Paris Match est un magazine hebdomadaire français d'actualités et d'images. Il est considéré comme « l'un des meilleurs médias au monde pour le photojournalisme ».
Fondé en 1949, il est connu par sa devise : « Le poids des mots, le choc des photos ». En 2008, l’hebdomadaire adopte toutefois une nouvelle devise, « La vie est une histoire vraie ».
Il appartient au groupe LVMH depuis le 1er octobre 2024. Le magazine était auparavant la propriété de Vincent Bolloré, via la holding Lagardère News. Depuis juin 2009, le magazine est disponible en version numérique. La version classique est en vente tous les mercredis.
Match-L'Intran, supplément sportif
Le journal tire son origine d’un titre plus ancien, Match-L'Intran, supplément du quotidien L'Intransigeant, qualifié de « plus grand hebdomadaire sportif ». Il passe avec L'Intransigeant dans le giron du groupe Louis-Dreyfus en 1931 puis en 1938, dans celui de Jean Prouvost, déjà propriétaire de Paris-Soir.
Hebdo d'information générale en 1938
Paul Gordeaux, correspondant de Paris-Soir à Londres, est nommé rédacteur en chef de L'Intransigeant par Jean Prouvost. Ne souhaitant pas relancer ce supplément sportif, domaine où il est novice, il veut à la place un magazine d'information générale, sorte de version française de Life, un magazine américain hebdomadaire fondé en 1883, qui a mis l'accent sur le photojournalisme.
L'hebdomadaire sportif devient ainsi le 7 juillet 1938, pour son numéro 633, Match, l’hebdomadaire de l'actualité mondiale. Le mot « Match » est imprimé en blanc sur un rectangle rouge, s'inspirant de celui du magazine américain Life. À l'intérieur, la mention " paraît tous les jeudis".
Vendu 2 francs et plein de photographies, il est d'abord tiré à 50 000 exemplaires puis 80 000 exemplaires dès août 1938. Le tirage monte régulièrement pour s'élever à 1,45 million en novembre 1939 et progresse encore quand il atteint huit mois après 1,8 million d'exemplaires en juin 1940, au moment où la rédaction doit quitter Paris face à l'avancée allemande.
Son aspect évolue dès le n° 13 [Nouvelle Série] du 29 septembre 1938 : le rectangle devient un cercle, présentation qui perdurera jusqu'au N°99 du 23 mai 1940. Interrompu le 6 juin 1940 (numéro 101), Match ne cesse pas de paraître durant la Seconde Guerre mondiale. Il devient Le Match de la Guerre, avec Paul Gordeaux et Pierre Lazareff, de retour des États-Unis pour préparer, et le photographe Paul Renaudon.
Le projet des Beghin et Prouvost
Match renaît en 1949, mais avec « Paris » dans son titre : Paris Match. La société est dirigée par Philippe Boegner, secondé par André Roux, les codirecteurs de Paris-Soir pendant la guerre, pour le même patron, l'industriel Jean Prouvost, qui a perdu à la Libération son groupe de presse, mais blanchi son nom en 1947, avec leur aide. Comme dans Paris-Soir, il partage le capital avec Henri Béghin, héritier d'une dynastie qui règne sur le sucre et le papier.
La rédaction est dirigée pendant moins d'un an par Paul Gordeaux, rédacteur en chef de L'Intransigeant, fusionné le 30 septembre 1948 avec Paris-Presse puis France-Soir, où Gordeaux revient en 1950, cédant à Hervé Mille la rédaction en chef de Paris-Match.
Selon Philippe Boegner, le public français a oublié la vocation généraliste du Match de 1938-1940. Il le confond avec Match-L'Intran, supplément hebdomadaire sportif de L'Intransigeant (1926-1938). En 1949, les envoyés de Paris-Match sont systématiquement pris pour des journalistes sportifs. Une des premières couvertures, consacrée au boxeur Marcel Cerdan, très populaire, y contribue.
Le sport se fait pourtant rare à la une, Paris Match ne s'y intéresse le plus souvent que dans « sa capacité à révéler une réalité sociale ». Pour se forger une image de généraliste, il compte sur ses reportages de guerre et les articles de Raymond Cartier qui prend le relais, à New-York, des traductions de journaux étrangers effectuées par Paul Gordeaux à Londres pendant la guerre. La politique éditoriale met en avant des choix très conservateurs. Le magazine s'engage contre la décolonisation et vante l'engagement militaire en Indochine, où est mort le fils de la comtesse qui hébergeait Jean Prouvost. René Dugravot, ex-militaire de carrière, bras droit de Charles Prouvost III, l'héritier de la branche "François Masurel", s'y est engagé volontaire.
Rédigé par des anciens de Paris-Soir et de Match, le magazine se veut « à la fois populaire et intelligent, et très ouvert sur le monde ». Chacun doit y trouver son compte, la ménagère comme le cadre pressé, répondant à la devise de Jean Prouvost (« le journal de la famille ») comme à celle de Raymond Castans : « le journal que l’on n’oublie pas dans les trains ».
Jean Prouvost parvient aussi à débaucher le trio de direction du supplément dominical de France-Soir, France-Dimanche, en désaccord avec Pierre Lazareff: Max Corre, Bill Higgins et Philippe de Baleine, qui tous trois en 1955 reviendront à France-Dimanche pour tenter avec succès d'en faire un nouveau Paris-Match.
Premiers numéros, premières pertes