Les Pariser Kanonen (c'est-à-dire les « canons parisiens ») sont sept pièces d’artillerie, d'une portée de plus de 100 km, utilisées au cours de la Première Guerre mondiale par l'armée allemande pour bombarder Paris. Par la longueur du canon, elles sont les plus grandes pièces d'artillerie en service durant la Grande Guerre.
Surnommés la « Grosse Bertha » par les Français, bien que ce nom désigne un autre canon pour les Allemands, les Pariser Kanonen tirent à plus de 120 km de distance.
Armes de la guerre psychologique destinées à terroriser la population, ces canons ont envoyé un total de 367 obus sur Paris et les communes environnantes, entre le 23 mars et le 9 août 1918, causant la mort de 256 personnes.
Alain Huyon, colonel au service historique de l’Armée de terre, relève de multiples dénominations pour ces pièces :
Pariser Kanonen ou Parisgeschütze : canons parisiens ou bouches à feu de Paris ;
Langer Friedrich : Frédéric le Long/le Grand, surnom donné par le personnel des usines Krupp en référence au fondateur du groupe, Friedrich Krupp. On trouve aussi Langer Max ;
Die Pariserin : la Parisienne, pour le commun des Allemands ;
le tube en lui-même est nommé Wilhelmsrohr (« tube de Guillaume »), en référence à l’empereur Guillaume II ;
du côté français, ce canon est surnommé « Bertha » et « Grosse Bertha » dès son entrée en service. Mais les grosses pièces d’artillerie appelées Grosse Bertha (Dicke Bertha) par les Allemands sont de gros obusiers utilisés pour détruire des fortifications et d’une portée d’un peu plus de 9 km. La confusion vient de Français vivant à proximité des emplacements de tir des Pariser Kanonen, entendant les artilleurs utiliser le nom allemand, mais pour désigner une autre pièce d’artillerie.
Le canon dit Pariser Kanone (all. Kanone/Kanonen ; nom féminin) est conçu par l’état-major allemand comme une arme psychologique, destinée à terroriser les Parisiens, les désordres et les manifestations ainsi suscités étant censés pousser le gouvernement français à demander un armistice. C’est l’ingénieur allemand Rausenberger qui conçoit un canon de 750 tonnes, tirant depuis des plates-formes métalliques démontables.
Sept tubes sont construits dans les usines Krupp d’Essen et les usines Škoda de Plzeň.
Longueur du tube : 34 à 36 mètres. Le tube était une juxtaposition de 3 tubes usagés de canons de calibre 380 mm, dans lesquels était inséré un tube réducteur au calibre 210 mm. Afin d’éviter la pliure, voire la rupture d’un tel fût, un solide haubanage partant d’un mât central renforce et soutient le canon sur toute sa volée.
Calibre : 210 mm. Les munitions étaient toutes des obus de 210 mm chemisés entre 210 et 240 mm pour s’adapter à l’usure progressive du tube provoquée par l’effet d’arrachement des projectiles. Le tube était usé après 65 coups ; chaque obus était numéroté de 1 à 65. Ces obus devaient être tirés dans l’ordre, puisqu’ils étaient d’un diamètre de plus en plus élevé pour compenser l’usure du tube ; une erreur dans l’ordre de tir aurait pu se traduire par l’explosion du canon par suite du coincement du projectile dans le tube. Le 65e tiré, il fallait changer le tube, qui était alors renvoyé chez Krupp pour rechemisage et fabrication d’une nouvelle série d’obus.
Diamètre du canon : 1 m au tonnerre
Poids du canon : 750 tonnes (avec la plate-forme de tir).
Poids de l’obus : plus de 125 kg
Charge propulsive : 150 à 200 kg de poudre selon la distance de la cible.
Portée maximale : 128 km (130 km selon certaines sources[Lesquelles ?]) sous un angle de tir fixe de 55° (réglage de la portée par la charge propulsive).