » : le congrès est à sa tête. Les membres du congrès sont « théoriquement élus mais en réalité désignés ». Le congrès nomme les membres du comité central, de celui-ci est issu le bureau politique qui désigne enfin les membres du comité permanent. Ce dernier échelon détient le pouvoir suprême.
Le parti fut dirigé de fait par Mao Zedong à partir de 1935, et officiellement à partir de son VIIe congrès le 23 avril 1945. La structure du parti a été partiellement détruite pendant la révolution culturelle et remplacée par l'Armée populaire de libération. À la suite de la mort de Lin Biao en 1971, l'APL perd peu à peu son pouvoir au profit du PCC. Deng Xiaoping continue la réforme du PCC à partir de 1978.
En Chine chaque poste à responsabilité (juge, chef d'entreprise, etc) est doublé d'un poste politique, sauf lorsque le responsable occupe un niveau suffisant dans l'organisation du parti.
Le Congrès est l'organe majeur du Parti communiste chinois. Il se réunit, en principe, au moins une fois tous les cinq ans. À l'issue des travaux du congrès d'octobre 2007, Hu Jintao est reconduit dans ses fonctions de secrétaire général du parti, président de la République et chef de l'armée.